Ouvrons les négociations sur les subventions et les emplois associatifs !

0 a signé. Allez jusqu'à 1 500 !


Malgré toute l’énergie que nous avons mise dans la lutte ces derniers mois, le gouvernement n’a pas voulu entendre et ses représentants sur le territoire n’ont même pas  tenté de trouver de porte de sortie : le 31 décembre prochain, l’association des femmes du Franc-Moisin, présente sur la cité du même nom depuis 37 ans fermera ses portes aux femmes du quartier, à leurs enfants, à leurs familles, aux amis et à tous les partenaires. Cette association et son équipe de femmes engagées ne seront plus là dans quelques semaines pour accueillir et accompagner les habitants de ce quartier prioritaire de la politique de la ville.

Sur ce bout de territoire, que les services publics ont déserté, qui dans les prochaines années sera encore là pour lutter contre l’isolement des familles et la souffrance sociale ? Qui sera là pour accompagner les parcours individuels complexes et réussir à créer malgré tout du « vivre ensemble » ? Qui sera là encore pour faciliter le lien aux institutions et construire au jour le jour la citoyenneté ? Acteurs associatifs, professionnels œuvrant dans ces quartiers de manière plus globale, habitants engagés, militants d’ici et d’ailleurs, nous partageons cette vision ambitieuse pour nos quartiers. Alors que la communication politique est en marche autour d’une grande mobilisation nationale pour les habitants des quartiers, nous voulons rappeler que le social ne se résume pas aux services, aux équipements et à la sécurité.

Acteurs de la santé, du social, de l’éducation, de l’insertion, de la culture, nous pensons que les réponses aux problématiques des quartiers ne peuvent être que globales et que nous avons besoin de travailler ensemble. C’est comme cela que nous avons toujours fonctionné au Franc-Moisin et ce qui fait notre force. L’isolement social est susceptible de dégrader la santé. La possibilité pour le médecin de « prescrire » à son patient un passage par l’AFFM, la maison de quartier ou la ludothèque pour un temps de jeu avec ses enfants prend ici tout son sens. Aujourd’hui, avec la disparition de l’AFFM et celles de nombreuses autres petites associations qui suivront au Franc-Moisin et au-delà, c’est le tissu local de ressources qui se meurt à petit feu. Dans ces conditions, comment maintenir l’engagement des professionnels et des habitants impliqués ? Puisque c’est l’un des enjeux affichés par la politique de la ville, comment susciter de nouvelles installations de professionnels de santé ?  Qui restera ou viendra travailler sur des territoires à première vue hostiles et où les problématiques sont plus complexes qu’ailleurs si le tissu local n’est pas en soutien ?

Nous croyons que la proximité est une nécessité pour relever les défis des quartiers. La confiance s’établit sur la durée sur ces territoires où le sentiment d’abandon prévaut et où les quelques « premiers de cordée », champions absolus de la résilience, sont le plus souvent les premiers aspirants au départ. Les associations de quartier ont ici toute leur place et si les dispositifs pensés par le politique sont remis en cause pour leur inefficacité, les donneurs de leçons oublient trop souvent de dire dans quelles conditions ils sont mis en œuvre, le plus souvent à cause de l’insuffisance des ressources. La fermeture de certaines de ces structures à peine quelques mois après la décision de gel des contrats aidés en est pourtant aujourd’hui la preuve incontestable.

Nous qui travaillons depuis des années dans une démarche participative  et de partenariat avec les habitants de ces quartiers, nous le savons bien d’expérience : la mobilisation ne se décrète pas, elle se construit, dans la durée, en posant jour après jour les conditions favorables et surtout en s’appuyant sur l’existant.

Demain, l’AFFM va fermer ses portes dans l’indifférence des pouvoirs publics, nous sommes en colère car au-delà du mépris pour le travail au quotidien de cette association sur le terrain, nous avons le sentiment que c’est notre vision ambitieuse pour ces quartiers qui est aujourd’hui mise à mal. Nous appelons ceux d’entre vous qui le pourront à être présents à l’enterrement de l’AFFM le 16 décembre prochain, à soutenir notre démarche en signant ce texte en ligne sur change.org et à le relayer le plus largement possible.

Pour maîtriser les conséquences désastreuses des décisions des derniers mois et aller au-delà des effets d’annonce, nous demandons d’urgence l’ouverture de négociations sur les subventions et les emplois associatifs.

Pour l’Association Communautaire Santé Bien Etre, centre de santé associatif du quartier du Franc-Moisin,

Dr Didier Ménard, son Président.

contact@acsbe.asso.fr

 



Association ACSBE compte sur vous aujourd'hui

Association ACSBE LA PLACE SANTÉ a besoin de votre aide pour sa pétition “Edouard Philippe: Ouvrons les négociations sur les subventions et les emplois associatifs !”. Rejoignez Association ACSBE et 1 381 signataires.