Laissez les médecins traiter les douleurs

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Merci de soutenir cet appel à Madame Buzyn, Ministre de la santé pour

-un retour à la liberté de prescription des médecins en ce qui concerne notamment la prise en charge de la douleur,

et

-une non démédicalisation de la souffrance psychique.

 

Madame  la Ministre

 

            Cette lettre est un appel à l’aide pour que cesse l’atomisation de nos compétences.

            Le premier sujet est celui de la DOULEUR

            Il est contre-performant que, sous prétexte de la création de DU ou DIU, l’on ait supprimé l’expertise de la douleur de la pratique de tout médecin. Compte tenu de la difficulté d’obtenir un rendez-vous de consultation rapide avec un praticien autorisé à prescrire telle ou telle substance  ou dispositif antalgique, surviennent des aberrations complètes où les malades reçoivent des rendez-vous à plus de cinq mois pour les soulager.

C’est à dire que l’on réserve à certains spécialistes ou aux centres de traitement de la douleur la prescription de certaines molécules simples, ou certains dispositifs antalgiques comme la neuro stimulation. Si un praticien pense à utiliser cette  méthode, c’est qu’il a un esprit éclairé et est à jour de ses connaissances, meilleurs garants d’une prescription sûre pour le patient.

Si on veut créer des parcours de soins qui n’incluent pas les spécialistes de ville –comme la rhumatologue dont j’ai fait partie pendant plus de trente ans- il faut faire en sorte que ces parcours permettent aux patients concernés un accès aux soins effectif, rapide, et donc  que les structures en question disposent de moyens pérennes.

Mais il ne me paraît pas cohérent – en même temps que l’on règlemente un

Parcours de soins en excluant des praticiens de ville motivés et à jour de leur formation – de soutenir l’action de réseaux de soin Ville/Hôpital dans lesquels on sollicite la participation des mêmes praticiens.

A force de tolérer une hyperspécialisation de la médecine, on en arrive à rencontrer des  neurologues ayant perdu l’expertise de la douleur neurologique !

Dans un autre registre, une situation vécue qui témoigne de l’approximation des connaissances et des limites  de la délégation de soins : l’arrêt de la morphine programmé de façon systématique dans certains services après intervention pour cancer du poumon a laissé des patients sans autre ressource que les conseils d’une infirmière spécialisée les orientant vers »une pensée positive »(sic)…. Pour diminuer leur douleur.

Il est plus que temps de remédier à ces aberrations et de faire que l’expertise de la douleur soit l’apanage de tout médecin quitte à rendre obligatoire la mise à jour des connaissances, médecins conseils compris afin qu’ils puissent assurer leur rôle de surveillance du bien-fondé des prescriptions.

Est-il logique, sous prétexte de pénurie de psychiatres et  pour aller dans le sens de la délégation de soins, fort au goût du jour, de  démédicaliser de façon quasi expérimentale la prise en charge de la souffrance psychique ?

Si on veut vraiment faciliter l’accès aux soins, il faut étendre, redonner certains droits à la prescription, comme aux généralistes,  par exemple, celui de recommander un corset plâtré ou en plastique thermoformé.

Faisant partie de la réserve EPRUS, j’ai eu la chance d’être invitée aux Assises de la santé publique 2017, que vous avez honorées de votre présence, j’ai pu comparer le traitement du sujet des perturbateurs endocriniens  à celui des Assises des femmes médecins libéraux.

J’ai été terriblement déçue de la déconsidération qu’avaient les administrateurs de la santé publique pour les connaissances et le travail des praticiens et pharmaciens qui pourtant avaient été les précurseurs  sur ce sujet et sur la diffusion des informations préventives le concernant.

Une intervenante a dit qu’il faudrait au moins un DU ou un DIU pour former les médecins alors que deux jours suffiraient aux sage- femmes et aux infirmières !

Cet exemple de réserve doublée de doute quant à l’ensemble de la profession médicale, me paraît dommageable et pourrait être un facteur favorisant le burn-out. 

Madame la ministre, je vous remercie d’œuvrer à ce que le rôle des médecins soit à nouveau pris en compte, dans des domaines de compétences où l’administration de la santé a tendance à les supplanter :la réforme des études médicales, le management des hôpitaux et cliniques.

Veuillez Croire Madame, à tous mes vœux de réussite pour votre ministère ;

En toute confraternité,

Bien respectueusement,

Docteur Marie-Laure  Sari-Leret     



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