Discrimination envers les acteurs et actrices à la caméra; mettons-y fin!

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Les acteurs œuvrant devant la caméra : oubliés dans la création des bons écosystèmes politiques ?

Saviez-vous que depuis la création du Conseil des arts du Canada, et du CALQ, les acteurs de télévision de cinéma et de nouveaux médias sont exclus de facto de toute possibilité d’assistance financière vouée au développement et au perfectionnement des artistes de notre pays ?

En effet, contrairement à toutes les autres catégories d’artistes, y compris les acteurs de théâtre, les acteurs et actrices qui œuvrent devant la caméra sont les seuls à se voir systématiquement exclus des programmes des Conseils des arts offerts au Canada. (Le Québec fait depuis tout récemment exception - voir mise à jour)

Il y a 10 ans, un constat plutôt choquant nous sautait aux yeux : on faisait une différence (une discrimination, en quelque sorte) entre un acteur qui œuvre sur la scène d’un théâtre et un acteur qui œuvre sur un plateau de tournage.

Les programmes de soutien financier pour le développement, le perfectionnement, les bourses de voyages et de résidences sont en effet accessibles aux acteurs de théâtre, mais pas aux acteurs qui œuvrent devant la caméra. À ce jour, les acteurs/actrices à la caméra doivent se mériter quelques subventions qui soient basées sur des critères correspondant strictement à des critères de théâtre. Ce qui rend toute demande de subvention futile, et entraîne une disqualification systématique pour les acteurs et actrices qui pratiquent leur métier, leur art, sur un plateau de tournage.

PING-PONG POLITICO-BUREAUCRATIQUE

Depuis un an et demi, une initiative a été prise afin de signaler cette situation désolante aux institutions ci-haut mentionnées ainsi qu’à la ministre du Patrimoine du Canada et au ministre de la Culture du Québec, en portant à leur attention cette discrimination, même si d’apparence involontaire, qui perdure à ce jour à l’égard des acteurs « on camera ».

La ministre du Patrimoine applaudit nos efforts mais nous informe que des millions de dollars ($550 millions entre 2016 et 2021) ont été injectés dans le Conseil des arts du Canada, une institution qui s’auto-gère, et elle nous invite à adresser notre demande directement au président directeur général du Conseil des arts du Canada, monsieur Simon Brault.

Les dirigeants du Conseil des arts du Canada réitèrent à deux reprises qu’ils continueront de soutenir les acteurs de théâtre, mais tourne toujours le dos aux acteurs de cinéma, de télévision et des médias numériques. Ils renvoient la balle vers Téléfilm Canada qui, disent-ils, vient en aide aux acteurs à la caméra.

Téléfilm Canada, il se trouve, ne finance aucun artiste comme tel, sauf dans le cas plutôt rare où une bourse de voyage serait potentiellement attribuée pour couvrir les coûts de billets d’avion d’un acteur pour qu’il puisse se rendre à un/des festival(s) dans le cas où il/elle tiendrait un rôle important dans un film à succès suscitant un battage médiatique. Téléfilm Canada finance les entreprises, voire les compagnies de production, non les individus (artistes travailleurs autonomes).

Téléfilm renvoie forcément la balle vers le ministère du Patrimoine du Canada et vers le ministère de la Culture du Québec ; ce qui est tout à fait compréhensible.

Sur une note positive, le Conseil des arts et des lettres du Québec, via sa présidente, Madame Anne-Marie Jean, nous apprenait le 14 novembre dernier que notre demande a bel et bien été entendue et que depuis le 23 octobre 2017 les acteurs à la caméra étaient dorénavant inclus dans les catégories d'artistes éligibles à leurs programmes.

Pourquoi, selon le CAC, les acteurs et actrices qu’on aime tant voir à l’écran feraient-ils/elles partie d’une catégorie à part, les excluant d’un soutien précieux au développement et perfectionnement de leur art ?

Il s’agit là d’une cause pleine de bon sens et soutenue par plusieurs organismes piliers de l’industrie du cinéma, de la télévision et des médias numériques qui conçoivent l’importance d’inclure les acteurs et actrices qui œuvrent devant la caméra parmi les catégories d’artistes éligibles aux programmes offerts par le CAC, ainsi que l’avantage de travailler avec des professionnels en voie d’amélioration constante. Parmi ces organismes qui soutiennent cette cause se trouvent :
• L’ACTRA national, le syndicat qui représente les acteurs anglophones et qui
compte 22 000 membres à travers le Canada ;
• L’Union des artistes, qui compte 13 000 membres à travers le Québec ;
• L’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec ;
• L’Association des femmes en cinéma, télévision et médias numériques.
Tous ont émis des lettres de soutien à cette démarche voulant mettre fin à cette discrimination, qu’elle soit involontaire ou non.

Pour l’instant, en ce qui concerne le CAC, la balle est dans les airs et nous laisse dépourvus de soutien sans raison valable, compte tenu du de l'apport financier que le gouvernement fédéral a injecté auprès du CAC et que le Conseil des Arts du Canada ne procède plus par enveloppe (montants alloués par catégories d'artistes) mais bien par "cas pas cas".

À quand une réponse valable et des actions concrètes pour changer les choses ? 

Au nom de tous les acteurs et actrices canadiens(nes) et/ou québécois(es) : si quelques oreilles bienveillantes au sein du CAC voulaient bien entendre notre requête (tel qu'il en a été le cas tout récemment du CALQ et de sa présidente Mme Anne-Marie Jean - voir mise à jour du 15 nov. 2017) et mobiliser les mesures nécessaires afin que nous puissions, nous aussi, être soutenus(es) dans nos démarches de perfectionnement et de développement de notre art, nous en serions très reconnaissants(es)... et brillerions d’autant mieux sur vos écrans.

Claudia Ferri
Actrice UDA – ACTRA – UBCP Montréal, Qc.

 



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