Année Blanche pour tou​.​s​.​tes

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      Bonjour à tou.te.s, 
     Ce texte constitue la pétition «Année Blanche pour tou.te.s» co-écrite par des délégué.e.s et des étudiant.e.s de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris: 
    
     Ne fermons pas les yeux face à la crise sans précédent que nous traversons ensemble depuis plusieurs semaines. Nous pouvons affirmer que si ces événements constituent un choc économique, social, politique et culturel important, ils sont d'autant plus un traumatisme individuel. La maladie, la perte de proches, l’isolement quasi total, parfois dans des conditions extrêmes pour les plus démuni.e.s d’entre nous, la perte d’emploi et donc de revenus : tout cela nous détermine et déterminera nos responsabilités dans les mois à venir. Cette crise du Covid-19 intervient au terme d’une année scolaire très mouvementée, qui a fortement aggravé les inégalités sociales d’une population étudiante déjà fragilisée et particulièrement précaire. Quand nous sortirons, dans ce futur incertain à tous niveaux, qui peut affirmer que la nécessité de retrouver sa vie, ses proches, la stabilité économique ainsi que sa liberté de mouvement ne sera pas une priorité sur les échéances scolaires? 

     Dans ce contexte, les décisions pédagogiques de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris ne semblent pas répondre au besoin de solidarité que réclame la situation mais cultivent, au contraire, un climat d’anxiété et d’insécurité pour beaucoup d’entre nous. L'accessibilité des contenus pédagogiques est trop inégale pour assurer une continuité convenable et il tient désormais aux étudiants de redoubler d’efforts pour répondre aux échéances particulières de chaque professeur, la plupart du temps sous la forme d’un devoir-maison noté. 

     Cela va à contresens de plusieurs dynamiques: l'esprit d'émancipation et d'autonomie communiquée par la nouvelle direction, qui peine à s'appliquer dans les faits. En effet, comment nous vendre une scolarité libre et autonome si le facteur principal de passage est une rédaction sanctionnée par une note?  
Des débats ont agités la vie étudiante de l'Ensba cette année lors de plusieurs assemblées étudiantes qui ont remis en question la fonction des UCs lors d'une scolarité normale, pas encore impactée par la crise actuelle. Les UCs sont  largement perçus comme peu à même de valider un passage en année supérieure, encore moins de valider ou non l'évolution d'un.e artiste. N'est-ce pas ridicule de faire redoubler un.e artiste d'école supérieure d'art par manque d'assiduité à un cours? 
     Alors, quid d'un moment où ces cours n'existent plus dans des conditions convenables...?

     Nous nous engageons solidairement dans cette demande d'une année blanche pour tou.te.s. Cela implique la validation automatique des unités de crédits et évite non seulement l’imbroglio administratif du ‘cas par cas’, mais permet aux étudiant.e.s les plus fragiles de ne pas avoir à se justifier d’une situation dont nous sommes tous la cible. La charge mentale que représentent les justifications multiples à envoyer aux différentes administrations, constitue en elle-même un temps perdu à la réflexion.

     En revanche, nous sommes debout, aux côtés de la direction et des professeur.e.s pour maintenir les diplômes et les expositions qui en découlent.  Ces instants sont pour beaucoup d'entre nous des moments de partage et d'expression, d'échanges et de célébration, tout ce qui motive notre présence à l'école. C'est dans ces derniers que notre passion peut s'exprimer pleinement. Nous y tenons et nous les défendons.
Nous faisons donc la demande d’une ‘année blanche’ car nous considérons que le diplôme n’étant pas impacté par cette mesure, il ne peut donc être dévalué par elle. 
Cette décision est juste car elle permet aux étudiants de se libérer des tourments administratifs et de concentrer leur énergie à l’élaboration ou l’approfondissement de leurs projets artistiques et de leur diplômes - pour les étudiant.e.s concerné.e.s. 
Nous demandons que chaque étudiant.e aie la possibilité d'opter pour un passage ou un redoublement, en concertation avec son ou ses enseignant.e.s référent.e.s. 

     Malheureusement, depuis quelques semaines, ces demandes sont restées sans véritable réponse. 
     On nous rétorque que le point de vue que nous défendons est celui d'une infime minorité, méprisant les votes et la légitimité d'une représentation étudiante élue.
Nous avons été éconduit.e.s à chaque réunion, à chaque mail, à chaque contact. 
Nous voilà donc dans la position désagréable de venir chercher la légitimité de notre statut et de nos demandes.

     C'est pourquoi nous nous tournons vers vous, car peu importe notre investissement actuel, nous sommes relégué.e.s au rang de minorité active. Nous avons besoin de vos voix et ne pouvant nous manifester en nombre devant le bureau de Jean de Loisy pour crier ensemble la légitimité de nos demandes, nous mettons en place cette pétition. 
Prendre connaissance de cette lettre, ainsi qu'acter votre réponse la concernant, c'est prendre part à la vie collective de l'école, à la défense de ce qu'elle a de plus précieux : sa liberté de parcours et sa liberté créatrice.

     Alors très cher.e.s étudiant.e.s de l'Ensba, unissons nous. 


Des étudiant.e.s passionné.e.s par leur école. 

/!\TRES IMPORTANT /!\ 
Pour prouver notre bonne foi, nous sommes obligé.e.s de vous demander de signer cette pétition en mentionnant votre nom et prénom, dans le cas contraire, l'administration et la direction pourraient l'invalider. 
En vous remerciant de votre participation.