Défense de l'Institut Pasteur de Guyane et ses expertises

Défense de l'Institut Pasteur de Guyane et ses expertises

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Quand elle atteindra 100 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
CDTG-CFDT et STRP-CGT a lancé cette pétition adressée à Direction de l'Institut Pasteur

Derrière la cession du Laboratoire de biologie médicale de l’IP-Guyane, c’est tout l’IP-Guyane qui est menacé !

Lors des séances de CSE (19 mai en Guyane et 20 mai à Paris), la Direction de l’IP a présenté le projet de cession du Laboratoire de Biologie Médicale (LBM) de Guyane au laboratoire privé Eurofins. L’IP-Guyane, avec ses activités de recherche et de santé publique, joue un rôle essentiel dans la lutte contre le Covid-19. Dans ce Département où l’insuffisance d’infrastructure médicale contribue grandement aux conséquences dramatiques de cette pandémie pour la population, comment comprendre la vente d’une partie des activités de l’IP-Guyane ?

Le LBM de Guyane a plusieurs types d’activités : analyses de routine, surveillances épidémiologiques des pathologies majeures en Guyane (tuberculose, arboviroses, fièvre Q, la leptospirose, résistances aux antirétroviraux…). 13 personnels (7 CDI et 6 CDD) en assurent l’ensemble des activités en collaboration avec les différentes unités de recherche de l’IP-Guyane. Ainsi, le LBM est associé à 4 CNR (Arbovirus, Grippe, Hantavirus et CNR-CCOMS du Paludisme) et réalise les analyses des prélèvements des centres hospitaliers du département, des centres de PMI et d’autres laboratoires.

Selon la Direction, la situation économique du LBM est intenable. L’activité du LBM qui serait en baisse depuis plusieurs années (hors période d’épidémie) et la perspective de la baisse des tarifs justifient la cession du LBM. Le LBM n’aurait pas la taille critique nécessaire pour résister économiquement à la concurrence des laboratoires privés. La Direction motive également cette décision par des difficultés de recrutement de biologistes. Pourtant les deux derniers biologistes recrutés en CDD souhaitaient rester et s'investir, mais ils n’ont pas été conservés.

Le projet de la Direction de l’IP est de céder les activités de routine du LBM à Eurofins et de recentrer les activités de l’IP-Guyane sur la recherche sur les virus, sur la santé publique avec les CNR et sur la formation. La Direction assure que ce rachat par Eurofins permettrait de combler le déficit de l’IP-Guyane et de placer en investissement le reliquat qui génèrerait des produits financiers. De plus, la location des locaux du LBM par Eurofins permettrait un revenu annuel supplémentaire pour l’IP-Guyane. Ce projet devrait être réalisé entre juillet et octobre 2021. Concernant les salariés, la Direction assure que tous les CDI seraient reclassés dans d’autres services de l’IP-Guyane, les 6 CDD actuels ne seront pas reconduits même si certains sont partie prenante des autres activités de l’IP-Guyane.

Lors des CSE du 19 et 20 mai, les élus du STRP-CGT et CDTG-CFDT ont fait part de leurs inquiétudes. D’une part, l’implantation d’Eurofins sur le campus de l-IP-Guyane pourrait conduire à une réorganisation des unités de l’IP-Guyane avec possible arrêt temporaire de leurs activités. D’autre part, la Direction n’a apporté aucune certitude sur la pérennité des activités de l’IP-Guyane et de leur financement. Seule réponse, le reclassement du personnel en CDI se ferait au détriment de CDD d’autres services, c’est-à-dire les précaires vont payer !! Nous avons également en souvenir le sort réservé aux personnels du Laboratoire d’analyse médicale de l’IP-Paris après le rachat par Cerba. Cette cession du LBM à Eurofins n’est pas une garantie du maintien des expertises, ni une ressource de financement pérenne pour l’IP-Guyane.

Nous rappelons que 1) le LBM a un rôle important dans l’activité diagnostique Covid-19 en Guyane, ce qui a aussi permis d’équilibrer les comptes 2020 de l’IP-Guyane et 2) le LBM souffre depuis plusieurs années d'une absence d'investissement humain et matériel qui ne permet plus de travailler dans de bonnes conditions pour les salariés et pour les patients. Les salariés de l'IPG et en premier lieu ceux du LBM sont inquiets pour leur avenir et souhaitent que les moyens nécessaires soient consacrés au développement du LBM. Les salariés veulent pouvoir travailler dans des conditions décentes afin d’assurer l’ensemble des activités de recherche et de santé de l’IP-Guyane.

Nous rappelons également que le résultat net des comptes de l’IP, incluant ceux de l’IP-Guyane, sont excédentaires de plus de 6 millions en 2020, que depuis 8 ans l’IP a fait 198 millions de bénéfice. En particulier, les bons résultats de 2020 sont notamment dus aux aides financières de l’Etat pour compenser l’activité partielle liée au confinement, et que l’IP a reçu des fonds dédiés et des dons pour lutter contre la pandémie.

Comment comprendre ce double discours de la Direction qui, d’un côté, met la lutte contre les maladies émergentes dans les priorités de son plan stratégique et, de l’autre, cède le LBM qui joue un rôle essentiel dans le diagnostic du Covid en Guyane ? Comment comprendre si ce n'est que la Direction fait la même politique que le gouvernement Macron qui continue à fermer des lits d'hôpitaux en pleine pandémie, qui se refuse à rouvrir des lits pérennes en réanimation, et qui met en place la Loi de Programmation de la Recherche quand la crise sanitaire a révélé la nécessité du financement pérenne des laboratoires de recherche et des universités ?

La pandémie a rappelé de façon cinglante le danger de toutes ces politiques de logique comptable qui conduisent à la casse des services de santé et de recherche.

Cette politique est inacceptable !

Pour la pérennité des activités de l’IP-Guyane, pour satisfaire les besoins de santé de la population, nous, élus du CDTG-CFDT et du STRP-CGT, demandons :

-          Le maintien du LBM de Guyane et de ses expertises

-          Le maintien de tous les postes et l’investissement financier nécessaire à l’ensemble des activités du LBM et de l’IP-Guyane

Avec un fond de dotation de plus d’un milliard d’euros, et un résultat net de plus de 6 millions d’euros en 2020, l’Institut Pasteur en a les moyens financiers !

Signez la Pétition!!

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