Droit au dépistage systématique pour le personnel hospitalier qui le désire.

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Lettre ouverte de personnels soignant-e-s de l’hôpital Cochin, à la direction

Nous avons le droit de savoir, nous voulons un test de dépistage Covid pour toutes les catégories de personnel qui le souhaitent.

-Un masque de soins à usage unique type FFP1 coûte à l’AP-HP 3 centimes d’euros. Un masque type FFP2 coûte 15 centimes (sources syndicales). Combien coûte un dépistage-Covid ? Nous ne savons pas et nous ne compterons pas : il s’agit de sauver des vies ! Et nos vies valent plus que de l’argent !

Info : témoignage d’un médecin (pour raison de sécurité il restera anonyme ) :

« Je ne prendrais pas l'exemple de l'Allemagne. Ils minimisent le nombre de morts en disant que si tu as une autre maladie et le COVID, c'est l'autre maladie qui t'a fait mourir.

Le Japon, Singapour et surtout Hong Kong sont des exemples où la POPULATION avait des masques.

Les courbes sont parlantes. [...]

Je dirais même plutôt que le fait que la crise ait simplifié la chaîne de décision avec un vrai pouvoir aux équipes de terrain a permis une réactivité que nous ne connaissions plus depuis la loi HPST !

Et que les primes annoncées doivent aller maintenant dans les fiches de paye des soignants, car ce sont bien les équipes au front qui prennent en pleine gueule les mesures de précarisation de la fonction publique hospitalière. »

Chacun d’entre nous soignant-e-s, IADE(s), IBODE(s), IDE(s), AS, ASH, Kiné-e-s, Techniciens-e-s de Laboratoire à Jean Dausset en virologie ou autres, médecins, chirg (s), cadres, personnels administratifs, agents de nettoyage, agents de sécurité, agents des cuisines, ouvriers des services techniques, brancardiers, manips –radios, diététiciennes ... sommes confrontés à cette pandémie, et sommes pour beaucoup d’entre nous au contact du patient, y compris à Broca où la situation s’est aggravée et continue de se dégrader... Pourquoi les médias ne montrent-ils pas les camions frigorifiques garés devant nos hôpitaux ?

« La direction nous répond que nous ne pouvons-nous faire tester qu’en cas de signes apparents alors qu’à ce moment, c’est trop tard » : nous sommes en droit d’être testés !

Nous voulons connaître notre état de santé, pour nous rassurer, mais aussi informer nos proches autant que les malades qu’on soigne ou nos collègues. À notre demande auprès de nos cadres ou médecins du service, nous sommes en droit d’obtenir un test systématique.

Le discours de Macron annonce des « moyens » pour affronter cette nouvelle maladie, mais dans les faits les blouses blanches sont envoyées au front, démunies de tout.

Allons-nous subir le sort des «nettoyeurs» (nom donné aux sacrifiés de Tchernobyl, ceux envoyés avec un linge sur la bouche et une paire de bottes, pour pelleter les gravats vitrifiés de radioactivité)

Après avoir fermé des lits, des services, des hôpitaux, Martin Hirsch, directeur de l’AP-HP déclare au journal de France 2 : «Je supplie l’ensemble des Français d’appliquer les mesures annoncées». Après sa démolition systématique du système de santé en France, que reste-t-il à Macron et Hirsch ? La supplication.

Nous collègues, de toutes catégories et de tous services, exigeons de la direction de Cochin et Broca un dépistage systématique. Cette question doit être débattue et réglée dans un chsct-l-extraordinaire, sinon, nous irons chercher nous-mêmes notre réponse.

Notre demande est légitime :

Droit au dépistage systématique pour le personnel hospitalier qui le désire.