Pour un Département de Médecine d'Urgence (SAMU-SAU-HYPERBARIE) Autonome à l'APHM

Pour un Département de Médecine d'Urgence (SAMU-SAU-HYPERBARIE) Autonome à l'APHM

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Quand elle atteindra 500 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
Soignants DMU a lancé cette pétition adressée à Directeur Général de l'APHM

          Monsieur le Directeur Général,

          Depuis votre arrivée à l’APHM, vous avez pris le temps de faire le point sur les différents services de cette grande structure dont le SAU Timone et le SAMU.
Les difficultés de ces deux unités vous ont été rapportées par leurs chefs, par certains praticiens et par l’encadrement.
Toutefois, il nous semblait important, nous soignants, de vous faire un état des lieux et de vous écrire la réalité du terrain.

          Actuellement, la médecine d’urgence est affiliée à un département excluant le SAMU, et sous la tutelle de deux pôles distincts gérés par un médecin thérapeute et un réanimateur médical.

          La situation est grave et ces deux services sont en grande souffrance comme en témoigne le départ massif du personnel médical et paramédical.
Plusieurs raisons à cela :
-        L’absence de fidélisation (par défaut de plan de carrière et de projet de service) et le manque de considération des médecins, infirmiers, aides-soignants et ambulanciers investis et formés.
-        La mutualisation non progressive imposée par le pôle, sans réflexion et sans tenir compte des investissements et de la valence de chacun.
-        Le dénigrement de notre spécialité et la régression de nos compétences.
Pendant que les autres centres hospitaliers développent la médecine d’urgence, on nous fait régresser et ce discrédit est palpable chaque jour.
Pour exemples, la Salle d’Accueil des Urgences Vitales de la Timone est délaissée, les référents supprimés, les formations abandonnées et il s’agit du premier secteur fermé en cas de manque d’effectif ; les compétences des urgentistes sont remises en cause, récemment avec la pratique de l’échographie clinique, pourtant validée par notre société savante ; et on nous explique clairement que la recherche n’a rien à faire en médecine d’urgence : une vision bien archaïque pour le deuxième CHU de France alors que nombreuses sont les villes où la médecine d’urgence est le pivot central de l’hôpital tant sur le plan clinique que pour les projets de recherche.
Monsieur le Directeur, la médecine d’urgence est une spécialité, nos praticiens sont formés à faire de la médecine pré-hospitalière, de la SAUV, de la traumatologie, du circuit non ambulatoire, des gestes techniques, des échographies avec un internat de 4 ans et pourtant le pôle nous propose la création d’un diplôme universitaire (en catastrophe) visant à former des médecins généralistes à la médecine d’urgence. N’est-ce pas dénigrer notre spécialité ? Pendant ce temps nous laissons partir nos médecins formés.
-        Concernant le SAMU, alors que depuis des années on nous promet de nouveaux locaux, la presse annonce que nos médecins iront réguler au SDIS en 2024. Notre directeur médical n’a pas été convié à ces réunions. Qu’adviendra-t-il alors de notre service ?
-        Le CESU (Centre d’Enseignement des Soins d’Urgence) est une unité fonctionnelle du SAMU. Ils ont été créés par la circulaire du 26 juin 1973 recommandant la création de « centres de formation des personnels participant aux secours d’urgence » dans les CHU. En pratique, nos médecins n’y ont pas accès et nos ambulanciers se voient interdire la formation de formateur AFGSU (obligeant certains à s’inscrire à Versailles, le tout financé par l’APHM). Enfin, nous apprenons que le futur centre sera géré par un gériatre. Pourquoi y positionner un médecin gériatre alors que nous avons des médecins urgentistes formés ? On écarte les urgentistes d’un service qui est le leur.
-        Il n’y a aucune volonté de nos tutelles de former un Universitaire en médecine d’urgence. On les empêche même d’être Universitaires. En comparaison, les urgences du CHU de Nantes (nombre de passages équivalent au SAU Timone) comptent 3 PU-PH, 1 MCU-PH, 1 PHU et 2 CCA. A Marseille, les seuls PU-PH en médecine d’urgence sont d’anciens réanimateurs qui ont changé de spécialité pour prendre la direction de nos services. La faculté ainsi que le pôle refusent que nos urgentistes soient universitaires, nous restons alors sous la tutelle des réanimateurs ou thérapeute.  
Le dernier exemple : le poste de CCA créé pour l’un de nos docteurs juniors en médecine d’urgence est un poste de thérapeute.
La médecine d’urgence est sclérosée sous la tutelle de non-urgentistes qui ne prônent que leur vision autocratique.

          Monsieur le Directeur Général, les cœurs sont lourds, les équipes sont démotivées et lasses. La vitrine de votre hôpital atteindra bientôt un point de non-retour. Nous avons pourtant un potentiel non négligeable, des soignants qui aiment leur métier, dévoués et qui ne réclament qu’à dynamiser leurs services.
Aussi par cette lettre, nous souhaitons pour notre spécialité un meilleur avenir. Nous ne voulons plus être sous la tutelle de non-urgentistes. Nous voulons un département (ou pôle) de Médecine d’Urgence autonome sous la direction d’un médecin urgentiste fier de sa spécialité.

          Monsieur le Directeur Général, dans l’attente de vous lire, veuillez considérer notre respect le plus sincère.

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