Pour la survie de nos moulins et la protection de nos rivières

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En catimini et juste avant de quitter Matignon, Edouard Philippe a signé un décret
permettant aux préfectures de France de détruire les barrages des moulins sans enquête
préalable ni étude d’impact. Il s’agit là d’une mise à mort du 3e patrimoine de France – les
moulins – et d’une mise en péril de nos rivières et des zones humides qui les bordent.
N’hésitez pas à relayer cette pétition pour l’abrogation du décret en question et rejoignez,
si vous le souhaitez, le collectif « De l’eau à nos moulins ».

 

Pour la survie de nos moulins
Pour la protection de nos rivières
Pour l'abrogation du décret 2020-828 du 30 juin 2020


Sans enquête publique préalable ni étude d'impact, l'ancien Premier ministre, Edouard
Philippe, a signé le 30 juin dernier, un décret préconisant comme solution première à la
continuité écologique de nos rivières la destruction des ouvrages. Entendez par ouvrage :
chaussée, digue, barrage, seuil. Ces ouvrages sont indispensables au fonctionnement des
quelques 30 000 moulins de France encore debout.
Ce coup de grâce porté au regard de la continuité écologique, marche à contre-sens de
l'histoire et des enjeux environnementaux colossaux pour notre planète.
Nos poissons migrateurs seraient-ils donc devenus trop stupides pour ne plus remonter les
cours d'eau et franchir les ouvrages de nos moulins présents depuis le Moyen-Âge pour la
plupart ? Pourquoi les méfaits prouvés et écologiquement catastrophiques des arasements
ne sont-ils jamais évoqués ? Pourtant, ces arasements peuvent être responsables de berges
lessivées et de maisons emportées.


Qu'est-ce que la continuité écologique ?
Depuis le début des années 2000, l'État français, répondant à la Directive Cadre Européenne
sur l'eau, a instauré la continuité écologique. Ingénieurs et bureaucrates ont affiché pour
objectif principal, non pas la qualité des eaux, mais la libre-circulation des poissons migrateurs
et des sédiments, sans jamais consulter la communauté scientifique.
La police de l'eau (DDTM), bras armé des préfectures, avait donc pour mission de répertorier les
ouvrages présents sur les cours d'eau de France afin de les faire aménager ou de les effacer.
La continuité écologique a dès lors adopté une vision divine et créationniste de la nature,
fantasmant un retour à un état originel.
N’est-il pas largement su qu'un système écologique n'est jamais à l'équilibre mais toujours en
transformation ? Pire encore, poursuivre ce fantasme de rivière sans embâcles, même
naturels, transformerait nos cours d'eau en déversoirs à déchets dans nos océans.


Comment fonctionne un moulin à eau ?
Généralement, une chaussée - digue, seuil, parfois enrochement - vient ralentir le courant de
la rivière pour alimenter, quelques mètres en amont, un canal d'amenée menant au moulin.
Une fois que l'eau passe sous le moulin, l’eau va se jeter plus loin dans le cours d'eau à qui elle
a emprunté.
En validant l'hypothétique stupidité des poissons pressentie par les auteurs de la continuité
écologique, on peut donc imaginer que les poissons peuvent rencontrer deux obstacles
artificiels : le barrage et l'alimentation du moulin en tant que tel.
Mais ceci est sans fondement, car tous les moulins ont été équipés de canaux de
contournement. Comme son nom l'indique, un canal de contournement a pour fonction de
contourner les seuils. Pourquoi douter aujourd’hui que les poissons ne puissent retrouver
cette voie d’eau ?
Ces mêmes canaux de contournement permettent également la circulation des sédiments,
autre grand chapitre de la continuité écologique.


Ecosystème d’une rivière et ouvrage de moulin
Les ouvrages freinent les crues et retiennent les sédiments des terres déchargés dans le lit de
la rivière. Ces mêmes sédiments développent une flore aquatique singulière qui oxygène l’eau
par effet de photosynthèse. Plus l’eau est de qualité, plus elle attire les poissons. Les zones
humides façonnées au fil des siècles par ces mêmes ouvrages accueillent toute une
biodiversité animale. De la libellule à la grenouille, de l’anguille au canard sauvage, migrateur
ou pas, chacun y trouve son lieu de vie. Les ouvrages des moulins participent à l’identité de la
rivière. Les rivières font l’identité de nos territoires.

Le décret 2020-828 du 30 juin 2020
Jusqu’au 30 juin dernier, réhabiliter les canaux de contournement était une pierre sacrée à
l'édifice de la "continuité écologique apaisée", entendez intérêt général.
En effet, avant cette date, ces canaux de contournement demeuraient une formidable
alternative à l'obligation faite aux propriétaires de moulins de se conformer à la continuité
écologique. La construction bétonnée de passes à poissons sur leurs barrages pouvait être
évitée, ainsi que les charges financières pharaoniques des travaux exigés par l’État français.

*Pour mémoire rappelons que, dans le meilleur des cas, les propriétaires de moulin
bénéficiaient de 20% de subventions pour l’aménagement d’une passe à poissons. En cas de
refus, la destruction totale de la digue incombait dans sa totalité aux contribuables. Cette
deuxième option était souvent plus coûteuse encore que la première… Allez donc comprendre !

Propriétaires de moulins, pouvoirs publics et contribuables considéraient cette troisième voie
comme une aubaine, car réhabiliter un canal de contournement dans l'harmonie de son
environnement ne coûte que quelques centaines d'euros tout au plus, et si nécessaire.
De nombreuses préfectures de France validaient et soutenaient cette solution. Dans le
département des Landes par exemple, le préfet Frédéric Veaux, avait reçu cette solution
comme une "excellente nouvelle" et demandait à la police de l'eau d'encourager
cette pratique. La jurisprudence l'avait d'ailleurs validé avant lui, en disant clairement qu'un
canal de contournement, échappant à des obstacles artificiels, se substitue à la nécessité de
l'arasement d'une digue ou à la construction d'une passe à poissons.

La continuité écologique n'a d'écologique que le nom
Depuis une trentaine d'années, à partir des seules idées de technocrates et d'ingénieurs et
sans qu'aucun scientifique n'ait été consulté sur cette politique menée, les propriétaires de
moulins et meuniers n'ont bien souvent pas eu voix au chapitre. Ils n’ont pas su, ils n’ont pas
pu affronter les discours bureaucratiques ; hélas beaucoup ont déjà vu leur chaussée, digue
ou seuil détruit, arasé. Et un moulin sans barrage est un moulin sans eau. Par effet domino, les frayères et les zones humides propres à l’équilibre d’une biodiversité floristique et faunistique disparaissent à leur tour…
Les canaux et rivières de contournement étaient une planche de salut favorable à tous. À
l'environnement de prime abord.
L’eau de nos rivières a permis et permet encore le fonctionnement des moulins pour nourrir
bêtes et gens. À l’heure d’un grand bouleversement climatique, où chacun prône la vigilance
écologique, nombreux s’adaptent, se transforment en microcentrales hydroélectriques. Ils
sont en capacité de produire une énergie propre et renouvelable. Au même titre que l’énergie
éolienne et photovoltaïque, ils participent à la diminution de la production de l’électricité via
le nucléaire. En outre, l'hydroélectricité est à ce jour l'énergie la plus propre et la plus constante que l'on sache produire.
Mais l’administration a oublié que l’Histoire des Moulins peut être à bien des égards une école
d’obéissance et une continuité de bon sens


Avant le décret 2020-828 du 30 juin 2020, on pouvait penser que les pouvoirs publics
péchaient souvent par ignorance et laissaient faire les préfectures de chaque département,
appliquant ou non des directives non signées du ministère en charge des questions environnementales, interprétant à leur guise de nombreuses lois du code de l'environnement, s'asseyant littéralement sur d'autres, usant de menaces judiciaires… Le détail serait fastidieux !

Depuis le décret 2020-828 du 30 juin 2020, nous comprenons mieux le sens de ces décennies
de "continuité écologique". Ce décret signe la mise à mort des derniers moulins de France.
Au sens propre et noble du mot écologie ce décret assassine nos rivières. Les raisons sont multiples et dignes, hélas, d'un mauvais scénario complotiste. Car à qui profite l'arasement, sinon les lobbies qu'entretiennent inlassablement nos gouvernants en s'essuyant les pieds sur le paillasson de la planète ?
Depuis quelques semaines, des médias expliquent les motivations d'une telle mise à mort : Le
Canard Enchaîné, Le Figaro et Médiapart comptent parmi les plus récents.

Nous espérons vivement que d'autres encore relaieront ces informations. Vous avez le
pouvoir d'y contribuer en signant notre pétition, en faisant connaître ce drame écologique
et patrimonial qui se joue actuellement.
Vous pouvez également rejoindre notre collectif "De l'eau à nos moulins" :
deleauanosmoulins@gmail.com