Pour refonder le projet d'indépendance de la Nation Corse.

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CULLETTIVU PAESANU PER A SALVEZZA DI A NAZIONE

Le 5 mai 1976, le manifeste historique du FLNC annonçait l'objectif final du colonialisme français :

"Il tente sa dernière et meurtrière opération : faire disparaître complètement notre peuple et le remplacer par une population étrangère, reprenant point par point l'odieuse politique génoise."

Depuis, malgré les luttes et les sacrifices de tant de résistants, notre peuple est devenu minoritaire en Corse, écrasé et bientôt submergé par les colons français dont plus de 5000 s'installent chaque année.

Pour s'opposer aux objectifs de colonisation de l'Etat français, le manifeste du FLNC définissait une stratégie de libération nationale en contradiction totale avec les pratiques autonomistes d'intégration aux institutions françaises. Cette stratégie était ainsi formulée dans le cinquième point du programme :

" Droit à l'autodétermination après une période transitoire de trois ans durant laquelle l'administration se fera à égalité entre force nationaliste et force d'occupation. Cette période de désaliénation permettra à notre peuple de choisir démocratiquement son destin avec ou sans la France."

 Ce cinquième point capital annonçait le processus de la Cunsulta Naziunale. Pour cela, les fondateurs du FLNC avaient prévu la mise en place dès 1977, d'un Front public sur la base des "Cumitati per l'Unione e a Salvezza di a Nazione".

 Face à l'abandon de la lutte de libération nationale par les partis nationalistes qui persévèrent dans l'illusion réformiste en siégeant au sein des institutions françaises;

Face à l'imposture idéologique et politique qui consiste à déclarer que les élus de l'assemblée territoriale sont les représentants légitimes du peuple corse;

Nous déclarons que c'est à notre peuple et à lui seul, en vertu de son droit inaliénable à l'autodétermination d'assumer pleinement son destin. Pour cela, il convient de mettre en œuvre nos propres institutions politiques (Cunsulta Naziunale).

 Forts du parcours de chacun, de notre militantisme au quotidien, de nos choix parfois difficiles, de nos luttes et de nos sacrifices nous usons de notre droit le plus élémentaire et légitime à faire connaître notre volonté de refondation de la pensée, du discours et du projet d’indépendance de notre Nation.

Les prochaines échéances électorales semblent donner naissance à une volonté d’un grand parti unique pour la corse.

Ce parti semble se définir comme autonomiste et de gouvernement.

Quel paradoxe de parler, et d’autonomie, et de gouvernement dans une corse occupée, colonisée et niée dans son aspiration même à exister de nouveau en tant que nation souveraine.

Nous ne pouvons le croire car l’autonomisme demeure la négation du fait colonial, ou pire, son acceptation et l’aspiration à cogérer les institutions mises en place par l’occupant. Il est aussi le grand réconciliateur d’anciens et nouveaux clans et autres collaborateurs locaux qui voient dans la cogestion libérale l’occasion inespérée d’inventer une nouvelle forme de clientélisme renforcé par le PEI et l’économie de marché.

Ce grand parti devra rapidement se déterminer car aujourd’hui il ne parle de projet que dans sa volonté de conquérir ou garder le pouvoir et fait l’impasse, sciemment ou non, sur un éventuel contrat social ou sociétal. Ne pas avancer d’orientations claires permet d’agglomérer en son sein quantité d’individus aux aspirations souvent opposées.

Cette ancienne façon de faire renforce le sentiment que les corses ont besoin de professionnels de la politique pour gérer leurs affaires et les éloigne de la notion d’auto gouvernement, base d’un peuple souverain.

La corse ne saurait plus se satisfaire de cette façon pyramidale de faire de la politique. Sa riche histoire la prédestine à redevenir un laboratoire d’idées novatrices et révolutionnaires. A l’élitisme oligarchique d’un parti unique elle préférera l’émergence d’une démocratie moderne, citoyenne et participative.

Parce que nous ne voulons plus d’un système représentatif archaïque qui ne fait que singer les institutions coloniales, parce que nous plaçons la libération sociale et nationale de la corse à la base de notre projet, parce que nous luttons pour l’émancipation individuelle et collective des citoyens corses, parce que nous ne voulons plus de carrières politiques reposant sur le sacrifice de tant de résistants, parce que nous sommes clairement indépendantistes, que nous nions le pouvoir de l’argent roi qui fait de notre terre une vulgaire marchandise et notre peuple une main d’œuvre corvéable à merci, parce que nous voulons recréer sur la base di a terra di u cumunu les notions de partage, d’équité et de solidarité, parce que nous refusons tous les fascismes:

Liberté politique et souveraineté nationale

La lutte de libération nationale a pour but la suppression de l’impérialisme français en Corse. Cette suppression permettra la restauration des droits nationaux du peuple corse. Cela se concrétisera par une indépendance politique.

L’indépendance politique est la liberté collective d’un peuple. Elle permet l’exercice de la souveraineté nationale.

Pour un idéal révolutionnaire de libération nationale faire exister un mouvement au rythme des élections françaises est, au mieux, une erreur, au pire la volonté inavouée de ne jamais remettre en cause la présence coloniale mais s’en accommoder pour mieux asseoir des ambitions d’un carriérisme politique de plus en plus affirmé.

Le plus grand paradoxe des représentants de la «Lutte de Libération Nationale» est de revendiquer une légitimité par les urnes bourrées par des électeurs constituant le corps électoral français.

Cette stratégie de seule «lutte» institutionnelle qui ne s’appuie pas sur un corps électoral représentant légitime de l’expression citoyenne du peuple corse équivaut à vouloir être les élus du peuple français en corse.

La prochaine assemblée unique ne remet absolument pas en cause le fait colonial puisque ne statuera ni sur la notion de citoyenneté corse ni sur la définition de son corps électoral. Elle ne jette pas non plus les bases d’une démocratie moderne, directe et participative lui préférant un système représentatif archaïque qui n’empêchera ni le clanisme ni le clientélisme. Pire, le nombre d’élus augmentant, les compromis avec le clan seront indispensables pour obtenir une relative majorité.

Cette nouvelle assemblée représentative est pourtant présentée comme une avancée historique pour un peuple corse non reconnu et minoritaire sur sa terre écrasé par une colonisation de peuplement même plus dénoncée.

Dans la stratégie de présenter une alternative à l’institutionnalisation de la revendication légitime d’indépendance du peuple corse il est indispensable d’ouvrir une nouvelle voie, celle du refus catégorique de participer aux institutions mises en place par l’occupant. Si celles ci existent et perdurent c’est qu’elles servent la politique coloniale.

Proposer une rupture peut offrir un grand changement dans l’appréhension de nos rapports avec les forces d’occupation et ainsi provoquer une refondation indispensable à l’idéal de totale liberté.

Aucun militant, quelle que soit sa légitimité, ne peut prétendre à une carrière politique reposant sur le sacrifice des résistants et des larmes des familles qui depuis près d’un demi siècle entretiennent la flamme d’une liberté tant rêvée et espérée. Si la stratégie électorale perdure, seul le mandat unique et révocable reposant sur un corps électoral corse peut être en adéquation avec notre combat.

La base politique d’une Nation moderne est la conscience, la responsabilisation et l’autogestion du peuple souverain. L’instauration d’une démocratie directe et participative doit être le socle fondateur d’un projet de libération sociale et nationale, et l’idéal d’émancipation sociale, individuelle et collective de notre peuple.

Par une assemblée populaire reposant sur la base citoyenne d’une communauté, quelle que soit son origine, qui a choisi, en conscience et malgré tous les risques, d’unir son destin à celui de notre terre colonisée et occupée militairement nous inventerons une dynamique nouvelle de nécessaire travail à la mise en place d’outils citoyens et d’invention de nos propres leviers d’émancipation ayant une réalité de terrain.

Mettre fin à la théorisation et asseoir nos revendications par l’exemple, par le quotidien de la lutte deviendra ainsi la base de reconquête de toutes nos libertés.

Nous appelons tous les résistants, les rebelles, ceux qui refusent la logique impérialiste et capitaliste, citoyen-ne-s/syndicats, libertaires/militant-e-s d'organisations politiques, ouvrier-e-s, paysan-ne-s, à nous rejoindre sur la base de la convergence des luttes afin de proposer une alternative claire à la soumission, à l’acceptation et construire tous ensemble un nouvel imaginaire aspirant à la vie pour faire de la corse une nation libre, moderne, dynamique , juste et solidaire.

RESISTENZA - INDIPENDENZA - LIBERAZIONE SUCIALE - AUTO ORGANISAZIONE  - EMANCIPAZIONE



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