Collectif de soutien à la Création d'un ordre des pairs aidants

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Ordre des pairs aidants / mediateurs santé pairs 

Préparation d'un projet de loi

La prise en charge des personnes atteintes d’un trouble psychique, en situation de précarité ou ayant un problème d’addiction a été, jusqu’à présent, assurée majoritairement par les instances psychiatriques peu adaptées et insuffisantes au suivi très particulier et au long cours de ce type de pathologie.

Dans une logique d’inclusion et dans le but de développer une « santé mentale dans la cité », a émergé, dans plusieurs pays, une profession de soignants composée de malades rétablis qui, forts de leur expérience personnelle, accompagnent de façon positive et efficace des personnes souffrantes vers le rétablissement et l’inclusion sociale. Cette profession, introduite en France en 2007, est désignée par le terme de pair-aidance ou de médiation de santé paire (MSP).

Les pairs aidants replacent l’humain au centre des préoccupations et de la prise en charge. Selon l’approche « Rétablissement », les personnes sont expertes de leur propre parcours et de leur santé. Il faut s’appuyer sur leur expérience, leurs forces et compétences. Par leurs vécus, les pairs aidants sont les meilleurs ambassadeurs de cette approche humaniste.

Un audit vient d’être lancé pour connaître le nombre de pairs aidants dans l’hexagone que l’on estime à une centaine et bien plus si l’on prend en compte les pairs aidants bénévoles. Ce que l’on sait c’est qu’avec 12 millions de troublés psychiques et mentaux et à cause de dérèglements psychologiques, sociétaux, environnementaux, identitaires et émotionnels, nous nous trouvons confrontés à une constante augmentation de ce type de pathologie, et le besoin d’accompagnants s’accélère de façon exponentielle. En outre, la crise sanitaire que nous traversons augmentera encore le nombre de malades et le besoin de solidarité. Les violences intrafamiliales ont d’ores et déjà augmenté de 32 à 36% (source : ministère de l’intérieur) et davantage de phénomènes de décompensation sont rapportés par le corps médical et cela même chez des personnes n’ayant jamais rencontré d’épisodes antérieurs.

Les pairs aidants améliorent de manière globale la qualité de vie des personnes accompagnées. Ils aident à se rétablir et aller mieux. Meilleur fonctionnement social, estime de soi, réduction des symptômes et des rechutes sont des points d’amélioration notables grâce à leur intervention. Pour les personnes en rétablissement, les avantages clés de la pair-aidance sont une meilleure utilisation des services d’accompagnement et de soins, une alliance thérapeutique renforcée, de l’empowerment, un développement personnel, l’espoir d’un rétablissement et une réduction des admissions à l’hôpital.  Recourir aux pairs aidants permet de rationaliser les dépenses publiques par un plus faible recours à l’ensemble des services et plus particulièrement des hospitalisations dont la durée est aussi diminuée. Les enjeux sont grands et bénéfiques tant pour les pair-aidants que pour les pair-aidés.

Afin de répondre à cette demande en toute sécurité et pour protéger soignés et soignants, il nous est apparu opportun d’organiser et de réglementer l’exercice de cette toute jeune profession. C’est la raison pour laquelle nous avons préparé ce projet de texte, calqué sur la réglementation des infirmiers IDE, que nous proposons de soumettre à l’examen de l’assemblée. Créer un Ordre des Pairs aidants c’est leur permettre d’exister et d’exercer librement sans risque de dérives.

Catherine Brettes et Sabrina Palumbo

contact : sabrina@corps-et-ame-en-eveil.com