réformes des statuts d'artistes-auteurs : nous ne paierons pas

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Quand elle atteindra 500 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
artistes auteurs-trices en lutte a lancé cette pétition adressée à URSSAF, Franck Riester, Agnès Buzyn (Ministre de la culture, Ministre des solidarité et de la santé, administration)

Vendre du rêve ça coûte des sous.

Nous vivons d'eau fraîche, la douche froide de l'URSSAF nous noie. Il y a la vie rêvée des artistes. Créatures évanescentes, égrenant au fil des jours, des lignes, des traits, des dessins , des livres, à leur convenance, bien loin de la triste existence contrainte et administrative du salarié . Et puis il y a le réel. Une masse de précaires, qui rêve d'avoir un métier mais n'en a que l'apparence, le temps d'une expo, d'une dédicace d'un vernissage, d'un festival où l'on fera désespérément semblant d'être de ces quelques heureuses élues qui vivent de leur œuvre. Parce qu'on fait de l'art, on n'est pas censé parler argent.

Jusqu'à ce que l'URSSAF se rappelle à notre bon souvenir de prétendues cigales, et de vraies fourmis exploitées. A quelques semaines du grand Festival d'Angoulême, en pleine année de la BD, souhaitée avec force allégresse par le Ministère, des milliers d'entre nous reçoivent des injonctions à payer des cotisations qui ne correspondent à rien. A part à la destruction de notre régime spécial, qui soit disant faisait de nous des privilégiés. Comme tant d'autres, pour nous, c'est l'enfonçage dans la précarité, toujours plus durement. Plus de caisse et d'interlocuteurs dédiés, mais un site internet , même pas au point, sur lequel il n'est même pas possible de nous inscrire, et ce si nous avons bien reçu le courrier d'appel de cotisation.
CertainEs d'entre nous ayant reçu cet appel se voient ainsi sommés de payer avant le 15 janvier bien plus que ce qu'ils sont gagné sur l'année écoulée. D'autres commencent déjà à angoisser sur la somme astronomique qu'ils devront régler quand l'Urssaf se décidera à réclamer. La goutte d'eau qui fait déborder le vase de nos précarités isolées ? En pleine grève ce ne serait pas du luxe et sans se mettre toutEs en tutu devant des touristes éblouis, peut-être serait-il tout de même temps de mettre en commun nos réalités plutôt que les masquer sous les paillettes d'Angoulême et d'ailleurs. Combien d'entre nous sont auteurs et profs et barmans et animateurs et chômeurs et , et , et, et, remplissez les rares espaces qui restent pour dessiner. Combien d'entre nous passent plus de temps à galérer d'administration en administration, qu'à créer ? Combien d'entre nous se sont résignés à n'avoir ni allocations logement, ni chômage, ni évidemment le moindre espoir de retraite ? Combien d'entre nous se jettent sur le moindre projet mal payé, en la fermant sur des conditions de travail invraisemblables et dégueulasses , en jouant le jeu du silence because la concurrence, les petites listes informelles d'artistes et auteurs qui font chier et si t'es pas contentE, y'en a dix, 50, 100 qui attendent ? Combien d'entre nous au fond ne font que se faire voler par intermittence leur force de travail, coincés entre rémunérations minables et droits sociaux évaporés, comme n'importe quel vacataire de l'Educa Nat, comme n'importe quel intérimaire du bâtiment ? Bref combien d'entre nous là, tout de suite , maintenant ne pensent plus à la création mais à ce fameux courrier dans la boite aux lettres et aussi, à la potentielle et prochaine visite d'huissiers ? Bref nous sommes nombreux, nous ne voulons pas être plaints, ni encensés par notre hypocrite Ministre de la Culture. Nous ne voulons juste pas payer autre chose que les cotisations sur notre travail effectué. L'URSSAF n'a pas été fichue de la calculer, qu'elle ne compte pas sur nous pour payer. Comme tous les autres précaires , nous n'avons pas à acquitter le prix de la destruction de nos droits, concomittante d'ailleurs à la destruction globale de l'assurance chômage.

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