Conservons la cour du Musée des Tissus et des Arts Décoratifs dans son écrin d'origine !

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En 2017, nous apprenions avec soulagement le désir de la Région Auvergne-Rhône-Alpes de sauver le Musée des Tissus menacé d'une fermeture définitive. Il ne pouvait en être autrement tant l'Histoire de ce Musée est intimement liée à celle de Lyon et tant la richesse de ses expositions en fait une institution unique au monde : 2,5 millions d'œuvres de toutes origines couvrant 4500 ans d'Histoire universelle !
    
C'est pour sauver ce caractère unique, intrinsèque à notre si belle ville de Lyon, que la Région acquit pour l'euro symbolique l'Hôtel de Villeroy et l'Hôtel de Lacroix-Laval, abritant respectivement le Musée des Tissus et des Arts Décoratifs. Suivant sa destination, le visiteur est invité à traverser soit une cour pavée, soit un jardin à la française qui invitent ensemble à un voyage dans le temps, accentué par l'illusion donnée par quelques pastiches du 20ème siècle.
    
Or, quelle ne fut pas notre surprise devant le projet de rénovation de l'architecte du Mucem qui devrait entourer et cacher les façades disposées autour de la cour par une enveloppe contemporaine, bétonner le jardin de l'Hôtel de Lacroix-Laval, défigurant ainsi un ensemble intéressant par une architecture internationale et minérale, sans âme, qui n'est pas propre au quartier ... Rénover n'implique nullement de moderniser à outrance l'aspect architectural existant. La conservation intacte de la cour, sans greffe contemporaine, est donc une nécessité pour ne pas dénaturer totalement l'aspect des lieux et du quartier d'Ainay dans lequel ils s'inscrivent harmonieusement.
   
D'autre part, quel est l'intérêt du périmètre UNESCO si le centre-ville de Lyon ne peut échapper aux délires des responsables politiques et des architectes. Un délire qui coûtera cher : estimé 50 à 60 millions d'euros par la Région ... pour un site ... Quand, dans le même temps, l'État réduit le budget patrimoine à une peau de chagrin et que cette somme astronomique pourrait être employée à sauver bien d'autres patrimoines en danger en Auvergne-Rhône-Alpes ! À titre de comparaison, le loto du patrimoine rapporte trois à quatre fois moins que la somme qui nous est annoncée, pour sauver, chaque année, une centaine de monuments en France ! Certes, on nous annonce que l'effort financier sera réparti entre L'État, des fonds européens, ... Mais pourquoi donc autant de facilités à réunir une somme si exorbitante alors que des associations et des petites communes peinent à réunir les fonds nécessaires aux travaux les plus indispensables, dans une indifférence aveugle des hauts responsables politiques ?
     
Nous rappellerons un fait noté sur le site même des musées, à propos de l'Hôtel de Lacroix-Laval et du jardin : "Son bâtiment, sa cour, et son jardin transformé en parterre «  à la française », d’après le dessin de l’architecte-paysagiste René-Édouard André dans les années 1920, sont inscrits au titre des Monuments historiques en 1957."  Un fait censé pouvoir freiner toute tentative de constructions ... Pourtant, ce projet ressemble plus à une belle opération immobilière qu'à une véritable œuvre de restauration et de mise en valeur patrimoniales. Il en prend, tout du moins, le prétexte. On ne s'aventurerait pas en affirmant que ces titres UNESCO et monuments historiques deviennent finalement des variables d'ajustement destinées à flatter l'ego des élus. Est-il absurde de remettre en cause la longévité de ces nouvelles constructions ? Quid de la protection des abords qu'impliquent les monuments historiques même inscrits ? Quid de l'impact écologique à une époque de crise majeure, difficilement vécue par la plupart de nos concitoyens, à une époque où l'on parle d'économie positive ? 
    
Tout ne se prête pas au snobisme de l'art contemporain et à l'ego de quelques élus et architectes célèbres. Il faut accepter de conserver des lieux restés presque hors du temps, qui feront d'autres amoureux du patrimoine et de l'Histoire. Il existe des alternatives intéressantes qui sauront être un gage de longévité pour ces deux beaux musées, tout en répondant aux normes actuelles d’accueil des publics.
     
OUI à une restauration respectueuse des façades.
OUI à l'amélioration de la signalétique et de la visibilité des musées.
     
NON aux greffes contemporaines de la cour !
   
Maxime DEHAN
Membre titulaire de l’Académie de la Dombes
Secrétaire général de l'Académie Littéraire et Historique du Val de Saône
Vice-Président délégué de l'Union des Écrivains Rhône-Alpes-Auvergne

Image : Photographie personnelle représentant l'Hôtel de Villeroy.