Pour la sauvegarde du latin en licence de Lettres Modernes à Toulouse

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     Les étudiant.e.s de Lettres de l'Université Toulouse 2 Jean Jaurès ont appris que le Conseil de département de Lettres Modernes avait décidé en février dernier d'exclure le Latin de leur programme d'enseignement.


     Si cette décision venait à être appliquée, un.e étudiant.e en Lettres n'aurait d'autre moyen, pour suivre des cours de latin, que d'ajouter à son emploi du temps déjà chargé un cours dit « hors cursus ». Cela aurait donc pour conséquence de reléguer au statut d'enseignement marginal la langue et la culture latines, apprentissages pourtant fondamentaux pour tout.e étudiant.e en Lettres.

     Pourquoi fondamentaux ? Parce que comment lire et comprendre un Montaigne, un Rabelais sans aucune notion de latin ? Comment aborder sereinement l'apprentissage de l'ancien français sans rien savoir de ses origines ? Comment saisir l'ampleur de la tradition théâtrale, romanesque et poétique qui a irrigué et irrigue encore la littérature et les arts, sans aucune connaissance de l'Antiquité ?

     Dans une filière où l'enseignement est un des débouchés principaux, si ce n'est le principal, comment préparer correctement les étudiant.e.s aux concours de recrutement ? Car le latin est une des options au CAPES de Lettres Modernes. Car il est obligatoire à l'écrit à l'agrégation de Lettres Modernes. Car les résultats aux concours et les témoignages d'ancien.ne.s étudiant.e.s prouvent qu'il est aussi un facteur non négligeable de réussite aux épreuves d'ancien français, de grammaire, d'explication de texte, de didactique...

     À l'heure où les programmes du secondaire multiplient les ponts entre monde antique et monde moderne, et où les professeur.e.s de Lettres modernes sont de plus en plus amené.e.s à enseigner aussi le latin, ne serait-il pas insensé que l'Université prive ses étudiant.e.s d'une formation adéquate ?

     Il serait peut-être à craindre que certain.e.s étudiant.e.s, conscient.e.s de l'importance de cet enseignement de langue et culture de l'Antiquité, ne se résolvent à faire le choix d'une autre université plus encline à le leur proposer...

     Enfin, quel que soit l'avenir auquel se prépare un.e étudiant.e, le latin lui offrira toujours une vision d'ensemble de la littérature, de la culture dans toutes ses dimensions, il lui facilitera l'apprentissage des langues, et lui ouvrira de fait des portes vers tous ces horizons.

 

     Nous demandons donc au département de Lettres Modernes de l'Université Toulouse 2 Jean Jaurès de réintroduire le choix d'un enseignement en langue et culture latines dans le cursus principal de la Licence de Lettres Modernes, et ce sur au moins deux semestres, pour que leurs étudiant.e.s aient encore accès à une formation complète et de qualité.