Des abris pour les sans-abris de Genève

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Au Conseil d’Etat in corpore,
Aux députées et députées du Grand Conseil,
Quelle que soit leur couleur politique,
 
Nous assistons depuis des mois à une recrudescence sans précédent de sans-abris dans le Canton de Genève, la nuit, en plein centre-ville, près des universités, du Grand Théâtre de Genève, du parc des Bastions, de la Comédie de Genève, de la plaine de Plainpalais, ce ne sont pas moins de dizaines de corps emmitouflés dans des sacs de couchage, à même les trottoirs, que nous voyons s’entasser de nos yeux hagards. Cela est sans précédent de mémoire d’habitante et d’habitant de Genève.
 
L’Etat doit sans attendre mettre à disposition des lieux d’hébergement et d’accueil, fournir des repas, la possibilité de prendre une douche quotidienne, pour les sans-abris de Genève, à l’instar de la Ville de Genève qui en a, à cette heure, pris l’entière responsabilité, mais qui arrive à terme de ses capacités, malgré le soutien de l’Association des communes genevoise.
 
Il est absolument inenvisageable, dans la période de crise sanitaire et économique que nous traversons, que l’Etat de Genève, la puissance publique démocratique la mieux dotée par l’impôt de solidarité et de cohésion que versent les habitantes et habitants imposables du Canton, se dédie de cette responsabilité humaine et éthique et n’intervienne pas alors que des vies sont mises en danger de la plus effroyable des façons en république.
 
Il est évident que la seconde vague de la pandémie qui nous frappe aura des conséquences encore plus dévastatrices que la précédente et va précipiter davantage de personnes dans la rue, livrées à la charité, aux rigueur hivernales et aux risques de contraction du Coronavirus, sans assistance aucune.
 
La mise à l’arrêt de l’économie a été édictée pour des raisons sanitaires, pour sauver des vies.
 
Quand on défend la vie, alors on défend la vie, on ne laisse pas les gens souffrir ni mourir de froid et de faim ni, de surcroît, dans l’impossibilité d’appliquer des mesures sanitaires et livrés à la maladie. C’est inadmissible.
 
Nous, citoyennes, citoyens de Genève, nous jugeons cela inadmissible.
 
La fermeture des lieux publics, des commerces, des restaurants, des bars, des salles de spectacle, de cinéma, a été édictée pour des raisons sanitaires, pour sauver des vies.
 
Nous exigeons que le Grand Conseil, appuyé par ses députées et députés, applique au sens stricts la politique qu’il dit effectuer et qu’il sauve des vies.

Les sans-abris à Genève sont dans l’extrême nécessité et dans l’extrême urgence. L’Etat de Genève se doit de renforcer les mesures déjà prises par la Ville de Genève ainsi que l’Association des communes réunies, il se doit de faire tout ce qui est en son pouvoir pour sauver des vies et se montrer à la hauteur de la crise exceptionnelle, économique et sanitaire, que nous traversons.
 
Sans quoi, il faillit à sa mission.
 
 pour Genève se construit à la tronçonneuse,
José Lillo

Crédit photo : Leo Baehler