Les salariés pris au piège se défendent : Emmaüs, c'est nous !

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Message à Pascal Lafargue, Président d’Emmaüs Gironde et d’Emmaüs Aquitaine : il n’y a pas de militance associative sans pouvoir légitime. Votre démission est le seul moyen de poursuivre notre engagement.

Les salariés d’Emmaüs Gironde, qui s’opposent à leur conseil d’Administration et à leur Président Pascal Lafargue, ont besoin d’aide. Sans représentants du personnel, ils ne peuvent se défendre face à une gouvernance qui se veut inamovible. L’opacité de fonctionnement a d’ailleurs été dénoncée hier par l’ensemble du mouvement Emmaüs lors de l’Assemblée Générale d'Emmaüs France qui a décidé de l’exclure de la fédération. Il n’a bénéficié d’aucun soutien en sa faveur lors du vote des 190 votants à l’Assemblée Générale d’Emmaüs France.

Pourtant, cette décision d’exclusion ne suffit pas à le démettre de ses fonctions mais nous précipite vers une mort certaine. Les salariés, et les centaines de personnes accueillies et accompagnées chaque jour, se retrouvent donc pris au piège.

Il n’a pas l’intention de démissionner, comme il le confirme dans la presse, prouvant, encore une fois, que ses intérêts personnels passent bien avant l’intérêt de ses salariés et des bénéficiaires.

Nous avons besoin de votre soutien massif.

Jeudi 23 mai, Emmaüs France a voté l'exclusion d'Emmaüs Gironde du Mouvement Emmaüs.

Cette exclusion est consécutive à dix années de gestion opaque du président et du Conseil d'Administration, en contradiction des principes d’adhésion au mouvement : pas de communication des comptes annuels, pas de transmission des procès-verbaux d'Assemblées générales, paiement tardifs ou omis des cotisations, pas d’organigramme connu, pas de connaissance du règlement intérieur...

Et différents éléments nous font craindre que ce ne soit que la partie émergée de l'iceberg

Depuis plus d'un mois les salariés demandent la démission du président et de son CA qui ont délibérément précipité l'association vers une mort certaine.

Les conséquences de cette exclusion sont dramatiques : perte du nom Emmaüs et du logo, donc perte ou complication des conventions liant les dispositifs financés par l’État au nom d’Emmaüs et donc à terme, mise en danger des emplois et des bénéficiaires.

Seul un changement en profondeur de la gouvernance nous permettrait de réintégrer le mouvement.

Mais le choix du président est encore celui de privilégier ses intérêts et de s'accrocher à son titre au mépris des conséquences désastreuses que cela va entraîner pour les 300 employés et les 140 671 solutions d’hébergement.

Cette situation dramatique nécessite une réaction urgente de la Justice, et des pouvoirs publics.

NOTRE SITUATION

Depuis plusieurs mois, l'association Emmaüs Gironde vit une situation de crise sans précédent qui oppose de nombreux salariés au Conseil d’Administration (CA) présidé par Monsieur Pascal Lafargue.

Ce n’est pas une « fronde » sortie de nulle part, mais bien une prise de conscience collective, facilitée par une succession d’événements graves, qui a poussé les salariés à s’exprimer et à se battre pour leurs emplois et pour les accueillis de chaque site de l’association.

Les équipes d’Emmaüs Gironde sont à bout, épuisées par un travail, par nature difficile, aggravé par une gestion catastrophique de l’association.

Les e-mails adressés au président de l'association sont légion, mais aucune réponse ne leur a été fournie.

Beaucoup de salariés sont partis, sentant que les choses ne changeraient jamais. Ce turn-over a rajouté de la complexité des conditions de travail.

Pour contourner un délit d’entrave, en 2016, le Président fait le choix de fusionner les 3 associations existantes, qui depuis leur origine, avaient le même CA et Président (fusion de l’association d’Emmaüs 33 - Urgences Sociales, devenue Emmaüs Gironde, absorbant Emmaüs Développement-ESS et le Pôle Enfance).

Mais là encore, il s’agit d’un écran de fumée puisque les changements que cette fusion devait apporter n’ont pas été mis en place depuis 2016 : pas de représentants du personnel car pas d’harmonisation des conventions collectives, ce qui bloque la mise en place d’un Comité Social et Économique (CSE), pas de cadre légal des astreintes, pas de règlement intérieur, pas de DRH, pas de participation des salariés aux décisions ou orientations prises par le Conseil d'Administration… Pire encore, les Greffes des Associations n’ont enregistré aucun changement depuis 2009 !

Tout est décidé par un seul homme : le Président, Pascal Lafargue, soutenu par un CA pour la plupart déconnecté du terrain. La gestion et la communication de l’association sont verrouillées par le Président, seul maître à bord, avec une gestion du personnel très éloignée du cadre légal, faisant fi de la sécurité et du bien-être élémentaire de ses salariés et encore plus des bénéficiaires.

Nous relevons des infractions à la législation sur le travail : non-respect de la durée légale du travail, embauche d’étrangers sans autorisation de travail, travail de veilleurs de nuit sans agrément ou autorisation pour le travail de nuit.

Nous avons aussi la conviction de l'emploi d'un salarié fictif.

Nous estimons que le principe de gestion désintéressée est remis en cause puisque toute la famille Lafargue gravite autour d'Emmaüs et que des activités satellites dont il est le gérant, s’agrège à Emmaüs et contournent le code des marchés publics (SARL Baltik…).

Pour ce qui ressort de sa compétence, l'inspection du travail a multiplié les contrôles directement sur les sites.

Pour protéger l’association Emmaüs Gironde et les bénéficiaires, les salariés se sont débattus pour répondre aux exigences de cette Inspection : affichages obligatoires, petits travaux d’entretien, embauche de quelques salariés, formation premier secours, création et mise en place des DUERP (Documents Uniques d’Évaluation des Risques Professionnels), réunions d’équipes, entraide et soutien pour les cas difficiles…

Mais toujours pas d’orientation ou de cadre donné par le CA et son Président.

La politique managériale d’Emmaüs Gironde consiste à maintenir les salariés dans un flou total, à cloisonner les services, qui ne se connaissent pas, ce qui limite la communication.

C’est ainsi par la presse que les salariés ont appris la polémique sur la mauvaise gestion des Mineurs Non Accompagnés sur le site de Martillac, puis la probable exclusion d’Emmaüs Gironde du mouvement Emmaüs, par Emmaüs France.

A cette dernière nouvelle, le Président Lafargue s'est contenté de nous répondre oralement : "Emmaüs France ment, nous ne perdrons pas le nom ou le logo".

Les salariés de l’Action Sociale ont alors décidé d’appeler directement Emmaüs France pour savoir ce qu'il en était. Emmaüs France nous le confirme, en cas d'exclusion, il y aura une perte du nom et du logo, qui interviendra à la suite d’un vote au cours de l’Assemblée Générale du 23 mai 2019.

Démunis, seuls, impuissants, épuisés, les salariés décident de sauver leur association et les emplois et bénéficiaires qui y sont associés. Pour cela, une seule solution : si le problème de transparence et de gestion est principalement causé par le CA et son Président, il faut en changer.

Dans ce contexte, des salariés de l’Action Sociale, et de l’Économie Sociale et Solidaire, soutenus par les compagnes, compagnons, et salariés de la Communauté de Parempuyre (Emmaüs Aquitaine et non pas Emmaüs Gironde) – qui dénoncent également les mêmes défaillances financières et de gestion - ont déposé une motion de défiance à l’encontre du CA et du Président le 17 avril 2019 en demandant leur démission, pour l’avenir de l’association et la protection des salariés et des bénéficiaires.

Depuis cette date, le Président et son CA, soutenus par quelques salariés du siège (équipe administrative), et par les deux directeurs (époux dans la vie civile) des autres pôles (enfance et économie sociale et solidaire) mènent une campagne de discrédit et de désinformation auprès des salariés en minimisant l’ampleur et la légitimité de la contestation.

Des mensonges, des menaces, des courriers, des pétitions sont lancés, les soutiens au CA se déplacent sur les sites pour convaincre les salariés de défendre le Président, mentant sur les risques que ferait encourir la démission du CA, opposant les salariés entre eux pour créer une fracture violente et insupportable dans le quotidien de travail. Les salariés s’opposant au CA, et étant aux postes clés ou seuls, ont été arrêtés pour épuisement professionnel. Les rumeurs de licenciement créent la panique pour des salariés qui continuent de faire leur métier chaque jour, malgré leurs conditions de travail. N’ayant pas de représentants du personnel, ou de salariés syndiqués, tous les salariés en désaccord avec le CA risquent de subir les conséquences de cette opposition, et des rétrogradations sauvages ont déjà commencées.

Le dernier courrier du Président du 6 mai 2019 annonce, en réponse à la motion de défiance, que le Pôle Social devra se constituer en association distincte, en lien avec Emmaüs France. Une fois de plus, cette décision unilatérale s’affranchit de tout cadre légal et laisse les salariés dans une grande incertitude… Cette décision n’a, par ailleurs, jamais été portée à la connaissance ni d’Emmaüs France, ni de la Direccte ni auprès des services de l’État (nos financeurs).

Les salariés du Pôle Enfance qui avaient depuis longtemps dénoncé l'absorption de 2016 par Emmaüs Gironde, ont également rejoint le mouvement de contestation en faisant parvenir le 14 mai 2019 une motion de défiance récapitulant l’ensemble des fautes graves de gestion sur leurs sites.

Cette union de salariés, unique dans l’histoire d’Emmaüs Gironde, prouve la gravité de la situation. La démission du vice-président et d'un administrateur, ainsi que le soutien marqué d'Emmaüs France nous encouragent à continuer notre action et à nous battre jusqu'au renouvellement complet de cette gouvernance.

Aujourd’hui, la décision de l’Assemblée Générale du mouvement est prise, nous sommes exclus. Mettons hors de nuire les Présidents qui salissent les engagements du monde social et sacrifient les salariés et les bénéficiaires.



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