Coopération et articulation Protection de l'Enfance et Soins

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Lettre transmise aux responsables du Conseil Départemental du 49 concernant la Protection de l'Enfance par le collège des pédopsychiatres de Maine-et-Loire, légitimement inquiets de la santé psychique des enfants :

"Angers, 06 juillet 2017

A l’attention de :
Monsieur GILLET, Président du Conseil Départemental
Madame CATEL, DGA Développement Social et Solidarités
Monsieur CHARCELLAY, Directeur Enfance Famille
Madame GOURICHON, Chef du service de l’ASE


Madame, Monsieur,

En tant que communauté des pédopsychiatres de service publique et exerçant en
établissement médico-social du Maine et Loire, nous souhaitons solliciter votre attention à propos de l’articulation entre protection et soins psychiques apportés aux enfants de notre département. Cette question est, comme vous le savez, particulièrement sensible aujourd’hui du fait des différentes contraintes que nous connaissons au sein de nos institutions respectives.


Concernant celle de l’ASE et des MECS, elle induit aujourd’hui, par sa soudaineté
autant que par son contenu, une nette dégradation des prises en charge et des parcours dont les enfants paient actuellement le lourd tribut, problème auquel s’associe la souffrance des professionnels de terrain.


La pédopsychiatrie, quant à elle, est aussi critiquée que sollicitée, et tout un chacun se permet de donner son avis sur les soins nécessaires aux enfants. Nous ne pouvons répondre à toutes les demandes des patients, familles, partenaires, aussi rapidement qu’ils le souhaiteraient, ce qui crée de nombreuses insatisfactions.


Ainsi les contraintes de nos deux champs risquent de créer des tensions majeures si elles ne sont pas accompagnées d’échanges de part et d’autre. Or ces tensions se répercuteront directement sur les enfants que nous suivons en commun, à savoir les plus vulnérables.


Nos missions sont en effet souvent complémentaires et interdépendantes, bien que
différentes : pour certains enfants, le soin ne peut les soutenir que s’ils sont protégés dans leur quotidien. De même, la protection n’est parfois possible qu’avec la coopération d’une équipe soignante.


Respecter la place de l’autre nécessite un travail d’explication dans les deux sens, afin d’avoir une meilleure représentation des missions et responsabilités de chacun. D’autant que dans nos champs professionnels, le sentiment d’impuissance est fréquent, et amène facilement à la tentation de projeter la « faute » sur l’autre.

C’est la raison pour laquelle il apparaît essentiel que nos coopérations mutuelles soient renforcées à la fois sur le plan politique et sur le plan fonctionnel au quotidien afin de porter ensemble des projets cohérents pour chaque enfant.

Nous soutenons, avec l’ensemble des collègues avec lesquels nous avons échangé, qu’autour de chaque enfant placé en situation de vulnérabilité repérée comme majeure par les différents acteurs, soit créée une instance réunissant les acteurs de terrain ainsi que les principaux garants de la protection du jeune (référent ASE, inspecteur ASE) selon un rythme qui reste à définir, afin d’échanger sur les éléments essentiels concernant le parcours de l’enfant, et de prendre des décisions cohérentes.


Nous soutenons également que soit clairement établi entre nous que toute admission, de même que toute sortie d’hospitalisation, se font sur indication
pédopsychiatrique. Un enfant confié à l’ASE ne devra en aucun cas voir son hospitalisation prolongée en dehors d’une indication pédopsychiatrique faute d’une solution d’accueil ASE.


De leur côté les soignants s’engagent, dans ces conditions, à toujours être en mesure de répondre à une urgence ou aux questions à partager sur les temps de rencontre évoqués plus haut. Cette réponse sera adaptée aux besoins de l’enfant, à ce moment-là de son parcours, suivant l’analyse clinique et l’indication portée par le pédopsychiatre, dont l’hospitalisation à temps plein est une possibilité non systématique.


Nous souhaitons également davantage de coopération entre nos deux champs sur le plan institutionnel.

Voilà, en quelques lignes, nos propositions en matière de collaboration entre
protection et soins aux enfants les plus vulnérables et à leurs familles.


Vous remerciant de l’attention que vous aurez bien voulu porter à ce texte, soyez
assurés, Madame, Monsieur, de nos sentiments cordiaux.

Collège des psychiatres et pédopsychiatres du Maine-et-Loire "



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