Climat : l'Europe doit imposer des pratiques respectueuses aux multinationales

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Face à l'urgence climatique, passer à l'action devient une nécessité absolue. Néanmoins, refusant de se confronter à ces enjeux, les multinationales continuent à faire passer leurs profits avant la survie des générations futures. Nous, citoyens, exigeons de l'Europe qu'elle mette en place des mesures imposant aux grandes entreprises des pratiques respectueuses de l'environnement et de l'humain. Plastique à usage unique, obsolescence programmée, fiscalité, énergies fossiles... Les grands groupes doivent se voir imposer des règles strictes au plus vite.


Agir maintenant : c’est l’injonction de l’étude spéciale du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) rendue publique en octobre. Pourtant, l’Europe ne semble pas pressée de passer à l’action. Pas un seul État membre de l’UE ne figure ainsi parmi les 16 pays sur 197 qui ont pris les mesures politiques appropriées promises dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat (1).

Alors que le rapport Planète vivante du WWF et de la Société zoologique de Londres vient d’annoncer que la terre a vu ses populations de vertébrés sauvages décliner de 60 % en 44 ans, et que la sixième extinction massive a d'ores et déjà commencé, il semblerait que nous n'ayons plus le temps d'attendre que l'Union Européenne sorte du déni, et passe enfin à l'action. D'autant que les objectifs de l'accord de Paris reposent sur l'hypothèse que le taux de CO2 dans l'atmosphère et les températures vont évoluer au même rythme. Or le permafrost, qui couvre environ 25% des terres de l'hémisphère nord, emprisonne des quantités de méthane et de CO2 correspondant à environ 15 années d'émissions humaines. Et avec des températures moyennes supérieures de 1°C par rapport à l'ère préindustrielle, il a déjà commencé à fondre...

Conscientes des enjeux, mais imperturbables dans leur recherche du profit maximal, les grands groupes continuent à refuser toute forme de régulation contraignante dans le domaine climatique (2). Face à une urgence climatique sans précédent pour la survie des générations futures, nous vivons un déni sociétal phénoménal : dans un contexte où la sobriété devrait être fortement encouragée, les multinationales, insuffisamment pénalisées par l'Europe, prônent une surconsommation aberrante, au détriment de la raréfaction des matières premières, de la préservation de l'environnement, et du respect des droits humains.

Parce que nous, citoyens, refusons de porter plus longtemps ce déni sociétal, et parce qu'il nous faut changer de paradigme au plus vite, 
nous exhortons nos dirigeants à prendre leurs responsabilités, non pas en annonçant de nouvelles promesses sur les 20 prochaines années, mais en imposant aux multinationales de prendre en compte les enjeux qui sont les nôtres, dès aujourd'hui, grâce à des mesures simples et efficaces.

En septembre dernier, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres encourageait la société civile à réclamer « des comptes » aux dirigeants de la planète, rappelant que le monde a deux ans pour agir contre le changement climatique, faute de quoi il affrontera des "conséquences désastreuses ».

Nous, citoyens, répondons à cet appel. Nous exigeons de l'Union Européenne qu'elle prenne immédiatement des mesures pour s'engager fermement contre les pratiques irrespectueuses des multinationales empêchant un changement décisif de paradigme :

1/ Halte au plastique à usage unique
- Sanctionner les entreprises productrices de plastique à usage unique
- Encourager et accompagner les entreprises dans la mise en place de circuits de consigne réutilisable
- Inciter et soutenir la vente en vrac, et imposer aux entreprises un pourcentage maximal de poids d'emballage plastique sur les produits vendus

2/ Halte à l'obsolescence programmée
- Imposer aux fabricants une durée minimale, adaptée aux objets, de disponibilité des pièces détachées à des prix raisonnables
- Mettre en place un fonds dédié à la réparation pourrait constituer la première étape de l’affirmation d’un droit à la réparation pour les citoyens.
- Limiter les abus de position dominante de certains fabricants, et interdire les pratiques qui complexifient la réparation par les usagers et les réparateurs indépendants

3/ Halte à un système fiscal injuste
- Sanctionner fortement, et proportionnellement à leurs bénéfices réels, les entreprises pratiquant l'évasion fiscale
- Obliger les entreprises à payer leur juste part d'impôts
- Interdire la spéculation financière à outrance

4/ Halte au soutien des énergies fossiles
- Interdire aux entreprises européennes de soutenir ou de participer à des projets à impact climatique, environnemental et social négatif
- Interdire les lobbies prônant le développement ou l'utilisation des énergies fossiles
- Obliger les entreprises à mettre en place un plan de transition énergétique réaliste et ambitieux avec obligation de publication de résultats

 

(1) Source : étude du think tank américain World Ressources Institute et de deux centres de recherche britanniques (le Grantham Research Institute et le Center for Climate Change Economics and Policy). Suite à la COP21, les Etats s'étaient engagés à limiter le réchauffement climatique à 2 degrés Celsius par rapport à 1880 d'ici à 2100. Le rapport indique que 58 pays ont voté des lois et pris des mesures nationales pour réduire leurs émissions de CO2 d'ici 2030, mais que seulement 16 pays sur 197 ont pris des mesures correspondant à ce qu'ils avaient promis. Pas un seul État membre de l’UE ne figure parmi ces 16 pays. L'Union Européenne, qui avait d'abord fixé des objectifs pour les 28 États membres, s'est par la suite donné un objectif général, sans préciser les ambitions de chaque État membre... et 7 pays de l'UE n'ont aucun objectif national.

(2): Un document interne révélé par Greenpeace montre comment BusinessEurope, actuellement présidé par Pierre Gattaz, ancien patron du Medef, entend faire capoter le projet d’introduire des objectifs climatiques plus ambitieux au niveau de l’Union européenne à l’horizon 2030.



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