Pour l'organisation d'une AG représentative et décisionnaire de l'UFR SDL Paris 8

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Cher.e.s étudiant.e.s, enseignant.e.s et membres du personnel et de la direction de l’UFR SDL (Sciences du Langage) de Paris 8, 


Depuis début Février, nous avons été des milliers à manifester contre les réformes de l’enseignement (plan étudiants, réforme du lycée et du bac). Ainsi, nous sommes les premiers concernés par ces réformes ayant pour conséquence l’accroissement des inégalités de traitement et de réussite, et l’exclusion de milliers d’entre nous des études supérieures.

A Paris 8, depuis 3 semaines, l’Université est occupée par des étudiant.e.s, enseignant.e.s et membres des différents services administratifs dans le but de protester contre cette réforme et dans l’espoir de faire réagir en nombre croissant l’ensemble des personnes concernées. Ceci dans la volonté de faire obstacle à l’application de la loi ORE et de faire entendre notre voix jusqu'au Gouvernement.

Que l’on soit pour ou que l’on soit contre, cela demande une véritable réflexion de chacun.e sur ces questions. Nous pensons qu’il est plus important d’en débattre ensemble dans une AG (Assemblée générale) de notre UFR regroupant les étudiant.e.s, les enseignant.e.s et l’équipe administrative, que d’accepter silencieusement les décisions prises pour nous. Nous avons, du fait que cette réforme nous concerne et nous cible directement, le droit et même le devoir d’une réflexion critique et collective.


Qu'est-ce que cette réforme exactement ?

Ce projet de loi a été lancé suite aux problèmes rencontrés, notamment avec APB lors des répartitions des vœux. Mais aussi à cause d'un taux d'échec très élevé dans le premier cycle des études universitaires (1). Le projet a pour but d'aider les étudiants à faire face aux difficultés qu'ils rencontrent dans l'enseignement supérieur. Ainsi, il viserait la modification des modalités d’entrée dans l'enseignement supérieur, de la couverture de l'assurance maladie et veut améliorer les conditions de vie des étudiants (2). Mais dans le détail de la loi, ce n’est pas aussi simple. Idéalement, il faudrait surtout créer de nouveaux postes, obtenir plus de budget pour réduire le nombre d’étudiants par enseignant et mettre en place des cours de soutien (et également de révision).

D'après la loi : “le Gouvernement a souhaité engager une action globale afin de mieux accompagner les étudiants, d’améliorer leurs conditions de vie et d’études et de favoriser leur réussite dans les filières d’enseignement supérieur qu’ils ont choisies” (3).
Cependant, par l’intermédiaire du “oui si”, on dit aux futur.e.s étudiant.e.s qu’à la fac désormais, on pourra les placer sur une liste d’attente ou les accepter à condition qu’ils se remettent à niveau. En théorie, les établissements devraient proposer des remises à niveau sérieuses, or faute de moyens, soit elles proposeront des formations médiocres par internet, ou carrément n’en proposeront pas. Alors l’absence de formation prédominera, en raison du manque de moyens financiers, logistiques et de personnel pour certains UFR. Ce qui pourrait être un progrès ne sera plus qu’un leurre pour dissimuler que de plus en plus, il y aura de la sélection à l’entrée des études supérieures.

“Le Gouvernement entend également agir pour que les étudiants rencontrent le succès dans leurs études et que celles-ci débouchent sur une insertion professionnelle rapide et de qualité” (4).

L'argent est de plus en plus présent dans le système scolaire. On voit se multiplier les services payants proposés aux parents à qui on fait croire que la réussite scolaire demande une véritable stratégie. Dans ce contexte, le nouveau système Parcoursup que la loi ORE introduit ne rassure pas et donne encore plus d’importance à l'argent pour la réussite scolaire.

L’article 1 de la loi se résume ainsi :
La sélection s’appuiera sur les notes de l’étudiant, une lettre de motivation, un CV, et une fiche “avenir”, accompagnés d’une mise en place d’attendus spécifiques selon les filières choisies (5). Dans le cas où les demandes seraient trop importantes par rapport au nombre de places disponibles (trop de dossiers à trier, manque de temps et de personnel sur une courte période) la plateforme Parcoursup s’accompagne d’un outil informatique reposant sur un algorithme qui n’analyse que les chiffres donc uniquement les notes et pas le projet de l’étudiant (6).

En outre, la sélection ne concerne pas uniquement les lycéen.e.s, elle concerne également les étudiant.e.s de Licence voulant postuler en Master, mais aussi les personnes qui souhaiteraient se réorienter (en général quand on se réoriente c’est qu’on a raté son année donc les notes sont basses et réduisent les chances d’être sélectionné.e.s dans la filière voulue).

De plus, Laura Taillandier rapporte dans son article (7) que la réforme cherche à supprimer le système de compensation des UE ainsi que les rattrapages. Jusqu’à présent, “le système de compensation permettait de réussir ses études sans être pénalisé·e par des accidents (on peut être malade le jour du partiel, ne pas avoir compris le sujet alors qu’on maîtrise normalement la matière ; de même, il arrive qu’un semestre ne soit pas bien réussi pour diverses raisons). Il est étonnant que, pour une réforme censée améliorer la réussite, on prenne une mesure qui ne fera qu’augmenter l’échec, notamment des étudiant·e·s précaires.”

Selon l’article 2, la réforme donne un accès prioritaire aux meilleur.e.s bachelier.ère.s et aux personnes résidant dans l’académie dans laquelle l’Université qu’ils visent est située.

L’article 3 expose la mise en place du nouveau régime de sécurité sociale, la suppression de la mutuelle étudiante qui est basculé sur le régime général (conséquence : augmentation des frais de mutuelle a priori pas pris en compte par les organismes de bourses : attention, aucune info trouvée sur ce sujet).

Dans le résumé de l’article 4, il est précisé qu’une contribution participant “aux améliorations d’accès et d’accueil dans l’enseignement supérieur en améliorant l’accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif des étudiants” sera demandée aux étudiants. N’est ce pas à l’Etat de faire cette contribution ? Est-ce une cotisation qui tait son nom, que l’on rajoute sur le dos des étudiants ?

Une contribution destinée à favoriser l’accompagnement social, sanitaire, culturel et sportif des étudiants, mais qui vise aussi à aider les actions de prévention et d’éducation à la santé réalisées dans les lycées et établissements publics d’enseignement supérieur, sera demandée à chaque nouvel étudiant lors de leur inscription administrative. Cette contribution sera répartie de 60 à 150 euros en fonction des cycles d’enseignement. Les élèves boursiers n’auront pas à la payer, mais elle s’ajoutera au paiement mensuel d’une mutuelle générale (qui remplace la mutuelle étudiante, moins chère que la générale). Nous ne remettons pas en question l’utilité et l’importance de cette contribution, mais le fait qu’elle va augmenter les frais d’inscriptions.

De plus, la loi dit qu’en fonction des universités, le reversement des contributions sera fait selon des pourcentages différents et selon la catégorie des établissements. Quels établissements seront finalement favorisés ? Sommes nous certain.e.s que l’avantage reviendra aux établissements dans le besoin ? Cette décision revient au recteur de l’académie.

La mise en place de la contribution entre en vigueur le 1er juillet 2018.

L’article 5 quant à lui donne la possibilité de faire une année de césure en accord avec l’établissement sur la base d’un projet étudiant et sur la restitution d’un compte rendu de l’expérience vécue.

 

Suite à l’appel de l’Assemblée Générale de Paris 8 du 6 Avril à organiser des AG d’UFR, plusieurs étudiant.e.s de l’UFR SDL ont pris l’initiative d’en organiser une. Malheureusement, ils.elles ont été confronté.e. à un refus catégorique de la part de l’équipe pédagogique qui n’a pas montré d’intérêt à dialoguer d’égal à égal avec les étudiant.e.s et qui a considéré que l’AG n’avait aucune légitimité à prendre des décisions collectives. Ceci a particulièrement choqué de nombreux étudiant.e.s, qui se sentent déjà peu écouté.e.s en tant qu’adultes autonomes. Au lieu d’être les participant.e.s actif.ve.s d’une mobilisation commune pour obtenir un changement réel de politique de l’éducation, pour réclamer des fonds décents pour l’éducation supérieure, et obtenir enfin de bonnes conditions d’étude et de recherche, les enseignant.e.s semblent mûs par une volonté d’étouffer toute tentative de la part des étudiant.e.s de faire entendre leur voix.

Pourtant, de nombreuses autres UFR ont choisi une voie bien différente. Certain.e.s directeur.ice.s d’UFR ou enseignant.e.s ont organisé d’eux-même des AG appelant enseignant.e.s, étudiant.e.s, et ensemble du personnel de leur UFR à se rassembler pour discuter de la mobilisation et voter, pour certaines, la banalisation, la validation améliorable voire la grève.

L’AG de l’UFR de SDL a donc eu lieu en l’absence de la quasi-totalité du corps enseignant : pour 65 étudiant.e.s présent.e.s, seuls quatre enseignant.e.s avaient fait le déplacement. Nous voyons cela comme un moyen de remettre en cause la légitimité du mouvement qui s’opère et surtout du fait que chaque étudiant.e puisse décider d’y participer librement.

L’Assemblée s’est proclamée seule légitime, au contraire du Conseil d’UFR. Nous partons du principe qu’une AG ouverte à tous les membres de l’UFR est plus légitime à prendre les décisions qui les concernent, qu’une réunion  ne rassemblant uniquement l’équipe pédagogique, ou des instances qui ne permettent pas la participation équitable et informée de l’ensemble des étudiant.e.s. De plus, nous mettons en évidence le fait que les problèmes abordés lors de ces Conseils, concernant les conditions d’étude et d’enseignement n’ont jamais été solutionnés et qu’aucun compte-rendu n’a été diffusé.

Nous rejoignons le Syndicat Solidaires étudiant-e-s lorsqu’il revendique “qu'à partir du moment où les étudiant-e-s décident d'autogérer l'Université en se réunissant en Assemblée Générale souveraine, ce sont lesdites Assemblées Générales qui incarnent la communauté étudiante. Dans une telle configuration, nous revendiquons que le pouvoir des conseils centraux est de fait caduque, et que leur représentativité est nulle” (8).

L’Assemblée a exigé le retrait de la loi ORE sans concession.

L’Assemblée a refusé le décalage du calendrier universitaire jugé inacceptable, dans la mesure où il entraînerait nécessairement un traitement inégalitaire des étudiant.e.s, notamment à l’encontre des nombreux étudiant.e.s travailleur.se.s et/ou étranger.ère.s.

L’Assemblée a exigé un 12/20 améliorable pour tous les étudiant.e.s, avec conditions : cours alternatifs co-organisés à présence obligatoire ou DM à rendre, portant uniquement sur les cours antérieurs au blocus. Cette note automatiquement attribuée permettrait aux étudiant.e.s de continuer à se mobiliser. Une dispense, sur remise d’un justificatif, pourra être accordée aux étudiant.e.s qui seraient dans l’incapacité de s’adapter aux nouvelles modalités d’examens. Cette validation automatique est notamment demandée car elle est un message politique invitant l’ensemble des membres de l’UFR SDL à prendre le temps de réflexion et d’action pour ou contre le combat mené. Aussi, en raison du chamboulement du semestre et du fait que le blocus et la mobilisation dureront très probablement, il est injuste de pénaliser l’ensemble des étudiant.e.s. Il est aussi hors de propos de souhaiter les évaluer de façon juste sur la base d’un semestre aussi incomplet que celui que nous venons de vivre (tout en sachant que le report des cours est inenvisageable : voir point voté par l’Assemblée ci-dessus).

L’Assemblée revendique la nécessité d’une salle réservée au tutorat et la fin des inégalités de traitement entre les UFR.

L’Assemblée a exigé la participation légitime d’un.e représentant.e étudiant.e.s par niveau au Conseil d’UFR du lundi 16 Avril 2018 car les étudiant.e.s estiment ne pas être suffisamment représenté.e.s lors des prises de décisions qui sont faites pour e.lles.ux.

Il a enfin été rappelé lors de cette Assemblée que nous sommes tou.te.s dans une volonté commune de nous battre afin d’améliorer les conditions dans lesquelles nous étudions (manque de salle, de personnel, de chauffage en hiver, d’aide des professeurs, etc… évoqué en Conseil de perfectionnement). Mais également que nous ne comprenons pas pourquoi le dialogue et la transmission des outils pour comprendre la situation actuelle nous sont refusés, alors qu’un enseignant a un devoir d’acte civique envers ses étudiant.e.s, et c’est ce qu’ils ont toujours fait jusqu’à présent en nous sensibilisant notamment aux discriminations vécues par les Sourd.e.s au cours de leur histoire. En outre, nous appuyons sur le fait que les textes de loi et les articles de presses qui en parlent sont écrit dans un niveau de français qui n’est pas accessible à l’ensemble des étudiant.e.s.

 

Ainsi, au delà du combat que doit mener l’UFR SDL de Paris 8 pour faire en sorte d’obtenir les moyens qui amélioreront nos conditions d’études et d’enseignement, il est également utile de rappeler que d’autres luttes importantes se mènent et que nous leur apportons notre soutien :
- le soutien aux Exilé.e.s de Paris 8 mis en parallèle avec le combat contre la loi asile/immigration,
- le soutien aux Universités face aux interventions des CRS et groupes fascistes,
- le soutien aux cheminots face à la réforme de la SNCF,
- le soutien aux magistrats et avocats face à la réforme de la justice,
- le soutien aux habitants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes,
- le soutien à l’ensemble du personnel hospitalier face au manque de moyens dans les hôpitaux,
- le soutien aux journalistes et médias,
- le soutien aux étudiants étrangers pour leur droit d’étudier dans de bonnes conditions ainsi qu’à leur combat pour l’obtention des papiers leur permettant de rester sur le territoire français durant leurs études,
- etc…

Il nous paraît donc indispensable de rappeler que cette lutte est un combat commun pour l’égalité, le droit de tou.te.s, et pour la préservation des droits fondamentaux.

Enfin, le blocus, la banalisation des cours et la validation du semestre sont nécessaires car “[...] toute production écrite, tout manifeste, toute réclamation nécessite du temps, de l’investissement, un lieu pour écrire et réfléchir. Ainsi, bloquer c’est avant tout une manière de s’octroyer la liberté de produire ce que nous n’aurions pas la possibilité d’écrire autrement. En somme, la production écrite n’est possible qu’à condition que la fac soit bloquée, et donc ouverte à ce travail de fond(9)".

Il est important qu'on se soutienne et il est dans l'intérêt de tou.te.s de signer et de montrer notre détermination à être entendu.e.s par le corps enseignant/direction afin d’ouvrir le dialogue.

Pour l’instant, la seule proposition de l’équipe pédagogique pour trouver une solution à la perturbation des cours et des examens est une réunion à laquelle les étudiant.e.s ne peuvent espérer participer. Nous ne pouvons nous contenter d’une réunion qui ne nous représente pas, en contradiction avec la demande expressément formulée par l’AG du 12 Avril exigeant la présence de représentant.e.s étudiant.e.s pour chaque niveau.

Si la sélection se base sur le mérite des étudiant.e.s qui auront eu les meilleurs résultats, alors il est tout à fait contradictoire de l’accepter si les conditions d’études ne sont pas réunies, car si les conditions ne sont pas réunies alors il est impossible pour un élève en difficulté d’avoir les moyens de réussir.

Nous appelons donc tou.te.s les étudiant.e.s, enseignant.e.s et ensemble des membres du personnel de l’UFR SDL qui seraient en accord avec ce qui a été explicité précédemment, à signer cette pétition qui a pour objectif de communiquer, informer, rassembler, les étudiant.e.s et le personnel de l’UFR SDL de Paris 8. Nous y indiquons notre vision de la situation et invitons chacun à se faire son avis personnel.

Elle a surtout pour objectif de rassembler un nombre de signature qui soit représentative d’une volonté commune d'organiser une nouvelle assemblée générale regroupant les étudiant.e.s, les enseignant.e.s et le personnel administratif.

Nous invitons tou.te.s les concerné.e.s à suivre cette direction en signant la déclaration suivante :

Nous demandons en signant cette pétition l’adoption des décisions prises lors de la dernière AG d’UFR SDL figurants dans son compte-rendu, ainsi que le rassemblement prochain d’une Assemblée Générale représentative de L’UFR SDL de Paris 8, ouverte à tous ses membres enseignant.e.s, étudiant.e.s et personnel d’administration.

 

Commission de communication et mobilisation de l’UFR SDL Paris 8



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