Petition update

Victoire déclarée dans l'affaire Chevelu !

Christopher BIANCONI
France

Sep 18, 2017 — Bonjour à tous.

Le procès est passé et la justice a été rendue, j’ai donc décidé de clore cette pétition. Le coupable du crime que nous dénoncions a été arrêté et il dort aujourd’hui en prison. C’était notre objectif initial et cet objectif a été atteint, la victoire est claire : c’est une petite victoire si l’on tient compte de la peine prononcée (six mois de prison ferme) mais c’est une très grande victoire lorsqu’on se souvient de notre point de départ et du contexte d’habitude très laxiste de la justice française sur le sujet de la souffrance animale ; ce qui n’aura pas été le cas ici, il me faut donc le souligner et l’encourager. Un bémol toutefois : la haine déversée sur les réseaux sociaux et contre laquelle je me suis positionné, au vu de comptes-rendus que j’ai pu lire du procès, a été contreproductive. Si la peine n’est « que » de six mois, c’est en partie aussi à cause de cette raison. Sans cela, peut-être qu'elle aurait été plus lourde au vu du passif du criminel.

J’ose toutefois penser que c’est votre immense soutien à vous (plus de 265 000 personnes) qui a permis à cette affaire d’être prise au sérieux par nos institutions. Sans ça, dès le premier jour, je ne serais resté qu’une voix qui s’époumone dans le néant, et les choses n’auraient jamais pris une telle ampleur, j’en reste intimement persuadé. Vous vous êtes indignés en nombre, c’est le nombre qui aura pesé dans la balance de la justice et donné une aussi grande visibilité à ce crime sordide. Je tiens donc à vous remercier tous, chacun des signataires de Change.org, pour ce soutien sans faille durant ces trois longs mois et demi qui auront permis d’aboutir à cette conclusion satisfaisante.

Durant l’enquête, j’ai essayé de vous tenir informé de la manière la plus rigoureuse possible, malgré les « rebondissements » dont les faits de départ décrits dans les médias qui ne correspondaient pas aux faits réels. Je tiens à ce sujet une nouvelle fois à saluer le travail de la police nationale de Draguignan et l’enquêteur avec qui j’ai pu être en contact, car c’est eux, malgré les fausses pistes lancées par les coupables, qui sont parvenus à mener cette enquête à terme.

Hélas, à n’en pas douter, des affaires de ce genre, il y en a et il y en aura d’autres, la source de la cruauté humaine n’est, hélas, pas prête de se tarir… D’autres citoyens, plus vaillants que moi, arriveront surement un jour à atteindre le (trop) grand but que je rêvais d’atteindre avec cette pétition : faire évoluer la loi sur ce sujet. De mon côté, mes demandes de rendez-vous pour remettre la pétition n’ont pas reçu de réponse je me permets de le souligner. Nous pouvons toutefois espérer que l’affaire Chevelu serve d’exemple dans le futur et qu’enfin le débat sur la souffrance animale prenne plus une plus grande importance dans notre pays. Un jour viendra où nos institutions, poussés par le peuple, finiront par considérer l’idée d’une meilleure justice pour les animaux.

Ce long combat pour rendre justice à Chevelu, nous l’avons mené ensemble et je vous en remercie du fond du cœur. Je voudrais remercier également la charmante et compétente Aminata Dembélé de Change.org avec qui j’ai entretenu d’excellents échanges constructifs durant toute la durée de l’affaire.

Pour ce qui est de l’affaire Chevelu, je vous ai tout dis : justice a été rendue ; la victoire est déclarée. Vous pouvez donc arrêter ici la lecture si vous le souhaitez. Avant de vous quitter toutefois, au vu des choses fausses que j’ai pu lire à mon sujet sur certains réseaux sociaux, je tenais dans ce dernier message à rectifier ça pour ceux qui veulent mieux me connaitre, en me présentant un peu plus personnellement à vous.

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Durant ces trois mois consacrés à l’affaire Chevelu, j’ai pu vivre une expérience intime intense, parfois bouleversante, souvent éreintante. Sur la page facebook que je vais archiver conjointement à la pétition, j’ai dû gérer des choses littéralement « extraordinaires » dans le bon comme dans le mauvais sens et j’ai toujours essayé de relativiser avec plus ou moins de succès selon les moments. J’ai pu faire des erreurs parfois mais jamais je n’ai transigé avec ce que j’estime être la vérité et la justice.

Je ne pourrais pas cacher que gérer plusieurs milliers de personnes légitimement en colère sur Facebook n’a cependant pas été une mince affaire. Au milieu des bienveillants messages de soutien, les plus nombreux, j’ai dû supprimer moult appels à la haine, appels au lynchage, recevoir quelques insultes, de vagues menaces, mais aussi des messages de gens qui me proposaient de faire un don (propositions auxquels je n’ai jamais répondu positivement). Par contre j’en ai vu passer quelque uns et quelque unes, sur les réseaux au fil des mois, des appels aux dons et des cagnottes. Ce désintéressement de ma part accouplé à mon côté « loup solitaire » ne m’a pas provoqué que des amitiés. Tout comme le fait d’avoir été le premier informé par une source policière de la résolution de l’enquête et l’avoir communiqué sur facebook m’a valu de lourdes critiques (pour être gentil) de la part de membres de la protection animale, gênés de ma position centrale bien que non militante.

Certains m’ont reproché de ne pas me ranger derrière eux, de soi-disant me mettre en avant alors que tout au long de cette affaire les seules images que l’on a pu voir de moi, ce sont celles de la vidéo de parue sur Change tournées par mon meilleur ami François lors de la manifestation et qui ne vient d’aucun média. Je n’ai jamais cherché la lumière dans cette histoire, je sais que la majorité d’entre vous en est conscient, mais je n’aurais plus l’occasion une fois ma page fermée de répondre à d’éventuelles attaques ; je me vois donc obligé de le faire aujourd’hui en donnant un bref aperçu de mon parcours pour mieux me situer.

A la décharge de mes détracteurs, il est vrai que mon parcours n’a rien d’académique. Je me souviens avoir répondu « écrivain » à mon entrée en sixième au professeur qui m’interrogeait sur ce que je voulais faire comme métier. Je me souviens que le professeur m’avait répondu que c’était noble mais que des écrivains il y en avait peu, et peu qui réussissaient. Il avait raison. Je n’ai pas (encore) réussi ; mais ce qui est bien avec la littérature c’est qu’il n’y a pas de limite d’âge… A l’adolescence, c’est la musique que je rencontrai et je me passionnais pour elle. Avec des amis, je montai un groupe de rock et publiai un disque auto-produit en 2009 après des années de travail et d’effort. Suite à l’échec commercial du disque et devant les salles de concerts vides dans lesquelles nous jouions, le groupe, l’âge adulte bien entamé s’est séparé, et j’ai ensuite terminé mes études. Je suis sorti tardivement de la fac de lettres d’Aix-en-Provence en 2014 avec un master de recherche en littérature française pour lequel j’ai réalisé des mémoires sur deux grands écrivains contemporains : Louis Calaferte et Marc-Edouard Nabe. Lors de mon dernier oral, mon directeur de recherche m’a demandé si je comptais poursuivre en doctorat. Je lui ai répondu que je comptais écrire un roman. Il m’a répondu « c’est bien mais… ce n’est pas ça qui va vous faire manger ». Lui aussi il avait raison.

Après l’obtention de mon diplôme, je suis revenu habiter Draguignan, la ville d’où je viens, et m’y suis isolé pour y écrire mon premier roman ; j’y ai beaucoup travaillé (500 pages de notes) avant de me décourager momentanément. Ayant décidé de faire une longue pause, je me suis remis à la musique avec mon meilleur ami musicien et avons décidé de tout faire nous-même sans l’aide de personne, enregistrer les chansons, faire les clips etc… en revendiquant notre peu de moyens et notre indépendance. Pour ceux qui veulent me connaitre un peu mieux et avoir un aperçu de mon travail, vous pouvez cliquer sur ces liens :

Ma dernière chanson publiée « Gratuit » : https://www.youtube.com/watch?v=v858-7uH7CE
Le lien du projet musical : https://www.youtube.com/channel/UC5w4se2s2KnFQgHTvQmflIQ

Voilà pourquoi je ne suis pas un militant type de la cause animale. Voilà pourquoi certains se sont mépris sur mes intentions. J’ai mis ma compétence au service de cette cause sans en tirer aucun bénéfice et sans n’évoquer rien de qui j’étais jusque-là, mais certains n’acceptent pas que la réalité d’une personne puisse ne pas correspondre à ce qu’ils en imaginaient, à ce qu’ils en désiraient. Pourtant les choses ne s’annulent pas. Ce n’est pas parce que je ne rentre pas dans le cadre du citoyen acceptable selon les critères sociaux normatifs de certains que ce que nous avons accompli ensemble n’est pas réel.

Ce n’est de toute façon pas qui j’étais, qui je suis qui est important ; ça n’a joué en rien dans le destin de cette pétition ; ce qui a joué, c’est mon discours que je suis arrivé à rendre visible uniquement grâce à votre soutien. Quand la pétition a pris cette ampleur inattendue, je savais que pour être efficace, il fallait que je m’efface derrière le message que nous avions à faire passer. J’ai fait tout ça bénévolement sans jamais en espérer en retirer un quelconque intérêt autre que la condamnation du coupable. Ce que j’ai fait, je l’ai fait dans l’espoir d’être utile, et j’espère l’avoir été par mes prises de position.

Le matin où j’ai découvert le calvaire de Chevelu, je me rappelle juste avoir été fou de chagrin et désemparé, c’est pour cela que j’ai réagi sans même réfléchir. Je n’ai réfléchi qu’après coup. C’est aussi pour cette raison que je ne compte pas m’inscrire dans un militantisme cadré dans le futur. Je n’ai aucune compétence dans la protection animale autre que mon écriture et mes convictions. J’en profite d’ailleurs, puisque ça a été matière à débat, pour dire que je ne fais pas des désagréments que j’ai pu avoir avec quelques individus une règle générale ; j’en profite donc pour transmettre mon profond respect aux militants de la protection animale en général qui font un travail que je serais incapable de faire et la plus grande majorité d’entre eux le font très bien et pour les bonnes raisons, je n’en ai jamais douté. Pour conclure, je ne suis, comme chacun d’entre vous, qu’un simple amoureux des animaux et je continuerai de les aimer et de les aider à ma manière dès que j’en aurais la possibilité.

Que la paix soit avec vous.

Christopher Bianconi.

PS : ci-joint une photo de mon chat Moussaillon Coton avec son badge « Justice pour Chevelu » (fabriqué et offert par Delphine Noguès que je remercie également)


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