A l’attention de Monsieur Stéphane LE FOLL, Ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt

Monsieur le Ministre,

J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur les conditions de détention des crustacés destinés à l’alimentation humaine.
En effet, les crustacés et coquillages sont les seuls animaux destinés à l’alimentation humaine à être vendus systématiquement vivants. Or, on sait aujourd’hui, grâce à l’étude de Robert Elwood et Barry Magee chercheurs à l'Université de Belfast et auteurs de "Shock avoidance by discrimination learning in the shore crab (Carcinus maenas) is consistent with a key criterion for pain" parue en 2012, que les crustacés ressentent la douleur et sont capables de s’en souvenir.
Pourtant, la règlementation actuelle concernant les animaux destinés à l’alimentation humaine ne protège que les mammifères et les oiseaux d’élevages. Les crustacés ne disposent d’aucune protection règlementaire alors même qu’en 2012, 14996 tonnes de crustacés frais ont été achetées (1).

En tant qu’animaux marins, ils respirent à l’aide de branchies, organes très performants pour prélever l’oxygène présent dans l’eau mais incapables de prélever l’oxygène présent dans l’air. De fait, les crustacés déposés à même la glace des étals de poissonneries sont victimes d’une lente agonie par asphyxie. De plus, le maintien hors eau empêche l’élimination et permet la production de toxines (acide lactique, ammoniac) qui accroît encore plus le mal-être animal et représente un risque pour la santé humaine.
Ceux placés en viviers dans les entreprises de mareyage comme celles de la distribution (grande et petite) sont le plus souvent dans des conditions de surpopulation avec une surcharge du milieu parfois extrême pouvant allée jusqu’à 250kg d’animaux par mètre cube (2).
Par ailleurs, quel que soit les conditions de stockage, ils ne sont jamais nourris. Or, vous en conviendrez Monsieur le Ministre, tout être vivant a besoin de se nourrir.
Leur destin est enfin, la plus part du temps, d’être ébouillantés vivants alors que leur planter un couteau dans la tête, juste derrière les yeux, avant de les mettre dans l’eau bouillante permet de les tuer sans souffrance.
Les auteurs de l'article cité plus haut ont démontré que ces animaux ressentent la douleur, il nous faut donc en tenir compte et agir en conséquence.

C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, au regard de ces données, je vous demande instamment de changer la règlementation, afin que les crustacés pêchés pour l’alimentation humaine soient systématiquement conservés en viviers non surpeuplés et nourris jusqu’à la vente au particulier. Je vous demande également de lancer une campagne de sensibilisation du public pour que les crustacés soient tués avant la mise dans l’eau bouillante.

Gandhi a dit « On mesure l’avancée d’une civilisation à la façon dont elle traite les animaux. » Monsieur le Ministre, au nom de la France, j’en suis sûre, vous saurez faire ce geste de civilisation, de dignité, d’éthique et d’humanité. Je vous rappelle de plus que la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal stipule :

Article 3.1 : Aucun animal ne doit être soumis à de mauvais traitements ou à des actes cruels.
Article 5.1 : L'animal que l'homme tient sous sa dépendance a droit à un entretien et à des soins attentifs.

Monsieur le Ministre, cette règlementation éthique que je vous demande aujourd’hui de mettre en place grandira votre mandat et rendra notre pays plus juste pour les animaux.
Aussi je vous prie encore de bien vouloir changer la règlementation en vigueur concernant les crustacés destinés à l’alimentation humaine.

Dans l’attente de votre réponse, Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, mes respectueuses salutations.

1. FranceAgriMer, 2013. Consommation des produits de la pêche et de l’aquaculture.
2. CHARTOIS H., LATROUITE D., LE CARRE P., 1994. Stockage et transport des crustacés vivants. IFREMER, Centre de Brest.

Letter to
Ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt Monsieur Stéphane LE FOLL
Ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, Porte-parole du Gouvernement Stéphane Le Foll
Monsieur le Ministre,

J’ai l’honneur d’attirer votre attention sur les conditions de détention des crustacés destinés à l’alimentation humaine.
En effet, les crustacés et coquillages sont les seuls animaux destinés à l’alimentation humaine à être vendus systématiquement vivants. Or, on sait aujourd’hui, grâce à l’étude de Robert Elwood et Barry Magee chercheurs à l'Université de Belfast et auteurs de "Shock avoidance by discrimination learning in the shore crab (Carcinus maenas) is consistent with a key criterion for pain" parue en 2012, que les crustacés ressentent la douleur et sont capables de s’en souvenir.
Pourtant, la règlementation actuelle concernant les animaux destinés à l’alimentation humaine ne protège que les mammifères et les oiseaux d’élevages. Les crustacés ne disposent d’aucune protection règlementaire alors même qu’en 2012, 14996 tonnes de crustacés frais ont été achetées (1).

En tant qu’animaux marins, ils respirent à l’aide de branchies, organes très performants pour prélever l’oxygène présent dans l’eau mais incapables de prélever l’oxygène présent dans l’air. De fait, les crustacés déposés à même la glace des étals de poissonneries sont victimes d’une lente agonie par asphyxie. De plus, le maintien hors eau empêche l’élimination et permet la production de toxines (acide lactique, ammoniac) qui accroît encore plus le mal-être animal et représente un risque pour la santé humaine.
Ceux placés en viviers dans les entreprises de mareyage comme celles de la distribution (grande et petite) sont le plus souvent dans des conditions de surpopulation avec une surcharge du milieu parfois extrême pouvant allée jusqu’à 250kg d’animaux par mètre cube (2).
Par ailleurs, quel que soit les conditions de stockage, ils ne sont jamais nourris. Or, vous en conviendrez Monsieur le Ministre, tout être vivant a besoin de se nourrir.
Leur destin est enfin, la plus part du temps, d’être ébouillantés vivants alors que leur planter un couteau dans la tête, juste derrière les yeux, avant de les mettre dans l’eau bouillante permet de les tuer sans souffrance.
Les auteurs de l'article cité plus haut ont démontré que ces animaux ressentent la douleur, il nous faut donc en tenir compte et agir en conséquence.

C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, au regard de ces données, je vous demande instamment de changer la règlementation, afin que les crustacés pêchés pour l’alimentation humaine soient systématiquement conservés en viviers non surpeuplés et nourris jusqu’à la vente au particulier. Je vous demande également de lancer une campagne de sensibilisation du public pour que les crustacés soient tués avant la mise dans l’eau bouillante.

Gandhi a dit « On mesure l’avancée d’une civilisation à la façon dont elle traite les animaux. » Monsieur le Ministre, au nom de la France, j’en suis sûre, vous saurez faire ce geste de civilisation, de dignité, d’éthique et d’humanité. Je vous rappelle de plus que la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal stipule :

Article 3.1 : Aucun animal ne doit être soumis à de mauvais traitements ou à des actes cruels.
Article 5.1 : L'animal que l'homme tient sous sa dépendance a droit à un entretien et à des soins attentifs.

Monsieur le Ministre, cette règlementation éthique que je vous demande aujourd’hui de mettre en place grandira votre mandat et rendra notre pays plus juste pour les animaux.
Aussi je vous prie encore de bien vouloir changer la règlementation en vigueur concernant les crustacés destinés à l’alimentation humaine.

Dans l’attente de votre réponse, Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, mes respectueuses salutations.

1. FranceAgriMer, 2013. Consommation des produits de la pêche et de l’aquaculture.
2. CHARTOIS H., LATROUITE D., LE CARRE P., 1994. Stockage et transport des crustacés vivants. IFREMER, Centre de Brest.