Pour des mesures ambitieuses de réduction du nombre de véhicules polluants sur les routes

0 a signé. Prochain objectif : 1 000 !


Pour des mesures ambitieuses de réduction du nombre de véhicules polluants sur les routes du Québec

La pandémie actuelle nous montre clairement que les préoccupations environnementales et les enjeux de santé publique sont interreliés. Mais l’économie est aussi incontournable, et depuis maintenant plusieurs mois, nous entendons aussi beaucoup parler de l’importance d’acheter local pour favoriser l’économie d’ici, mais peu du secteur énergétique. Or, c’est connu, la balance commerciale du Québec étant grandement déficitaire principalement en raison des achats de combustibles fossiles[1], les secteurs des technologies vertes et de l’électrification des transports présentent des opportunités très intéressantes du point de vue économique.

Alors que le gouvernement du Québec a annoncé le dépôt prochain de son Plan de lutte à la crise climatique (Plan pour une Économie Verte), nous affirmons aujourd’hui qu’il est impératif que celui-ci favorise véritablement une relance de l’économie québécoise qui soit verte et juste, en respectant l’environnement et en favorisant la création d’emplois durables et de qualité. D’ailleurs, une très grande majorité des Québécois.es s’accordent sur le fait que la relance économique doit prioriser la lutte contre la crise climatique et une meilleure protection de l’environnement[2].

Plusieurs grands chantiers seront nécessaires pour atteindre nos objectifs de réduction d’émissions de GES d’ici 2030 et la majorité d’entre eux demanderont des efforts considérables à la population, aux entreprises et au gouvernement. Tout particulièrement, des efforts importants seront nécessaires au niveau de l’aménagement du territoire, de la mobilité durable (accroissement des transports actifs et de l’utilisation des transports collectifs), de l’alimentation (augmentation de la production locale et réduction des calories de sources animales) et de la rénovation des bâtiments pour les rendre plus éco-énergétiques, pour ne nommer que ceux-là.

Il reste qu’une très grande partie de l’objectif de réduction des émissions de GES devra se réaliser en incluant dans la relance des mesures ambitieuses de réduction du nombre de véhicules polluants et de support à l’électrification des transports. Malheureusement, nos lois et programmes connexes actuels à cet égard ne sont pas assez ambitieux. Ils ne permettent pas d’assurer que les manufacturiers répondent rapidement aux demandes des client.es ni d’atteindre la cible du gouvernement québécois d’un million et demi de véhicules électriques vendus d’ici 2030.

Des changements concrets à la Loi Zéro Émission dès maintenant!

Or pour atteindre cette cible, le Québec peut s’inspirer des nombreux pays européens qui ont une avance considérable dans ces domaines. Une mise à jour ambitieuse est nécessaire à la « Loi Zéro Émission » et aux mesures des programmes connexes pour accélérer l’électrification des transports et la vente de véhicules 100% électriques et hybrides rechargeables, et pour décourager l’achat de véhicules polluants. Sur cela aussi, Les Québécois.es sont prêt.es à avancer concrètement, comme en témoignent de récents sondages de Léger Marketing sur les mesures d’éco-fiscalité[3].

Dans cette optique, nous demandons :

1)      que la Loi Zéro Émission soit modifiée de manière telle qu’elle inclue des cibles beaucoup plus contraignantes pour 2022-2025, et qu’elle établisse des cibles jusqu’en 2030, dans le but de forcer les constructeurs à offrir beaucoup plus de véhicules 100% électriques et hybrides rechargeables;

2)      que soient instaurées/bonifiées des incitatifs/pénalités (bonus/malus), fiscalement neutres et augmentant chaque année, pour les particuliers et les entreprises, et pour tous les types de véhicules (transports en commun, personnels et commerciaux, légers et lourds);

3)      que la vente de véhicules à essence légers soit interdite à partir de 2030 (et ultérieurement pour les véhicules lourds);

4)      que le Code du bâtiment soit mis à jour, afin qu’il exige désormais des infrastructures de recharge dans les bâtiments résidentiels de plus de quatre unités.

Ces changements permettraient de sauver des vies, d’enrichir le Québec et de contribuer à freiner et à lutter contre les changements climatiques!

a)      Sauver des vies : en réduisant notre pollution atmosphérique de façon significative d’ici 2030, nous pourrions sauver des milliers de vies au Québec chaque année! Selon Santé Canada, la pollution atmosphérique cause plus de 14 000 morts prématurées par année (au Canada)[4].

b)      Enrichir le Québec : continuer de carburer aux énergies fossiles nous coûte cher. En plus du déficit commercial, la pollution atmosphérique entraîne des impacts sanitaires évalués à plus de 100 milliards de dollars chaque année au pays4. Soutenir de façon significative le secteur des transports électriques du Québec pourrait nous rapporter gros et nous permettre d’utiliser les surplus d’électricité propre d’Hydro-Québec[5]. Le potentiel de création d’emplois de qualité au Québec dans ces secteurs d’avenir est énorme, comme l’événement Relance #VÉconomie l’a clairement démontré en juin dernier[6]!

c)       Lutter contre les changements climatiques : nos propositions contribueraient à réduire, à terme, nos émissions de près de 30 millions de tonnes de CO2 chaque année, alors que le Québec émet chaque année plus de 75 millions de tonnes de CO2, puisque 43% proviennent du secteur des transports[7].

Du point de vue de la santé, de l’économie et de l’environnement, ces propositions sont des plus avantageuses pour la société québécoise.

De plus, avec le contexte pandémique, des changements importants se dessinent dans nos manières de vivre (télétravail, enseignement à distance et autres). Il est donc également entendu que le virage vers des transports électrifiés doit s’effectuer de concert avec plusieurs autres mesures, incluant des réflexions et des actions concrètes visant à minimiser l’impact de l’étalement urbain, et d'autres, par exemple, visant à minimiser  les impacts environnementaux de la production des véhicules électriques.

Les propositions que nous mettons de l’avant dans cet appel à signatures ne sont pas nouvelles, mais elles sont cruciales[8]. Elles sont supportées de longue date par de nombreuses organisations au Québec, dont l’AQLPA, GroupMobilisation, l’AVEQ, Mobilité Électrique Canada, Greenpeace, la Fondation David Suzuki, et plusieurs autres. Les chantiers de la Déclaration d’Urgence Climatique, qui a été signée par plus de 400 municipalités québécoises[9], en font aussi la promotion, tout comme le Front commun pour la transition énergétique par la feuille de route « Québec ZéN »[10].

Ensemble, faisons comprendre au gouvernement québécois l’importance de mettre en place un plan de relance ambitieux et nécessaire, qui respecte l’environnement, qui favorise la création d’emplois durables et de qualité, et qui donne une grande place à la transition énergétique par l’électrification des transports tout en contribuant à repenser l’aménagement du territoire!

Si vous soutenez ces demandes, signez la pétition en utilisant le lien ci-dessous et partagez cette lettre avec tous vos contacts!

André Bélisle et Jocelyne Lachapelle, AQLPA

Michel Jetté et Jacques Benoit, GMob (GroupMobilisation)

Louise Sabourin, Déclaration D’Urgence Climatique (DUC)

Simon-Pierre Rioux, président de l’AVEQ

Martin Archambault, Réalisateur de Silence On Roule et Administrateur à l’AVEQ

Patricia Clermont, Analyste et Stratège Indépendante

Amal Melki, Coalition Climat Laval

Alexandre Warnet, mobilisateur de la transition socioécologique

Jean-François Charbonneau et Philippe Williams, électromobilistes et citoyens engagés

Pierre Véronneau, militant environnementaliste

[1] Plus de 10 milliards de dollars dépensés en carburant chaque année.
[2] Agence QMI (11 juin 2020). «Les Québécois priorisent la santé et l’environnement avant la relance économique»,https://bit.ly/2Z4h51r
[3] Vivre en Ville (10 février 2020). «Sondage : Les Québécois en faveur d’un effort accru pour financer l’électrification des transports», https://bit.ly/3gxiG5X
[4] Santé Canada (6 août 2019). «Les effets de la pollution de l'air sur la santé», https://bit.ly/2ZGx6dh
[5] Plusieurs compagnies québécoises (La Compagnie Électrique Lion et Ecotuned, par exemple) en bénéficieraient pour produire et convertir des véhicules et plusieurs autres produits connexes (comme la production et l’opération de réseaux de bornes de recharge, par exemple).
[6] Voir vidéos de l’événement : https://www.facebook.com/emcmec1/videos/322094272117087/UzpfSTQwMjEyODk4NjQ2NTQ4NjozNDI0MTU5NzkwOTI5MDQy/
[7] Gouvernement du Québec (2019). «Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre en 2017 et leur évolution»,  https://bit.ly/2ZC1Qfm page 8.
[8] Parce que l’électrification du transport doit se faire en conjonction avec un aménagement du territoire repensé de concert avec une optique de mobilité durable cohérente, un autre appel sera éventuellement préparé, possiblement plus tard en 2020, concernant plus particulièrement le volet des choix que nous avons à concrétiser en termes d’aménagement du territoire.
[9] Pour plus de détails, voir l’information relative à la Déclaration d’Urgence Climatique (« DUC ») et ses chantiers, https://www.chantiersdeladuc.com/
[10] Front commun pour la transition énergétique, «Feuille de route pour la transition du Québec vers la carboneutralité», https://bit.ly/3iyTEFp