Pétition fermée

À propos du handicap, des propositions concrètes attendues en 2017…

Cette pétition avait 382 signataires


Mesdames et messieurs les candidat.e.s à la Présidence de la République française

Osez nous dire réellement ce que vous accomplirez dans les 5 ans à venir, si vous êtes élu.e, en faveur des personnes en situation de handicap.

Une réponse serait souhaitée une semaine avant le premier tour de la présidentielle.

Un constat flagrant et affligeant : quels que soient les candidates et candidats déclaré(e)s aux présidentielles 2017 (issus ou non des primaires de gauche, de droite et du centre), la place du handicap dans les discours n’atteint pas le minimum décent, notamment au cours du premier débat télévisé, le 20 mars 2017. Malheureusement, le handicap est plutôt de l’ordre de l’exception alors que c’est une situation humaine et sociale qui doit être entendue et incluse au quotidien. Car la situation de handicap n’est pas l’affaire de certains, mais de tout un chacun. La situation de handicap touche environ 12 millions de français (déclarés) sur 65 millions de personnes selon l’INSEE (2015). Sur une vie d’existence, quasiment tout citoyen y sera confronté personnellement (lui-même ou ses proches), au regard de la définition du handicap selon la Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées :  « toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidante ».

Encore de nos jours, bon nombre de préjugés, de représentations négatives entourent les problématiques liées au handicap, ce qui fait montre d’un  retard certain des mentalités. « Si certaines représentations ont la  vie dure, celles liées au handicap perdurent » ; n’entendons-nous pas de temps à autres, des qualificatifs tels que : « assistés », « trop indemnisés », « inemployables », « fraudeurs », « fainéants », « vraiment handicapé (/handicap invisible) ? »[1] Du stigmate d’antan aux discriminations d’aujourd’hui, le chemin de l’empathie relationnelle est encore long et sinueux, celui de l’égalité aussi, malgré les avancées depuis la Loi 2005.

Par ailleurs, un récent article [2] nous annonce que le Fiphfp (Fonds d’insertion des personnels handicapés dans la fonction publique) « va être contraint de réduire le montant des aides financières » ; même si l’insertion ne se réduit pas qu’à l’aspect purement financier, cela interroge un tant soit peu …

Si depuis quelques décennies, la succession des lois en faveur des personnes en situation de handicap n’a cessé d’améliorer leur quotidien, si la politique inclusive et volontariste des écoles, universités et entreprises est effective, la réalité révèle aussi que des efforts importants restent à fournir pour que l’accessibilité au sens large et profond du terme ‒ la pleine participation sociale ‒ soit au rendez-vous de la sociabilité et du lien social. Car le chômage, la précarité, les inégalités, les discriminations sont encore présents ; pour illustration : le taux de chômage, deux à fois cinq fois plus élevé que la moyenne, l’accès difficile aux formations notamment pour les femmes, le maintien et/ou l’évolution au travail incertain, l’égalité des places à défendre, etc.

Le temps des institutions n’est pas le temps des personnes en situation de handicap, ni de leurs proches ou accompagnants. Or, il est crucial de légitimer la parole de ceux qui vivent la situation de handicap. Répétons-nous, c’est dans le quotidien et non dans l’exception que l’on fera évoluer les espaces, les temporalités et les rapports avec autrui.

Pourtant, les compétences et capacités ne s’arrêtent pas aux portes subjectives de ladite « normalité », l’altérité est davantage créatrice que réparatrice. La personne en situation de handicap est source d’innovation, d’inventivité, de motivation et permet une dynamique coopérative qui profite à tous. Évitons de construire sur les bases du(des) manque(s), pour valoriser les réussites individuelles et collectives grâce à la mixité sociale.

De façon concrète, le handicap contribue et participe au bien-être collectif, mais aussi au progrès de tout ordre. Les exemples sont foisonnants, en voici quelques-uns faisant partie de notre quotidien : les portes de bus abaissées au niveau du trottoir facilitent aussi le chargement des poussettes ; ce renforcement matériel de l’accessibilité, c’est aussi un moyen d’accroître la participation sociale des personnes en situation de handicap. L’indispensable télécommande pour la télévision a été créée à l’origine pour aider les paraplégiques à ouvrir les portes et à enclencher des appareils. Moins visibles, des méthodes de travail originales sont opérationnelles et limitent de surcroît les accidents tout en augmentant le rendement, etc. On pourrait multiplier les exemples….

Osez donc nous dire réellement ce que vous accomplirez en faveur des personnes en situation de handicap si vous étiez président.e de la République française :

Dit autrement, et selon vous, quels engagements formels pouvez-vous tenir pour les 5 ans à venir concernant les personnes en situation de handicap en France ?

Voici venu le temps de vos propositions :

Répondez de façon précise et concrète sur les projets que vous comptez mener et/ou amorcer sur le handicap au cours des 5 années de votre présidence.

>> Pour éviter toute parole de convenance, politicienne, liée à la désirabilité sociale, placez vos propositions selon quatre degrés de « faisabilité », tels que décrits ci-après :

Vert : proposition(s) assurément effective(s) quoi qu’il advienne sur le plan politique, économique et social (français, européen et international).

Orange : proposition(s) effective(s) marquant une volonté affichée, mais dont son(leur) application/concrétisation dépend  du contexte politique, économique et social (français, européen et international).

Rouge : proposition(s) espérée(s)/souhaitée(s) mais concrètement difficilement réalisable(s) sur le prochain  quinquennat au  vu du contexte global. Cependant le rêve n’est pas qu’illusion.

Noir : ce que je ne ferai pas selon mon point de vue (irréaliste, pas prioritaire …).

Facultatif : Vous pouvez aller plus loin en  réalisant la même démarche pour les thématiques suivantes : l’éducation, l’emploi, la santé, la sécurité et la politique étrangère. Qui peut le moins, peut (aussi) le plus !

Vous serez enfin jugé.e sur vos écrits qui engagent votre responsabilité sociale et personnelle, votre perception de la grandeur d’une femme/homme d’État. En somme, faire enfin ce que l’on pense et ce que l’on dit pour éviter le discours populiste et convenu. Être enfin jugé.e en fin d’exercice présidentiel et ce, en toute connaissance de cause et transparence.

Veuillez croire, mesdames les candidates et messieurs les candidats à la Présidence de la République, à l'assurance de ma considération distinguée.

Éric Dugas, Professeur des universités, chargé de mission handicap.

[1] Pour aller plus loin, « Chômage,  précarité : halte aux idées reçues ! » de Jean-François Yon, 2017.
[2] http://www.lagazettedescommunes.com/474453/nous-allons-reduire-le-montant-des-aides-financieres-pour-les-handicapes/



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