Vent debout contre un permis de construire qui menace nos valeurs

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VENT DEBOUT CONTRE UN PERMIS DE CONSTRUIRE QUI MENACE NOS VALEURS

Par un arrêté en date du 26 septembre 2019, un permis de construire a été accordé à la SCI Château de Ternay en vue de la construction d’un bâtiment à usage scolaire de 1 485 m2 dans le Parc du Château de Ternay situé rue René Dorme à Fontenay le Fleury.

Il est ici important de préciser qu’existe déjà, depuis 2015, un établissement scolaire accueillant une petite centaine d’élèves (exclusivement des petites et jeunes filles), établissement privé hors contrat exploité par les Sœurs Dominicaines de Saint Jésus de Fanjeaux (établissement privé hors contrat : établissement qui ne reçoit aucune subvention de l’Etat mais qui est autonome dans la détermination des programmes scolaires et dans la définition des ses projets et méthodes pédagogiques).

Si plusieurs des riverains de la rue René Dorme, qui n’ont à aucun moment été avisés et encore moins consultés, ont d’ores et déjà engagé une procédure en vue d’obtenir l’invalidation de ce permis de construire qui est de nature à porter atteinte à la tranquillité de leur quartier, ce projet concerne chacun des habitants de notre Ville et peut-être même au delà…

Il menace en effet plusieurs des valeurs communes qui sont les nôtres.

1/ Le projet va à l’encontre de la protection à la fois environnementale et du site remarquable du Château de Ternay, élément du patrimoine fontenaysien

Le bâtiment scolaire dont la construction a été autorisée, bâtiment particulièrement imposant (1 485 m2), est prévu pour être édifié dans le Parc du Château de Ternay.

Ce château, qui est cité dès le XVème siècle sur les registres de l’époque , est  niché dans un parc arboré d’un hectare et demi ; Sacha Guitry en fut propriétaire et y demeura ; la propriété fait partie des lieux particulièrement remarquables de la Communauté d’Agglomération Versailles Grand Parc (voir www.versaillegrandparc.fr).

Le secteur sur lequel se trouve cette propriété est par ailleurs classé, par le Plan Local d’Urbanisme en Zone N, c’est à dire une Zone Naturelle qu’il est question, au travers de ce classement, de protéger tout particulièrement en raison, notamment, de la qualité de ses sites, de son milieu naturel, des paysages qui sont les siens et de leur intérêt notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique (article R 123-8 du Code de l’Urbanisme).

Le Château de Ternay est ainsi situé dans ce que l’on a coutume d’appeler la « coulée verte ».

Le permis de construire accordé va ainsi à l’encontre de la protection à la fois environnementale et du site remarquable du Château de Ternay dont le Parc ne pourra qu’être défiguré par la construction projetée.

Ceci est d’autant plus vrai que, dans le cadre du permis de construire, l’abatte de 145 arbres a été  autorisé pour certains centenaires… 

2/ Le projet va à l’encontre de la gestion raisonnée des dépenses communales

La rue dans laquelle est située le Château de Ternay est une petite rue étroite dont l’accès est exclusivement desservi par la D127 (le « tobogan » qui part du rond point du SUPER U et remonte sur le rond point de la Gare en direction de Bois d’Arcy) et dont on repart par la rue des Graviers qui débouche sur la D11.

Le bâtiment dont la construction est projetée affiche, au vu des documents fournis dans le cadre de l’instruction du permis de construire, une capacité d’accueil de 645 élèves, outre le Personnel.

L’établissement à venir aurait donc une capacité d’accueil supérieure au plus gros établissement scolaire de Fontenay le Fleury qui se trouve être le Collège René Descartes accueillant « seulement » 591 élèves.

La réalisation de ce projet impliquerait donc nécessairement des travaux de voirie puisque la configuration actuelle, notamment de la rue René Dorme mais peut être également des voies d’accès à la rue, ne permet pas d’accueillir le trafic et le stationnement des véhicules qui déposeront et viendront chercher les potentiels 645 élèves aux entrées/sorties de classe.

La réalisation de ce projet impliquerait également des travaux de sécurisation des abords de l’entrée de l’établissement accueillant des enfants.

Enfin, la réalisation de ce projet impliquerait bien évidemment un coût, à long terme, d’entretien des voiries et des abords.

Or, le coût de ces travaux et de l’entretien incomberait bien entendu à la commune…donc se répercuterait sur chacun d’entre nous au travers des impôts locaux.

Cela pour permettre le fonctionnement d’un établissement d’enseignement privé hors contrat…

3/ Le projet est porteur de valeurs incompatibles avec les valeurs républicaines

Comme indiqué plus haut, le Château de Ternay abrite déjà et depuis 2015 un établissement privé hors contrat, le Cours Sainte Clotilde, exploité par les Sœurs Dominicaines de Saint Jésus de Fanjeaux.

Cette congrégation religieuse est historiquement très liée à Monseigneur LEFEBVRE (voir site internet www.scholae-fanjeaux.org).

Elle est également très proche de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (voir « Les Dominicaines de Fanjeaux à Rome » 16 février 2015 sur site internet ww.riposte-catholique.fr), mouvement catholique intégriste traditionnel, rejetant les principes fondamentaux de libertés religieuse et de conscience, à l’égard de laquelle la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) reste très vigilante et enfin très proche des mouvements d’extrême droite « dure » dont les fondateurs/animateurs ont d’ailleurs été excommuniés par Rome (voir « Affaire Vincent Lambert : qu’est-ce que la Fraternité de Saint Pie X » 22 mai 2019 sur site internet www.leparisien.fr  et « A l’école de la Fraternité Saint Pie X » 1er juin 2017 sur site internet www.nouvelobs.com).

Si de sérieuses inquiétudes existent relativement aux méthodes d’éducation et principes enseignés au sein des Ecoles de la Fraternité Saint Pie X (le Cours Sainte Clotilde étant répertorié comme l’un des Etablissements pour filles du « réseau » Saint Pie X sur le site de la Porte Latine, site de la Fraternité - laportelatine.org) qui ont déjà fait l’objet de publications (voir « A l’école de la Fraternité Saint Pie X » 1er juin 2017 sur site internet www.nouvelobs.com), la consultation du site du Cours Sainte Clotilde n’est pas de nature à rassurer sur les préceptes « éducatifs » revendiqués derrière les murs et les grilles du Château de Ternay.

Etant rappelé que le Cours Sainte Clotilde se consacre exclusivement à l’enseignement des petites et jeunes filles, voici comment elles définissent leur projet « d’éducation » (voir site internet scholae-fanjeaux.org) :

  • « Le but des sœurs n’est pas de former des femmes qui brillent ou réussissent dans le monde mais de former des femmes chrétiennes qui soient capables, malgré les contradictions, d’être un ferment évangélique dans leur milieu ».
  • « La vraie Culture, celle que les sœurs doivent promouvoir, n’est pas un encombrement de connaissances érudites, une jouissance aussi raffinée que stérile, ni un vernis qui permet de briller ».
  • « Cette culture que les sœurs donneront à leurs filles ne les coupera ni de leur temps, ni de leur milieu, mais elle leur donnera les armes nécessaires à la fois pour déjouer les embûches du monde et pour coopérer, comme femmes, à leur place providentielle, à l’établissement d’un ordre chrétien ».*
  • « Que sont nos écoles ?
    "Des écoles chrétiennes et libres où la transmission des vérités de la Foi et de la culture classique sont mises à l’honneur et où les tâches ménagères féminines ont leur place »
  • « Que sont nos écoles ?
    (…)
    Cela veut dire :
    (…),
    qu’étant principalement réservées à des filles, elles tiennent compte de la nature féminine et les préparent à devenir de bonnes maîtresses de maison ».
  • « Qu’attendons nous de nos élèves ?
    - la docilité (…),
    - la pureté (…),
    - (…) ».

Il est bien évident qu’un tel projet « éducatif » est contraire à nos valeurs républicaine : où est l’égalité homme/femme ? Où est le droit à l’égal accès au savoir ?

Nous devons collectivement nous opposer à ce projet.