Mauvais temps pour les familles à l'hôpital Paul Guiraud

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Monsieur Hotte, directeur de l’hôpital Paul Guiraud a pris la décision de faire disparaître le seul poste de médecin du service de thérapie familiale avec pour effet son inévitable démantèlement. Il a en effet profité du départ du médecin responsable cet été pour ne pas mettre le poste au choix sur le tour de mutation d’automne des praticiens hospitaliers, sans prendre l’avis des instances de l’établissement, pas plus qu’il n’a considéré les besoins des familles et de leurs proches. Pourtant, une candidate à la succession du service de thérapie familiale avait été reçue par le président et le vice-président de la communauté médicale d’établissement à la fin de l’été pour prendre la succession du service dès janvier 2019. Cela permettait une continuité des activités cliniques et institutionnelles qui sont très spécifiques et uniques sur le territoire. Le budget de ce poste a été utilisé dés le mois de septembre pour embaucher un médecin, par anticipation, sur une activité pour laquelle l’établissement n’a finalement pas été retenu dans un appel à projet en novembre. Il est maintenant à nouveau disponible car un secteur de l'établissement a accepté d'accueillir ce médecin surnuméraire afin de corriger la bévue. Pourtant Monsieur Hotte ne s'est pas engagé à restituer le poste de chef de thérapeute/chef de service à la thérapie familiale et compte profiter de l'occasion pour réaliser des économies.

Ces décisions confuses, effectuées de manière opportuniste, où des risques inconsidérés et une logique purement comptable se mêlent, laissent maintenant les thérapeutes et la secrétaire du service dans une situation intenable: elles doivent assurer les missions cliniques sans référence médicale, en effectif réduit avec une menace continue de disparition de l'activité.

Cette disparition, après bientôt 40 ans d’existence, causerait une grave perte de chance tant pour les patients que pour leurs proches. La remise en cause de l’existence d’un service spécialisé en thérapie familiale va pourtant à l’encontre des études scientifiques et des conférences de consensus internationales qui soulignent les bénéfices des approches familiales et de l’aide fournie aux aidants naturels dans le champ de la santé mentale. De même cette décision va à contre- courant des préconisations de santé publique. Les projets territoriaux de santé mentale -qui en sont l’expression pratique- préconisent en effet que des techniques de soins et de prise en charge diversifiées et spécifiques soient proposées à l’échelle d’un territoire. 

Le service de thérapie familiale effectue avec de modestes moyens -1 médecin thérapeute/responsable à temps plein, 4, 2 équivalents temps plein de thérapeutes et 1 secrétaire à temps plein- des consultations familiales gratuites et ouvertes à toutes les formes de difficultés familiales sur une bassin de population d'un million d'habitants environ. L'équipe est constituée de thérapeutes, formés spécifiquement, qui travaillent sur des horaires étendus et sur plusieurs sites. La place hospitalière intersectorielle du service permet de travailler en lien avec les professionnels de première ligne (secteurs psychiatriques, services hospitaliers, correspondants médicaux et médico-sociaux non hospitalier, services sociaux) et les rares autres équipes de thérapie familiale du bassin. 

Une prétendue réorganisation de l'offre de thérapie familiale uniquement à l’échelle des services de secteur, dans un contexte de « surchauffe » des soins de première ligne, empêchera la réalisation de cette activité de manière pérenne et suffisante. La thérapie familiale exige en effet une régularité des consultations et une disponibilité de deux thérapeutes formés qui rendent impossible son déploiement conséquent sur un seul service ou secteur. De plus la présence de personnel formé à cette approche se fait rare, les hôpitaux ne finançant plus la formation de 4 années, ce qui implique que cette compétence n’est disponible que dans très peu de services.

A l’heure où les prises en charges spécialisées se développent de manière transversale dans tous les hôpitaux, la décision de Monsieur Hotte de déconstruire un dispositif unique, adossé à un hôpital psychiatrique de secteur en région parisienne est un contre-sens.


Devant l’échec des échanges avec Monsieur Hotte ainsi que l’absence de réponse de vos services, nous vous demandons d’intervenir pour maintenir activement le service de thérapie familiale de l’hôpital Paul Guiraud en veillant au plus vite à l’embauche d’un nouveau médecin responsable tout en préservant les moyens existants. 



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