Arbitrage : adoption de mesures visant à rendre plus transparente l'utilisation du VAR

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L'arrivée du VAR dans la Ligue 1 a été accueillie avec enthousiasme en début de saison. Il n'était pas question de résoudre tous les problèmes d'arbitrage, mais de rétablir une forme de justice concernant des situations précises. Il est évident qu'après 7 mois d'existence, le VAR ne garantit rien du tout, bien au contraire. Le championnat de France est déjà largement faussé pour des clubs comme St-Etienne, Monaco, Reims, Guingamp, le PSG ou Strasbourg. 

Tony Chapron, ex-arbitre international Français explique à ce sujet : "L’arbitrage est complexe par essence. On nous demande de juger, en direct, avec une pression permanente, un fait pour lequel même l’aide de la vidéo ne donne pas toujours de certitude. Moi, je partais du principe qu’il fallait faire confiance à l’arbitre. (...) Alors, c’est sûr que la VAR gomme les énormités. Mais combien d’énormités a-t-on gommées depuis le début de la saison ? Je constate que week-end après week-end, il y a encore beaucoup de questionnements et de contestations. (...) La VAR ne juge que l’erreur manifeste et comme tout est question d’interprétation, on n’a fait que déplacer le problème du terrain à un petit bus."

Constat :

- L'appel au VAR par les arbitres de champ est à géométrie variable

- L'intervention du VAR en "off" laisse planer le doute quant aux motivations de donner suite ou pas à une action litigieuse

- Le VAR intervient lorsqu'il y a erreur manifeste de l'arbitre de champ. Une circonstance bien difficile à apprécier et qui amplifie le flou autour de l'intervention du VAR.

Au regard de ce constat, nous souhaiterions que la LFP et la DTA étudie les propositions suivantes afin de faire évoluer la compréhension autour de l'utilisation du VAR :

- La possibilité pour les téléspectateurs d'entendre les échanges entre le VAR et l'arbitre lorsqu'ils communiquent (doigt sur l'oreillette de l'arbitre), rendant transparente l'intervention. Les spectateurs, dans le stade, n'y auraient pas accès, mais le seul fait de rendre public ces échanges serait de nature à rassurer tout le monde.

- La présence de l'arbitre central et du responsable du VAR lors des conférences de presse d'après-match. Il n'est plus recevable de laisser l'un des acteurs de la rencontre emmuré dans un silence exigé par la direction technique de l'arbitrage. La conférence de presse d'après-match est le lieu le mieux choisi pour expliquer et éventuellement effectuer un mea culpa. Ce serait également l'occasion de faire la lumière sur un excellent arbitrage. Il n'est pas recevable non plus d'expliquer qu'un arbitre a besoin de recul pour pouvoir s'exprimer. Si un joueur ou un entraîneur peut le faire, pourquoi l'arbitre n'en serait-il pas capable ? Il s'agirait alors pour la DTA de former les hommes en noir à ce nouvel exercice de communication.

- Une commission qui puisse prononcer des avertissements voire suspensions pour les arbitres. Cela paraît inenvisageable, et pourtant, les arbitres qui sont des professionnels doivent être considérés comme des acteurs qui sont susceptibles d'être sanctionnés lorsqu'ils commettent des erreurs graves. Par erreur grave, nous parlons de non recours au VAR entraînant une mauvaise prise de décision, ou de recours au VAR avec une décision manifestement injuste (exemple du tacle de Mbaye Niang sur Thilo Kherer lors de Rennes-PSG).

L'autorité des arbitres n'est absolument pas remise en cause, il s'agit juste d'injecter un peu de responsabilité dans leur prise de décision avec en toile de fond la possibilité de devoir répondre de leurs erreurs... comme n'importe quel acteur d'une rencontre finalement...

- La possibilité pour le capitaine de chaque équipe de demander l'appel au VAR deux fois par rencontre. Cette mesure pourrait-elle cohabiter avec l'intervention systématique du VAR ? Ce n'est pas sûr. Ainsi, si les capitaines possédaient chacun deux possibilités d'appel au VAR, ce dernier deviendrait un acteur passif, s'activant sur sollicitation.

- Centraliser le VAR pour l'ensemble des stades. Il n'y aurait ainsi pas un camion par stade, mais un seul pour tous les stades. Cela aurait l'avantage d'uniformiser le regard des arbitres pour les 10 rencontres d'une journée de championnat.

- Expérimenter la possibilité pour les arbitres du VAR de trancher sur une situation en utilisant des boîtiers de vote. L'arbitre de champ serait alors déchargé de la décision. Il suffirait alors pour 3 arbitres isolé de visionner et voter, avant que le résultat n'apparaisse à l'écran dans le stade.