Pour un Espace Culturel Parisien Dédié aux Cultures Noires

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Pour le respect, à la fois, de l’expression d’une diversité française spécifique et du droit à la différence dans le témoignage, je défends depuis de nombreuses années l’idée d’un espace culturel parisien dévolu à la diaspora noire.

Pour survivre en ce début de siècle, nous, artistes, écrivains et créateurs noirs francophones, avons besoin d’avoir une vision claire et cohérente de notre histoire. Il nous faut acquérir une conscience plus aigue des grands mouvements historiques et culturels du monde noir.

Dans cet optique, il nous faut impérativement diffuser notre art depuis un espace culturel identifiable, tout en recréant des passerelles solides entre les diasporas noires caribéennes, africaines et nord-américaines et ce, d’une part, afin de partager et échanger nos expériences artistiques et, d’autre part, de rendre ensemble hommage aux grandes figures noires vivantes ou disparues.

Tout au long du siècle dernier, Paris fut, avec Harlem, un lieu de rencontres privilégiées pour les artistes et écrivains noirs de la diaspora. Souvenons-nous, à titre d’exemple, du Premier Congrès Panafricain de 1919, organisé dans la ville-lumière par le grand penseur Africain-américain W.E.B Dubois ou du 1er Congrès des Artistes et Écrivains noirs de 1956, organisé à la Sorbonne par le Sénégalais Alioune Diop, fondateur en 1947 de la revue Présence Africaine. Cette publication s’inscrivait dans le sillage de nombreuses revues parisiennes consacrées au monde noir telles que La Revue du Monde Noir, Légitime Défense La Dépêche Africaine, le Cri du Nègre ou L'Étudiant noir.

En ce qui concerne les acteurs noirs francophones, les tentatives de rassemblement dans la capitale française n’ont pas manqué non plus. Dès 1937, ma grand-mère, l’actrice Darling Légitimus créait, à Paris, le premier Théâtre noir. Cette initiative brutalement interrompue par la guerre fut reprise, vingt ans plus tard, en 1954, par Robert Liensol avec la Compagnie des Griots, qui comptait des acteurs noirs remarquables tels que Toto Bissainthe, Douta Seck, Sarah Maldoror, Darling et Théo Légitimus, Jenny Alpha, Bachir Touré, Thimotée Bassari, Lydia Ewandé, Mamadou Condé, Danièle Van Berkeycke … Cette compagnie, dont le principal but était de favoriser la promotion des artistes de couleur en leur proposant des rôles intéressants perdura jusqu’en 1972 et fut à l’origine de créations scéniques historiques telles que les Nègres de Jean Genet  mise en scène par Roger Blin ou la Tragédie du Roi Christophe et Une saison au Congo d’Aimé Césaire, mise en scène par Jean-Marie Serreau.

En 1964, Gisèle Baka milita pour un Théâtre Nègre Francophone et en 1966, mon père, Gésip Légitimus, premier producteur et concepteur noir à la télévision, fonda au sein de la FANEF (Fédération des Artistes Noires d’Expression Française) le TNEF (Théâtre Noir d’Expression Française) animé par Med Hondo et Georges Hilarion. Enfin, en 1975, le nouveau Théâtre noir, (espace subventionné situé à Paris d’abord rue des Cendriers puis rue Braille) fut fondé et dirigé par le metteur en scène Benjamin Jules-Rosette. Ce théâtre ferma définitivement ses portes en 1985 après dix années d’intense activité.

Depuis lors, hormis quelques expériences isolées, il n’existe plus, à proprement parler, de solidarité artistique au sein du monde noir.

L’espace culturel afro-francophone que j’appelle de mes vœux, serait non seulement un lieu de création contemporaine noire pluridisciplinaire, mais également un centre d’archivage, de traduction, de promotion et de diffusion des œuvres classiques du monde noir, un espace de rencontres, d’information, de formation artistique et d’enseignement relatif à l’histoire des cultures noires (notamment à celle de la Caraïbe qui n’est guère étudiée dans les universités françaises métropolitaines).

Pour conclure cette réflexion culturelle et identitaire, permettez-moi de citez ces phrases riches d’enseignement écrites autrefois par mon père:

« Si nous - les Noirs d’occident - sommes de nulle part, nous devons être partout. Dans notre malheur, nous bénéficions d’une chance unique que nous devons désormais savoir exploiter. Nous sommes les seuls au monde à être d’origine africaine, américaine et européenne. La diaspora noire représente dans le monde avec le continent africain, des centaines de millions d’interlocuteurs potentiels. Notre auditoire par nature est international. Le mot d’ordre est… solidarité ! »

Samuel Légitimus - Acteur, metteur en scène et traducteur

Président du Collectif James Baldwin 

Photo: Quelques membres de la troupe des Griots qui oeuvra entre 1954 et 1972: Bachir Touré, le metteur en scène Roger Blin, Toto Bissainthe, Lydia Ewandé, Robert Liensol, Danièle Van Berkeycke

 



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