Libération de karim tabbou

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M. Tabbou, 47 ans, avait écopé le 11 mars d'une peine d'un an de prison, dont six mois ferme, pour "atteinte à l'intégrité du territoire national". L'opposant devait sortir de prison jeudi après avoir purgé sa peine.
 "L'affaire n'était pas programmée jusqu'à hier. On a été prévenu ce matin. On est venu en courant", a raconté à l'AFP un des avocats, Me Amine Sidhom.

"On est abasourdi de ce qui arrive, pas seulement à Karim Tabbou mais à la justice algérienne. Cela dépasse l'entendement. On est choqué", s'est insurgé Saïd Salhi, vice-président de la LADDH, interviewé par téléphone. La LADDH a dénoncé un "procès en catimini".

M. Salhi a précisé que M. Tabbou avait eu un malaise et qu'il n'avait pas assisté à son procès. "Il était à l'infirmerie de la Cour" au moment du procès, a-t-il dit.

"Torture blanche"
Placé en détention une première fois le 12 septembre après avoir été inculpé "d'atteinte au moral de l'armée" par un tribunal de Tipaza, à l'ouest d'Alger, il avait été remis en liberté le 25 septembre. A nouveau arrêté dès le lendemain, il avait été inculpé cette fois d'"incitation à la violence" et une nouvelle fois incarcéré.

Durant son procès -à l'issue duquel le procureur avait requis une peine de quatre ans de prison ferme le 4 mars -, Karim Tabbou avait rejeté toutes les charges.

Accusé d'"atteinte au moral de l'armée" et "d'atteinte à l'unité du territoire national", il est placé à l'isolement depuis six mois dans une prison d'Alger. Ses défenseurs parlent d'une "torture blanche".

Le procureur avait requis 4 ans de prison ferme et 200 000 dinars d'amende, l'équivalent de 1500 euros.
 Karim Tabbou, un opposant de longue date

Ancien chef du Front des forces socialistes, aujourd'hui à la tête de l'Union démocratique et sociale, Karim Tabbou, opposant de longue date, est accusé d'"incitation à la violence". Il aura finalement été condamné à un an de prison ferme.

Il y a dix ans, alors qu'il était premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), Karim Tabbou appelait au boycott d'une élection présidentielle à l'issue connue d'avance - celle de la réélection d'Abdelaziz Bouteflika pour un troisième mandat. "Nous sommes un mouvement politique qui n'accepte pas le silence",