Halte à l'expansion de la location saisonnière dans le centre-ville de Beaune

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Je m'appelle Julie, j'ai 32 ans, 3 enfants et j'ai le plaisir de vivre dans une ville magnifique : Beaune. 

Je suis une employée dévouée des Hospices civils de Beaune et mon lieu de travail se situe dans le centre historique. 

Depuis plus d'un an, suite à une séparation, je suis sans domicile fixe, contrainte de me loger dans des meublés touristiques à des prix exorbitants, faute d'avoir trouvé un logement adapté dans le parc locatif traditionnel. Je ne compte même plus le nombre de mes déménagements. Actuellement, je vis dans un meublé saisonnier de 48m2 pour 730 euros (charges comprises) par mois. Soit la moitié de mon salaire. Une honte... Trouver un logement en plein centre-ville est un vrai parcours du combattant. Et inutile d'espérer un 3 pièces car c'est tout simplement impossible. Même les agences immobilières me rient doucement au nez... 

La raison à une telle situation ? La prolifération massive des locations saisonnières qui grignotent de plus en plus l'offre du parc immobilier locatif traditionnel. Beaune, ville de 22 000 habitants, compte environ 250 logements de type "airbnb". Un chiffre énorme, en constante augmentation. Partout dans le centre fleurissent des panneaux et affiches de locations saisonnières. Le touriste est devenu une rente juteuse !

Dans l'immeuble que j'occupais précédemment sur un des boulevards de la ville, le propriétaire ne se cachait pas de vouloir "virer" (je cite) ses locataires au terme de leur bail pour mettre ses 5 appartements en location saisonnière. Tout comme l'immeuble voisin. Ce ne sont pas quelques appartements ici et là, ce sont désormais des immeubles entiers vidés de leurs habitants pour satisfaire la cupidité de certains loueurs ! On ne peut qu'être révolté devant un tel drame...

A mon adresse actuelle, mon jeune propriétaire parle d'investissement, une "bonne affaire", avec deux appartements meublés et un troisième, grand luxe, et imaginé pour accueillir des groupes de touristes, en cours d'aménagement.

Bientôt, il y aura plus d'appartements en location saisonnière au centre-ville que d'appartements en location traditionnelle ! On marche sur la tête !

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) de Bourgogne/Franche-Comté (BFC), a fait le point sur les dernières données chiffrées concernant le recensement de la population. Elle a ainsi présenté l'évolution de la démographie dans la région Bourgogne - Franche-Comté entre 2010 et 2015. On y apprend notamment qu'en terme de volume de perte d'habitants, Beaune est la première ville du département (- 733 habitants).

Si le tourisme contribue fortement à l'essor de notre économie locale, l'effet pervers de cette offre touristique de masse est la destruction de la capacité de logement en centre-ville ! Cette nouvelle spéculation immobilière profite aux multipropriétaires qui s'arrachent à prix d'or le moindre mètre carré du centre historique. Et les habitants n'ont désormais plus d'autres choix que de s'éloigner du centre-ville, de se tourner vers le parc locatif social, de quitter tout simplement Beaune ou de se contenter des rares minuscules deux pièces ou studios encore offerts à la location traditionnelle... De plus en plus de beaunois se tournent alors vers Dijon, plus accessible, cosmopolite et dynamique. 

Et c'est sans compter que cet inquiétant phénomène contribue également à creuser davantage les inégalités sociales. Aux yeux de nombreuses personnes, Beaune est une "ville de riches et de vieux". Il est temps de comprendre que la richesse d'une ville est dans sa diversité ! 

Quand je fais part de mon indignation face à une telle situation, on me rétorque que je n'ai qu'à demander un logement social ou aller ailleurs. Cette logique systématique de rediriger les personnes qui peinent à se loger vers le locatif social ne fait que déplacer le problème et contribue à engorger la demande de logements sociaux ! Ce qui a pour effet d'allonger les temps d'accès à ce type de logement. On tourne en rond... Alors que le problème doit d'abord être réglé en amont en trouvant des solutions qui permettent de maintenir les familles au centre-ville ! Car, comme de nombreux beaunois, j'aime ma ville, j'y travaille, je contribue au système de santé local et j'estime encore avoir le droit du choix de mon lieu de résidence. En vivant au centre-ville, pas besoin de voiture pour me rendre sur mon lieu de travail, je limite ainsi mon impact carbone et je contribue de façon régulière au chiffre d'affaires du petit commerce du centre : boulanger, marchands de journaux, cafés, etc.  

Au mois de mars, je serai contrainte de quitter ma location saisonnière pour laisser ma place aux touristes du printemps, plus rentables... Et, si je ne trouve toujours pas de quoi me loger, moi mais aussi mes trois enfants, je devrais de nouveau trouver une location saisonnière... Et même cela, ce n'est pas garanti. Car les tarifs "dégressifs" d'une location saisonnière "longue durée" ne séduisent pas tous les loueurs... Un habitant est toujours moins rentable qu'un touriste ! Cette vie de bohème coûteuse consécutive au tourisme, à devoir déménager tous les 4 matins, n'est plus acceptable.

C'est pourquoi, au nom de tous ceux, qui - comme moi - veulent rester au centre-ville de Beaune et jouir de logements adaptés qui ne soient pas réservés à la location saisonnière, je m'adresse à monsieur Alain Suguenot, maire de Beaune, afin de lui demander de trouver des solutions rapides, concrètes et efficaces pour endiguer cette gangrène qui est en train de vider le centre-ville de Beaune de ses habitants ! Non à la "ville musée", oui à une ville vivante ! Rendons la ville à ses travailleurs, à ses habitants !

Vu la gravité du phénomène, des solutions radicales s'imposent ! Il faut décourager tous ces multipropriétaires de détourner nos logements à des fins touristiques. Une politique publique de lutte pour le maintien de la population en centre-ville devient indispensable !

Quelques idées en vrac :

- Taxer ! Beaucoup de ces marchands de sommeil de luxe ne déclarent pas leur activité ou trouvent des astuces pour contourner la législation en terme de fiscalité. L'idée serait donc de créer une taxe unique, propre à la location saisonnière, pour tous ces propriétaires investisseurs. 

- Instaurer des quotas par quartier. Il faut équilibrer l'offre sur l'ensemble des quartiers pour ne pas engorger certains secteurs de la ville. Le centre historique demande à ce titre une attention toute particulière. 

- Encourager les propriétaires à louer leurs logements sous contrat locatif traditionnel. La taxe imposée aux propriétaires de locatifs saisonniers pourraient y contribuer en leur offrant des aides à la rénovation, à la mise au norme, etc.

Toutes vos idées seront les bienvenues.

Merci pour votre soutien !

 



Julie compte sur vous aujourd'hui

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