Pétition fermée

Plaidoyer pour Retour Code Graphique Phonétique "e" dans KREYÒL HAÏTI pour Son "e"

Cette pétition avait 101 signataires


Le kreyòl d'Haïti est classé dans la catégorie des créoles francophones dits à "fondements" de langues africaines couplées à une base lexicale française. Il y en a huit (8). Deux (2), le seselwa et le kreyòl ont décidé que le son "e" est inexistant dans leur parler et dès lors ont affecté le code graphique phonétique "e" (pour ce son) à celui du son "é". Donc pour ces deux (2) créoles, "e" ≠ "e" devient "e" = "é".

Les concepteurs du seselwa ont agi ainsi car à l'indépendance de la République des Seychelles directement après une colonisation anglaise les machines à écrire mécaniques d'alors à clavier QWERTY ne permettaient pas de taper le "e avec l'accent aigu du français, le "é"". Entre autres informations, ce pays a actuellement trois (3) langues officielles: le français, l'anglais et le seselwa (le seychellois).

Haïti, lui, a connu une évolution historique plus chaotique de la graphie du kreyòl. Ce pays, lui, a gagné son indépendance en 1804 contre des colons français. En bref, la graphie du kreyòl a connu jusqu'à date trois (3) phases importantes.

J'ai pu étudier un couplet écrit en 1896 d'une chanson très connue en Haïti, Choucoune, immortalisée par H. BELAFONTE en "Yellow Bird". Il n'y avait pas de règles standard et l'orthographe était quasi proche du français.

En 1940 les concepteurs d'une codification graphique phonétique standard du kreyòl étaient des Anglo-saxons, un Irlandais McCONNELL et un Américain LAUBACH. Le premier était un pasteur méthodiste qui voulait que ses paroissiens puissent lire la Bible en kreyòl et l'autre un alphabétiseur fonctionnel qui était motivé à combattre l'analphabétisme et l'illettrisme.

L'orthographe standard formulée par eux fut réalisée cinq (5) ans après la fin de l'Occupation américaine. A l'instar de la République des Seychelles héritant du matériel administratif des Anglais, la République d'Haïti, elle aussi, a hérité du matériel administratif (et DIVERS) provenant des Américains. Avec ces machines à écrire mécaniques à clavier QWERTY à leur disposition l'Irlandais et l'Américain ont adopté le même procédé qu'aux Seychelles: le "e" pour "é"; et en plus, le digramme "en" prononcé "in" donc ici bizarrement le "e" doit être prononcé "i"; "y" pour "i"; "k" pour "c"; "w" pour "ou".

Ce kreyòl fut considéré comme une langue véhiculaire "prosélyte" du protestantisme par les Haïtiens en majorité "catho-vodou" et "too much american" par les élites haïtiennes francophiles. Ainsi naquit en 1950 l'orthographe de PRESSOIR et de FAUBLAS. Elle a réintroduit le "e pou "e"; le "é" pour "é"; le "in" au lieu de "en"; le "c" pour "k"; le "ou" pou "w". Elle a eu son heure de gloire durant 30 ans, de 1950 à 1980.

Dommage le 31 janvier 1980, l'Institut Pédagogique National (IPN) et le "Gwoup de Rechech pou Etudye Kreyòl Ayisyen" (GREKA) possédaient des NTICs à clavier QWERTY qu'ils n'ont pas configurés en clavier AZERTY, par paresse ou par incompétence, car depuis 1957 faisant suite à la dictature des DUVALIER beaucoup d'Haïtiens vivaient "en diaspora" aux USA, achetaient - utilisaient des NTICs US à clavier QWERTY et envoyaient de tels cadeaux aux presqu'îliens. Même de nos jours, sans la bonne configuration de leurs NTICs les Haïtiens continuent à écrire leurs textes "perso" dans un français sans les accents, sans les diacritiques. Ils ne font l'effort d'écrire "le bon français de France" que pour leurs correspondances administratives et officielles. C'est comme cela! "Se Konsa" en kreyòl!

Ainsi les membres de l'IPN et du GREKA ont été de nouveau confrontés au problème de ne pas pouvoir taper le "é" et ont alors décidé de revenir à l'orthographe de McCONNELL & LAUBACH. Ils ont reconsidéré et reconduit le "e pour "é"; le "en" pour "in"; le "w" pour "ou"; mais ils ont judicieusement maintenu le "k" pour "c" et le "y".

Tout a évolué ainsi de 1980 à 2005, et précisément 2009, quand un autodidacte linguiste, voulant tant apprendre et travailler avec les linguistes, créolistes et terminologues haïtiens diplômés de La Sorbonne et d'autres universités, a constaté des manquements dans le kreyòl et a voulu en avoir le cœur net avec ces responsables compétents et ayant autorité dans le domaine du kreyòl. Les pontes ont refusé de discuter avec l'autodidacte, Moi, DJA Paul, votre serviteur.

J'ai poursuivi dès lors seul mes recherches mais en communiquant aux ayants (droit, cause et autorité) dans le domaine du kreyòl les résultats de mes observations. Parmi les manquements, ici, je ne veux traiter que des conséquences funestes, quasi fatales, de cette inexistence du code "e" pour le son "e".

La conséquence est la suivante: les locuteurs haïtiens, féminins et masculins, prononcent l"e" de certains mots et ils n'arrivent pas à l'écrire:

  • bleu pour la couleur devrait être codifié "ble" mais alors en kreyòl il serait prononcé "blé";
  • oraje (orageux);
  • ere (heureux mais l'on prononce bien maléré pour malheureux en kreyòl);
  • pye (pieu, le petit bout de bois que l'on peut planter dans le sol);
  • pye (un homme pieux comme un saint);
  • ave (aveu d'un coupable, qui serait prononcé comme "avé" en kreyòl, ave Caesar, Avé Maria, ...);
  • vénime (venimeux);
  • alakélele (à-la queue-leu-leu);
  • et surtout les enfants de 2,5 ans qui sont au stade d'apprentissage du langage disent "me", le cri "meuh" d'un bovin pour désigner un bœuf ou une vache (Papi mé yon me = Papi voici un bovin!);
  • DIVERS (par souci d'exhaustivité).

Même ce cri bovin ne peut pas être écrit en kreyòl. D'ailleurs depuis mai 2017 il y a un pari de 100.000 Euros en paiement par 10 échéances mensuelles de 10.000 Euros à qui écrira le cri des bovidés en kreyòl officiel contemporain. Un seul Haïtien a tenté le coup pour le moment en écrivant: miji (mugir), mijisman (mugissement). LOL! Avant la clôture du pari il n'y aura même pas un quidam masculin ou féminin qui aurait pu tenter beuglement ou beugler. Il pourrait écrire begleman ou begle mais la prononciation serait fausse car l'on aurait en kreyòl: bégléman, béglé. MDR!

Je leur ai adressé à date trois (3) lettres ouvertes pour ce point, en 2010, en 2014 et récemment en mars-avril 2017.

L'unique question est la suivante:

Vu qu'il existe des preuves irréfutables de l'existence du son "e" dans le parler créole haïtien, donc dans le kreyòl, alors n'est-il pas urgent et nécessaire d'y réintroduire le code graphique phonétique "e" pour le son "e", et d'avoir "é" pour le son "é"?

Jusqu'à date aucune réponse.

Silence sidéral, si ce n'est que j'ai reçu des accusés de réception et que des créolistes antillais m'ont écrit pour me dire "que les linguistes, créolistes et terminologues haïtiens tirent les premiers"!

Devant ce déni des réalités, l'absence de réponses, je choisis la voie de la pétition actuellement.

Une orthographe est IMPORTANTE pour les apprenants (écoliers, lycéens, étudiants, ...) haïtiens qui doivent pratiquer deux (2) langues officielles, le kreyòl et le français.

Cette lacune, ce manquement doit être corrigé. Il en est temps et le plus vite serait le mieux.

Remerciements anticipés à tous ceux, féminins et masculins, jeunes et seniors, qui vont m'apporter leur concours pour que mes interlocuteurs dans ce domaine puissent rectifier le tir vu le nombre éventuellement énorme de signataires de cette pétition.

Une autre finalité aussi: faire corriger cet alphabet proposé par l'AKA à partir de juin 2017!

Un regret: Je pense avoir été un peu long mais j'avais à cœur de très bien expliquer l'enjeu de la pétition et de brosser ainsi tous ses tenants et aboutissants.

Encore merci!



Paul compte sur vous aujourd'hui

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