Pour un grenelle de la psychiatrie :

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Actuellement, en France, de nombreuses personnes souffrent de troubles psychiques ou mentaux et sont confrontées à de très nombreuses difficultés :

Stigmatisation, privation de liberté, enfermements de longue durée voire contentions, traitements aux effets secondaires à rallonge, manque de place criant dans les hopitaux et manque de structures d'aide et d'accueil sont les plus importants problèmes rencontrés par ces personnes handicapées. 

Cette pétition a pour but de proposer à la ministre de la santé, Mme Agnes Buzyn, la tenue d'un grenelle de la santé mentale en présence des autorités scientifiques et médicales et d'une représentation d'usagers et de leurs familles, qui sont aussi concernées, en santé mentale. 

Ces dernières années, avec les entreprises de casse systèmatique du système de protection sociale et de l'hôpital public, la situation s'est fortement dégradée dans la prise en charge des personnes en souffrance psychique. Des structures d'aide ferment, faute de moyens, et à l'hôpital, la pénurie de lits est telle que ne peuvent plus être pris en charge que les malades en situation de crise grave.

D'ailleurs, pour faire des économies, de plus en plus de structures de soins proposent des soins en ambulatoire, c'est à dire une hospitalisation à domicile, privant ainsi le patient en souffrance de toutes les prestations thérapeutiques offertes dans les hopitaux publics (ergothérapie, psychomotricité, rencontres régulières avec un psychologue...)

Tout le monde n'a pas les moyens de se payer une clinique privée à 1 000 € la semaine !

Je suis personnellement handicapé psychique reconnu par la MDPH de Paris et vivant tant bien que mal de l'aah. Actuellement, j'ai un statut de sdf, une bouffée délirante m'a fait tomber à la rue et c'est au prix de pas mal d'efforts que j'ai réussi à m'en "sortir" (mais en fait, j'en suis pas encore vraiment sorti :( ). Je souffre de schizophrénie disthymique avec une forte composante autistique, ce qui est un réel handicap dans mes tentatives d'insertion professionnelle. Souffrant de phobie sociale, il est très difficile pour moi de travailler avec des gens autour de moi. L'AAH m'a donc été accordée en compensation des difficultés que je rencontre actuellement pour travailler et gagner de l'argent. 

Je vis depuis plus de 10 ans dans un CHRS, Centre d'Hébergement et de Réinsertion Sociale. Une structure censée s'adresser en priorité aux travailleurs pauvres mais qui dans les faits accueille toutes sortes de gens qu'il soient migrants, séniors trop agés pour travailler, handicapés comme moi... 

Depuis plus de 10 ans, je suis en attente d'un hébergement thérapeutique car mes troubles m'empèchent de vivre seul, l'isolement m'est très néfaste, et j'ai besoin d'une présence médicale pour m'aider à gérer mes crises. Ces hébergements thérapeutiques, même à Paris qui est une des villes de France les mieux dotés dans ce domaine, sont très difficiles à trouver car il y a une forte demande pour une offre pas très importante. 

Un autre point important, c'est au niveau des ESAT (Etablissement de Santé et d'Aide par le Travail). De nombreuses personnes en situation de handicap psy souhaiteraient pouvoir intégrer un ESAT et travailler comme tout le monde, mais là encore, les places sont rares et chères. 

Un autre point : Les traitements. Certains médecins, par facilité, préfèrent gaver leurs patients de médicaments au lieu de faire le travail de fond nécessaire pour déterminer les causes réelles de la maladie. Or, les traitements ne sont que des béquilles et en rien un soin complet contre les maladies mentales. Et d'une certaine façon aussi, ces psy qui shootent leurs patients aux neuroléptiques et compagnie le font aussi dans un but de préserver une certaine paix sociale, de faire taire le fou qui dit des vérités que personnes n'a le courage d'entendre... 

Pour parler de mon cas, j'ai essayé tout les neuroleptiques modernes disponibles, et je n'ai eu que des problèmes avec. Le zyprexa, produit phare que le laboratoire Lilly vend comme le remède miracle contre la schizophrénie (4 milliards de benefs par an) m'a provoqué un diabète à 35 ans, le Xeroquel, autre produit phare qui rapporte beaucoup à Big Pharma : j'ai failli rester handicapé moteur à vie avec un effet secondaire non listé... Je vais pas toutes les raconter mais la liste est longue. 

Mais de nos jours, les techiques ont évolués et de plus en plus de médecins prennent conscience que les maladies "de l'âme" ne se soignent pas uniquement à coup de médocs. Il faut aussi des psychologues, des érgothérapeutes, des psychomotriciens... Et d'ailleurs, il y en a dans la plupart des structures de soins mais pas assez. 

 

J'aurais encore beaucoup à lire sur le sujet mais je préfère rester bref, pour être sûr d'être lu. 

Donc, je propose un Grenelle de la santé mentale, et si mes arguments vous ont convaincu, je vous invite à signer cette pétition. :)

 

Dernière chose : La photo d'illustration que j'ai choisi, c'est le plancher de Jeannot, un jeune homme qui vivait en bretagne et souffrait de psychoses et qui a gravé ce plancher comme son ultime message de detresse. Il est décédé d'anémie quelques jours après, car il avez cessé de s'alimenter. J'ai choisi cette image car elle représente la souffrance, parfois terrible, des personnes à troubles psys. Car, malgrés la stigmatisation dans les médias et les levées de bouclier au moindre fait divers impliquant une personne à troubles psys, la plupart des malades ne sont pas des monstres dangereux mais des êtres en grande souffrance. C'est ce que je voulais préciser en dernier. 



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