Contrôle et obligation de l'ASE à VRAIMENT accompagner les jeunes qui lui sont confiés.

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Même si une loi a été votée en ce sens en 2016, alors que Laurence Rossignol était en poste, pour les enfants placés rien ne bouge. En foyer, c'est toujours la politique du "garde-chiourme" et non de l'éducation. On vous garde comme le lait sur le feu, on vous balance une somme d'argent qu'aucun des éducateurs ne donnerait à ses enfants, et ce, en nous obligeant à le dilapider jusqu'à la moindre miette et à en rapporter les justificatifs, au lieu de pouvoir le mettre de côté. On vous déscolarise ou quand ce n'est pas le cas, on ne vous donne pas la possibilité d'étudier sereinement. On ne vous soigne pas, ni physiquement, ni psychologiquement,on ne vous éduque pas

A 18 ans, la plupart d'entre nous est jeté à la rue. Quelques fois, c'est plus sournois, les éducs vous disent :"Ba, tu retournes chez tes parents". Pas une question, mais une affirmation. Sauf que quand on ne peut pas retourner chez ses parents, le foyer ne nous propose rien d'autre. Vous vous retrouvez alors à la rue, sans diplôme, sans travail, sans argent, sans possibilité de louer un appart : pas de famille = pas de garant, donc sans revenus ET sans garant...Vous y restez, à la rue.


                  J'ai passé 10ans à l'ASE. Je suis ce qu'on appelle une incasable. Une fille dont les éducs ne savaient pas quoi faire et qu'ils se balançaient d'un foyer à l'autre en se disant que "eux" trouveraient une solution. Mais ils n'ont jamais rien su de moi, ni de mon histoire, il aurait peut-être fallu commencer par là. Le dossier ASE ne contient que la parole des parents et de l'assistante sociale, pas celle de l'enfant.

En 10 ans, je ne leur ai quasiment jamais adressé la parole, et ils m'ont simplement oubliée. Normal, je ne faisais pas de scandale, je ne criais pas, je faisais mes corvées sans qu'ils aient à le dire...Je ne demandais rien, je n'avais donc besoin de rien, hein...

Ils m'ont fait la morale pendant des semaines, me criant dessus lorsque j'ai fini par refuser de retourner passer les week-ends dans cette famille où j'ai subi des choses dont ils ne pouvaient pas être au courant puisque je n'existais pas à leurs yeux, seuls les droits de ma famille existaient. Ils m'ont obligé à prendre des décisions qu'un enfant ne devrait jamais à avoir à prendre de lui-même, sans aucun soutient, dans une solitude dont je me consolais en me disant que seule la solitude me sauverait. Ils n'ont pas pu soigner ma pathologie qui s'est aggravée avec le temps car, encore, ne pouvant pas leur faire confiance, je ne leur ai rien dit, et ma famille n'avait rien à faire de ma santé.
Ils m'ont déscolarisée, renvoyée dans une famille plus que défaillante, puis reprise, comme un joujou. A mes 17ans, ma référente a paniqué et m'a inscrite dans une école pour passer "vite fait" un CAP et faire bien devant le juge. Résultat, j'ai pu finir ma 1ère année, et la deuxième, à la rue une bonne partie du temps, à été plus compliquée.
Alors que je commençais à sortir le nez de l'eau, un appel des éducateurs de mon ancien foyer m'apprend que ma petite sœur, de 10 ans ma cadette est à son tour placée, et qu'ils "ne savent vraiment plus quoi faire" (!!!) me demandant de venir lui parler. Lorsque je suis arrivée au café où nous avions rendez-vous, ma petite sœur de 13ans était assise à côté de l'éduc et commandait un demi! L'éduc n'a rien dit, et il a fallu que je rectifie en disant "non, tu prends un diabolo".
Elle est restée 1an dans ce foyer de Metz. En un an, elle est devenue alcoolique, narcomane, a eu des relations non protégées à cause desquelles elle est tombée enceinte et à attrapé le SIDA! Le petit lui a été enlevé et depuis sa vie n'a été qu'une chute toujours plus profonde jusqu'à ce 26 juillet 2017 où elle s'est jetée par la fenêtre. Ma petite sœur est morte, elle aurait eu 27ans le 30 août.

Moi, aujourd'hui, je suis handicapée, j'ai mis 7ans à pouvoir obtenir le droit de passer une VAE qui s'avère difficile, je n'ai évidemment pas d'emploi. Chaque fois que je change d'appart', c'est la même galère "Z'avez pas de garants?" ..Ba non, pas de parents, pas de garants...Pas de garants...Pas d'appart, ou des trous pourris. Je n'ai pas pu récupérer mon dossier ASE en totalité, car le temps que je m'en sorte, les 10ans été dépassés et les dossiers détruits. On m'a dit "M"enfin, M'dame, z'avez l'droit à l'oubli!". Ca va, merci, l'oubli, c'est le deuxième prénom de l'ASE.

Ma petite soeur est morte et je ne peux rien récupérer de ce qui reste d'elle : ses dossiers ASE. Car je ne suis "que sa soeur". Ses parents qui l'ont cachée, et qui vont désormais s'attacher à oublier et nier l'existence de cette "tache" ne veulent pas de ces documents ou les détruiraient. Or, elle a un fils, qui aura peut-être envie, un jour, de comprendre, et je veux récupérer ces dossiers afin de les lui garder.

Je ne demande pas. Je veux :


1/Que les foyers soient contrôlés par une équipe pluridisciplinaire composés d'anciens de l'ASE en mesure d'analyser et de décrypter ce que les "pros" ne peuvent déceler, d'un psy et d'un juriste.

2/Que les enfants en foyer soient éduqués et non parqués comme des fauves et balancés à 18ans, livrés à la rue et ses dangers!

3/Que des peines soient prévues lorsque la structure accueillant le jeune en danger ne répond pas à ses obligations de soins et d'éducation, et aussi lorsque le jeune se retrouve à la rue à 18ans, sans aucun moyen de s'extirper de sa condition de SDF.

4/Que des emplois publics soient réservés ou prioritaires pour ces jeunes que l'état à été incapable de protéger, et quelque fois, à mis encore plus en danger que les familles dont ils sont issus.

5/Que les dossiers ASE/foyers/juge soient numérisés et conservés sans limitation de durée, ou que la personne concernée soit consultée avant destruction. Après tout, on conserve bien les actes de naissance, croyez-vous vraiment qu'un acte de naissance soit plus important que tout un pan de notre histoire???

6/Que vous vous rendiez bien compte que NOUS, enfants de l'ASE, sommes une masse non négligeable, 300 000 enfants suivis chaque année, dont environ 120 00 en foyer, qui en sortent un jour, côtoyant vos enfants peut-être, vous demandant l'aumône dans la rue, vous coûtant chers en soins et aides multiples, alors que nous pourrions être des partenaires. depuis mon départ du foyer en 1997, j'ai calculé et estime le nombre de mes "co-placés"  à environ 2 400 000...

Otez le cailloux de votre chaussure et avancez avant qu'on s'en charge!



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