NOUS JEUNES, nous nous positionnons pour un avenir SANS GCO

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Bonjour à tous,

Nous sommes un groupe d'étudiants à avoir rédigé une lettre à l'adresse du président de la république et de tous les grands "soutiens" au projet du GCO, qui se joue en Alsace en ce moment. C'est une lettre ouverte, nous allons la diffuser. Le but est de la faire signer par le maximum de jeunes, pour agrandir le mouvement et pour montrer que la jeunesse se sent elle aussi concernée par la lutte contre ce projet et tous les projets similaires qui nuisent à notre avenir à tous.

Si nous voulons agir contre les décisions étatiques insensées au regard du climat et des enjeux environnementaux, nous pouvons commencer par signer cet appel et demander à l'État de respecter les droits et procédures légales des citoyens. Notre parole est essentielle car il s'agit de notre avenir !

Des associations d'étudiants vont également par la suite apposer leur signatures très prochainement.

Vous aussi participez en signant et partageant ! 

Ci dessous voilà la lettre : 

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À l’attention du Président de la République Emmanuel Macron,

et des acteurs favorables au projet du Contournement Ouest de Strasbourg.

Le 8 octobre 2018

Nous, jeunes de France, exprimons par cette lettre ouverte notre indignation devant les récents agissements des pouvoirs publics, et prenons position pour un avenir sans GCO.

 

Le Grand Contournement Ouest de Strasbourg ou Contournement Ouest de Strasbourg (GCO ou COS) est un projet de tronçon autoroutier à péage, de 24 km entre le Nord et le Sud de Strasbourg. Ce projet est présenté comme solution de désengorgement du trafic sur l'A35, et serait une solution à la pollution de l'air de Strasbourg.

L'irrationalité de ces arguments est plus que démontrée. 120 médecins se sont récemment mobilisés pour dénoncer le problème de pollution de l'air à Strasbourg, que le GCO ne ferait qu'aggraver. Tous les rapports, avis d'experts indépendants et consultations liés au projet ont soit conclut à son "inutilité avérée" soit rendu un avis défavorable après enquête. Des solutions à ces problèmes existent et ne demandent qu'à être réalisées (voir les rapports : TTK et 10 solutions pour réduire les bouchons). Ce projet vieux de plus de quarante ans répond à des logiques archaïques et dépassées. Non content de n'apporter aucune réponse à des problématiques existantes, le GCO permettrait un report de trafic européen de poids lourds en Alsace très important, augmentant les effets des problématiques déjà citées. Le concessionnaire et constructeur du projet, Vinci, dans un document de janvier 2018 écrit : « Le projet de construction du COS s'inscrit dans l'objectif de faciliter la libre circulation entre l'Europe du Nord et de l'Est et l'Europe du Sud ». Citons aussi le rapport d'enquête de 2007 : « le désengorgement de l'A35 n'est ni l'enjeu, ni l'objectif du GCO ». Malgré cela, alors que des recours en justice sont encore en cours, comment les travaux ont-ils pu commencer ? Le syndicat des avocats de France s’en est d’ailleurs indigné dans un communiqué du 13 septembre, dénonçant « une atteinte intolérable au principe du recours effectif » de la part du premier ministre et du préfet, rappelant qu’il s’agit de « valeurs consubstantielles à un état de droit ». Pourquoi des hectares de forêt sont aujourd'hui réduits en poussière ?

Lundi 10 septembre, suite à un arrêté du préfet autorisant le début des travaux, les forces de l'ordre ont investi les lieux de la ZAD (Zone à Défendre) de Kolbsheim au sud du tracé, expulsant les manifestants présents. Les jours suivants, les machines, escortées par la police, ont commencé à déboiser. Pendant plus de 108 heures, les forces de l'ordre sont restées présentes dans le village de Kolbsheim, repoussant systématiquement, parfois à coups de gaz lacrymogène, élus, maires, députés français et européens, presse, et huissier de justice. Vendredi 14, le tribunal administratif de Strasbourg, saisit en référé, suspendait l'arrêté préfectoral qui autorisait le commencement des travaux d'une partie du projet, au motif de doutes sérieux sur sa légalité. En même temps, les travaux de déboisement commençaient sur tous les autres secteurs du tracé. Un second référé suspensif contre le dossier complet d'autorisation a été jugé le 25 septembre mais cette fois rejeté "à titre exceptionnel" pour cause de "trouble à l'ordre public", et ce malgré "un doute sérieux sur la légalité du projet". C'est ce passage en force illégitime qui nous indigne et nous révolte. Comment peut-on commencer des travaux irréversibles quand la légalité du projet est à prouver ?

Nous jeunes, ne pouvons pas faire confiance à un pouvoir exécutif qui agit dans l'illégalité avérée. Ces actes sont par définition inadmissibles. Enfin, le projet GCO/COS c’est aussi la destruction de dizaines d'hectares de zones naturelles protégées, de forêt et autres habitats d’espèces protégées ou en voie de disparition. Une véritable catastrophe écologique qui a déjà commencé. Aujourd’hui on le sait : « Un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage (écologique) de ce qui peut encore l’être sa priorité concrète, ne saurait être pris au sérieux » comme nous le rappelle la tribune du physicien Aurélien Barrau et de l'actrice Juliette Binoche signé récemment par deux cent personnalités publiques. A travers le Plan climat, la COP21, et de nombreux autres engagements, le gouvernement semble reconnaître que ces enjeux soient de la première importance. Mais nous assistons pourtant à une véritable schizophrénie de la part de l’État. D’un côté, le projet de loi pour intégrer les enjeux environnementaux dans la Constitution, et de l’autre l’État qui ne respecte pas les avis alarmants de son propre Conseil National de la Protection de la Nature sur un projet aux répercutions multiples et considérables. D’un côté, le gouvernement s’engage pour une Zéro artificialisation des sols, et de l’autre 300 hectares de terres sont goudronnés. Par ces actions à contre sens de l’histoire, c’est notre avenir à tous et celui des générations futures, qui est galvaudé. À travers ce projet de GCO, ce n'est pas seulement l’impact sur la population des villages concernés par le tracé ni sur Strasbourg que nous dénonçons, c'est toute une politique incohérente aux répercussions graves sur l'ensemble de la population. Comment envisager l’avenir, si sur des sujets d’une telle portée aucune action n’est faite pour empêcher ce désastre, maintenant et sans attendre ?

Au vu de tous ces éléments, ces enjeux qui concernent plus que tout autres la jeunesse que nous représentons, nous demandons que les travaux soit interrompus en attendant les décisions de justice sur le fond du projet GCO, et que les positions des pouvoirs publiques soient revues face aux enjeux que nous avons évoqués.

À tous ceux qui se sont battus et qui ont donné de leur temps pour défendre, protéger, informer. À ceux qui souhaitent laisser un monde meilleur pour ceux qui suivront et qui s’en donnent les moyens, et à ceux qui lisent cette lettre et qui seront demain les défenseurs de l’avenir, Merci.

 

Sources :
- Rapport TTK sur les différents scenarii envisagés : https://app.box.com/s/08ghg2bczcesk2jg680qfrz389vk4f6m

- vidéo de la compagnie Va savoir : le GCO une autoroute, vraiment incontournable ? https://www.dailymotion.com/video/x222m3r

- Tribune des médecins : https://www.dna.fr/edition-de-strasbourg/2018/07/02/des-medecins-strasbourgeois ecrivent-aux-ministeres-et-a-macron

- communiqué du syndicat des avocats de France : http://lesaf.org/grand-contournement-ouest-une-atteinte intolerable-au-principe-du-recours-effectif/



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