Cessation du lynchage des béninois présumés cybercriminels ritualistes d'enfants au Togo .

0 a signé. Allez jusqu'à 500 !


Plaidoyer pour la cessation du lynchage des béninois "présumés cybercriminels ritualistes d'enfants " au Togo voisin.

Pour l'amour de l'humain, pour la paix, pour la justice, pour la sécurité, contre la violence, sans être partisan ou paraitre avocat défenseur du diable, je me permets de plaider pour que cesse le lynchage de ces présumés délinquants au Togo.

1) De quoi s'agit-il?

Certains pays d'Afrique ont récemment connu la recrudescence d’assassinats rituels d’enfants notamment la côte d'Ivoire avec l'assassinat du jeune Bouba, le Bénin et le Cameroun.

L’assassinat rituel consiste à porter atteinte volontairement à la vie d’une personne dans le but de l’offrir en sacrifice ou d’offrir les produits de son corps en sacrifice à des fétiches ou divinités. Dans ces conditions fallait-il agir ? la réponse positive s’impose. Et pour cela, on peut féliciter le gouvernement Béninois.

Par la suite contre qui agir ?

Le gouvernement du Bénin estimant que les auteurs de ce crime sont pour l’essentiel des « présumés cybercriminels » dénommés en langue locale « gaymen », a décidé de mener une riposte afin de faire cesser le phénomène. Une autre difficulté survient : sont-ils vraiment les auteurs de ces crimes ? Sont-ils les seuls auteurs ou les vrais auteurs ? Comment agir contre eux dans l’affirmation ? Et là, le gouvernement a fait le choix d’une politique de « chasse à l’homme » fortement médiatisée sans en mesurer les conséquences médiates. On connait la suite. En fuyant la privation de liberté ils font l’objet d’un lynchage populaire dans le Togo voisin.

2) Pourquoi tout cela arrive ?

D’abord la cause : Certains diront que la cause première de ce lynchage, c’est l’assassinat rituel d’enfants. Peut-être que oui. D’autres penseront que c’est le sentiment d’insécurité suscité par la présence de ces personnes sur le territoire Togolais. Une approche proche de la vérité puisse que la première cause du lynchage populaire physique, c’est l’insécurité encore qu’il ne faut pas confondre cybercriminel (délinquant contre les biens) et assassin rituel (délinquant contre la personne).  Pour ma part, le gouvernement Béninois semble la cause principale de ce lynchage. En présentant ces cybercriminels comme assassins d’enfants, il s’est rendu coupable « d’incitation à la vindicte populaire » tant au plan interne qu’externe.

Ensuite les conséquences : Déjà au plan juridique, plusieurs droits sont violés. Il en est ainsi de la présomption d’innocence, du droit à la sécurité, du droit à la sûreté, de la discrimination procédurale, du droit à la vie, de la préservation de la dignité humaine, du droit à un procès pénal, de l’interdiction de la torture et des traitements dégradants, de la responsabilité pénale individuelle etc.

Mieux, le lynchage comporte des infractions de droit commun comme l’assassinat, la non-assistance à personne en danger, les violences collectives…

D’un point de vue social, le lynchage risque de nuire aux relations interindividuelles entre les deux pays frères.

3) Quelles questions soulèvent ces lynchages?

Le lynchage est-il la solution à l’assassinat rituel d’enfants ? la procédure répressive engagée par l’Etat Béninois est-elle régulière ?

4) Quelles réponses peut-on apporter à ces questions?

S’agissant du lynchage : On ne peut répondre au crime par le crime. Nul n’a le droit de se faire justice et les responsables directes ou indirectes de ces lynchages doivent être poursuivis devant les juridictions au plan pénal, au plan civil et au plan constitutionnel.

Qui sont les responsables ? L’Etat Béninois et la foule délinquante du Togo.

Que faire ? Le gouvernement du Bénin doit agir au plus vite pour assurer la protection de ces ressortissants fugitifs. Les parents des victimes doivent agir en justice aussi bien contre L’Etat béninois que contre les exécutants.

S’agissant de la procédure répressive engagée : On ignore dans quel cadre les actes de la police républicaine sont posés : Enquête préliminaire ? Si oui par rapport à quoi ? Cybercriminalité ou assassinats rituels ? Dans ce cas, pourquoi la coercition ? Enquête de flagrance ? Rien ne la justifie. Serait-on en face d’une enquête judiciaire ? On en sait rien. Le fait de trouver des traces d’actes cybernétiques ou de fétiches au domicile d’une personne emporte-t-il assassinat rituel ? rien ne le prouve. On ne nie pas la réalité des pratiques charlataniques en Afrique.

Une fois encore la démarche est salutaire mais la manière et la méthode posent problème. Il ne faut pas l’oublier le digeste de Justinien l’a affirmé depuis fort longtemps « il vaut mieux laisser un coupable impuni plutôt que de condamner un innocent. »

Gamèli NOUWADE

Doctorant en droit privé et Sciences Criminelles des Universités de Clermont Auvergne et Abomey-Calavi.



Gameli compte sur vous aujourd'hui

Gameli NOUWADE a besoin de votre aide pour sa pétition “A l'attention des gouvernements béninois et Togolais: Cessation du lynchage des béninois présumés cybercriminels ritualistes d'enfants au Togo .”. Rejoignez Gameli et 226 signataires.