Danser à l'école, une contre-culture de la violence

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Bonjour,
Si vous pensez comme nous que DANSER A L'ECOLE peut être un outil concret pour répondre aux situations de violence dans les établissements scolaire, REJOIGNEZ NOTRE COLLECTIF, faites entendre votre voix.
Le Ministère de l'Education Nationale travaille actuellement à identifier des outils pédagogiques pertinents dans la situation actuelle. Nous lui adressons une lettre que vous pouvez trouver ci dessous.
La danse peut être un levier formidable pour donner aux enfants le sens de la coopération, de l'entraide, de la mixité garçon/fille. Elle produit une baisse de l'agressivité.
Or, elle n'est pas identifié comme outil pédagogique et reste marginale.
Il est urgent que nos institutions s'emparent de la danse comme outil pédagogique. Trop de méconnaissance, trop d'à priori empêchent les enfants de s'épanouir sereinement en développant leurs savoirs et leur potentiel au sein d'un groupe social. En paix, avec espoir et joie.
Merci à celles et ceux qui acceptent de rejoindre notre collectif et de signer notre pétition.

  LETTRE A MONSIEUR BLANQUER

 Monsieur le Ministre de l'Education Nationale, Monsieur Blanquer,

 les éléments que vous avez avancez lors de votre prise de parole surFrance Inter le 18 novembrevous engagent à apporter des outils concrets en faveur d'une meilleure réponse à la violence que l'on trouve au sein des établissements scolaires. Ces violences sont multiples et méritent la mise en place de plans novateurs, efficaces et porteurs d'espoir.

 La priorité est donnée à l'école primaire, pour garantir un socle de connaissances indispensable et poser les bases d'une école du respect de l'autre, respect des règles communes, de la confiance et de la coopération. Nous avons une proposition à faire pour l'école primaire , qui peut répondre à la complexité des situations que traversent les enfants aujourd'hui dans leur construction de personne, de citoyen.

 Dès le plus jeune âge, la pratique de la danse, le plus physique et le plus relationnel des arts,apporte aux enfants des éléments fondateurs. Au delà d'une danse de divertissement, de loisir, il s'agit là, d'une danse comme langage et savoir culturel, que le Ministère de la Culture a soutenu de manière volontaire depuis 40 ans, formant des professeurs à une pédagogie de l'éveil, extrêmement pertinente.

 Nous souhaitons ici, porter à votre connaissance comment les éléments pédagogiques de cette approche de la danse peuvent devenir un levier efficace contre les dérives négatives que l'on peut trouver au sein des établissements scolaires.

 Nous vous remercions pas avance de l'attention que vous saurez porter à notre lettre.

 Nos affirmations se fondent sur les nombreuses actions qui ont pu exister dans le plan « Danse à l'Ecole »et également sur des observations faites sur des groupes d'enfants de 6,7,8 ans ayant pratiqués pendant une heure par semaine la danse, avec un professeur formé à l'éveil de la danse, au sein du Ministère de l'EN et MCC

 Le corps est trop absent des enseignements. Il est porteur de connaissances et accompagne le développement de la pensée. La pratique de la danse, qui développe chez l'enfant, un espace d'expression et de connaissances permet, au travers de règles communes et d'expériences fondatrices l'apparition d'un espace commun et l'enrichissement d'un espace personnel, sans compétition.

 Sur quoi la danse peut agir et comment transforme t elle ?

Dix arguments en faveur d'une pratique de danse dès le plus jeune âge, dans le cadre scolaire.*

 *Dix arguments développés en Annexe

1- La mixité garçon-fille

2- Le sens du commun, la coopération

3- La connexion à l'intime

4- La gestion de situations de stress

5- La Baisse de l'agressivité

6- L'acceptation de consignes et de règles communes

7- L'adaptation à l'évolution du monde contemporain

8- La contribution à l'interdisciplinarité et l'entrée dans les processus d'abstraction

9- La résistance à une fascination liées aux images et aux modèles en circulation

10- L'acceptation de son corps et la prévention de l'obésité

 Nous pourrions développer encore, dans notre adresse à vous, le potentiel pédagogique de la pratique de la danse, tant nous sommes nombreux à en être convaincus. Nous savons que le mot danse est encore associé à des à priori, fondés sur une méconnaissance. Aussi, nous vous demandons d'étudier avec la plus grande attention l'outil concret que nous vous proposons.

 Une heure de pratique de danse par semaine en primaire sur une durée de un an, encadrée par un professeur formé, peut se révéler un levier efficace et donner aux enfants des bases solides leur permettant de vivre sereinement leur scolarité en collège et lycée.

 Nous serions heureux de répondre à toutes vos questions, de vous présenter la structuration de notre milieu, soutenu de manière volontaire par le Ministère de la Culture depuis presque 40 ans.

 La mise en place d'un plan utilisant cet outil pédagogique dont nous avons voulu vous présenter les potentiels peut se mettre en place rapidement car il repose sur des réseaux existants, en s'appuyant sur les professeurs formés à l'éveil, sur la mise en place de partenariats EN/MCC, par exemple comme dans les classes culturelles, et également en structurant des formations.

 La pratique de cette danse favorise la mise en projet de l'élève qui enclenche l'ensemble des savoirs, ouvrant sur les différents langages, corporel, linguistique, oral, écrit, dans un processus d'écho entre les champs disciplinaires. L'activité engage un déplacement : un autre type de rapport au corps, un autre rapport aux élèves et aux savoirs deviennent possibles.

 Vous remerciant de votre écoute, nous sommes prêts à accompagner vos réflexions, solidaires face aux problématiques auxquelles vous avez à répondre. Nous nous faisons le porte-parole de nombreux acteurs de terrain qui oeuvrent pour que diffuse auprès des enfants ce esprit d'apaisement, de connaissance et de joie partagée que porte la danse.

 Avec nos salutations respectueuses

 Christine Graz, artiste-chorégraphique.

Collectif : Danser à l'école, une contre-culture de la violence

 

 

ANNEXE 


Sur quoi la danse peut agir et comment transforme t elle ?

Dix arguments en faveur d'une pratique de danse dès le plus jeune âge, dans le cadre scolaire.

1- La mixité garçon-fille

La danse est une pratique collective. Très vite, dans un espace commun, dans la découverte de ce qu'engagent les consignes données par le professeur, les enfants oublient leur différence. Engagés dans le plaisir et la concentration de l'action, ils s'ouvrent à ce qui les entoure et laissent tomber les barrières. Ils n'hésitent pas à se donner la main.

« Dans les danses du peuple, partout le premier geste est de se donner la main. La danse est un moyen de communication social, politique et religieux. Et le public participe à cette magie, à cette empathie... » Maurice Béjart

 2- Le sens du commun, la coopération

Avec la danse, les enfants arrivent à exprimer leurs envies. Les plus timides arrivent à se lâcher et cela crée un bon équilibre dans la classe. La force du groupe est également un facteur important : lorsqu'un enfant se trompe, il est « récupéré » par le groupe. Cela donne une grande confiance en soi et l'enfant comprend qu'il peut compter sur les autres.

« L'école a trop privilégié la théorie... Boris Cyrulnik affirme dansDialogue sur la nature humaineque le développement de l'intelligence va de pair avec le développement de l'affectivité. Sans elle, nous n'aurions pas notre intelligence, notre soif de connaître. Les expériences artistiques peuvent donner chair et concrétude à cette idée, en particulier celles qui s'appuient sur la danse,le plus physique et le plus relationnel des arts »Dominique Hervieu, Directrice de La Maison de la Danse à Lyon.

 3- La connexion à l'intime

A partir de la perception sensible, l'enfant organise son expérience du mouvement, ouvrant sur un imaginaire intime, non verbal. Il reconnaît les sensations traversées, la conscience de soi tout en la partageant avec le groupe. Cette ouverture à soi et à l'autre, produit une reliance, comme « rupture de l'isolement », « communion humaine ». Cette démarche valorise l'enfant comme personne, intégrée à un collectif, dans une attitude autonome. Il faut voir les petits garçons de CE1 arriver en cours de danse avec un large sourire, ayant intégrés lors des cours précédents les espaces de liberté, d'expérience et de partage que la danse leur permet pour saisir la transformation en jeu par ce travail et le potentiel d'engagement des enfants.

 « Comme émotion, c'est la joie...Je suis heureux, je suis curieux, c'est comme si on voyageait »

« J'aime la danse des monstres, parce que moi j'ai aussi beaucoup peur alors c'est normal ».Paroles d'enfants sur ce qu'apporte la danse,https://www.occe09.org/carnets-de-bal

 4- La gestion de situations de stress

La danse peut réinventer le rapport à l'apprentissage. Dans un processus créatif, il n'y a pas de rapport aux notes, pas de peur d'avoir zéro. Chaque expérience est retenue, rien n'est effacé. La danse permet de communiquer autrement. Le fait d'engager physiquement une expression propre à chacun dédramatise les notions de réussite et d'échec. Les noeuds se dénouent. La danse apporte de la joie.

« Les découvertes récentes en neuroscience coïncident avec ce que l'on met en jeu en danse : la complicité de l'écoute entre partenaires... On sait de plus en plus combien ces projets infléchissent une dynamique de classe vers la réussite, en renforçant profondément l'estime de soides élèves et leur appétit d'apprendre »Anne Sachs, association Fenêtre sur Cour

 5- La Baisse de l'agressivité

Les élèves, dans le contexte sociétal actuel sont porteurs d'une violence intériorisée qui éclate face aux difficultés rencontrées. Cette violence prend corps et produit des tensions corporelles que le professeur de danse peut comprendre et avec lequel il peut composer. La danse met en jeu un travail en profondeur sur lecouple Tension/Relâchement.C'est au travers d'exercices, de jeux que l'enfant va dialoguer avec ces tensions corporelles accumulées en lui. Ce travail transforme ces données en énergie et en permet une maîtrise. Le professeur de danse sait comment avoir une approche compréhensive de ce phénomène et va soit favoriser le déchainement des tensions, soit permettre de les décharger.

« La danse est une contre-culture de la violence... Rendre son corps disponible aux mouvements inhabituels implique une régulation tonique, un lâcher dans les tensions, ou aussi, le contraire, une mise en tension. Construire le mouvement sur des temps musicaux, en accord avec des partenaires, exige des régulations fines » Michelle Coltice, enseignante, porteure de projets danse

 6- L'acceptation des consignes et des règles communes

Dans le cours de danse, la première règle est d'écouter la musique et d'écouter comment son corps se déploie dans l'espace, en dialogue avec son centre de gravité, son centre énergétique. Ce territoire de l'écoute produit des sensations, des données immédiatement incorporées, qui apaisent, nourrissent, procurent un plaisir. L'enfant comprend très vite qu'en suivant les consignes et règles, il va rencontrer cet espace intime rassurant. C'est ainsi, naturellement qu'une autonomie se met en jeu, sans violence autoritaire.

« Une certitude, il faut de l'humain pour le développement émotionnel, cognitif, langagier. Il s'agit d'un vrai boulot d'enseigner la danse, la musique. » Michel Desmurget, Directeur de recherche au sein du centre de neurosciences cognitives de Lyon

7- L'adaptation à l'évolution du monde contemporain

La manière d'organiser les savoirs aujourd'hui demande beaucoup deflexibilité, d'adaptabilité. Elle exige une autonomie ainsi qu'une créativité. La danse, par l'écoute qu'elle développe au sein du groupe toujours en transformation donne des outils structurants et concrets et développe une attitude ouverte et sereine face aux multiples adaptations nécessaires aujourd'hui. Elle crée une motivation, une curiosité, propice à dépasser les difficultés dans une adaptabilité constante.

 « Aujourd'hui, l'apprentissage à l'école est un processus individuel, que vient couronner chaque fin d'année scolaire la reconnaissance de la réussite personnelle de chaque élève. Or, dans le contexte de plus en plus interdépendant dans lequel nous évoluons, nos écoles doivent préparer les élèves à vivre dans un monde où ils devrontcollaborer avec d'autres, d'origines culturelles diverses, et se confronter à des idées, perspectives et valeurs différentes des leurs. » Andreas Schleicher, Directeur du département Education de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques).

 8- La contribution à l'interdisciplinarité et l'entrée dans les processus d'abstraction

Les liens entre les disciplines permettent à l'enfant de relier les savoirs. En évitant le morcellement, on redonne sens à ce que l'on apprend. Par exemple, les enfants aiment les codes et la Symbolisation du Mouvement Dansé (un « solfège » de la danse simplifié) est un outil pédagogique avec lequel les enfants traduisent, en engageant leur corps dans l'espace, des codes dessinés. Ils sont friands d'inventer leur propre code. Les dessins corporels dialoguent avec les motifs dessinés et permettent une appréhension naturelle de l'abstraction. Nous ne pouvons pas aujourd'hui, dans un monde où le numérique et les langages codifiésse multiplient laisser ces savoirs incarnés demeurer confidentiels.

 « Les enfants ont très vite compris les consignes et se les sont appropriées. Dans le studio de danse, ils traçaient avec leur corps des lignes dans l'espace et nous avons pu travailler plus tard en cours de mathématiqueà partir des dessins et des codes qu'ils avaient choisis pour leur danse. La compréhension a été immédiate, avec beaucoup decuriosité et de motivation. »Un professeur des écoles

 9- La résistance à une fascination liées aux images et aux modèles en circulation

La pratique de la danse de création élabore une émancipation, une autonomie,tout en suivant les règles communes . Les exercices mettent en jeu le corps mais pas seulement. Une maïeutique profonde nourrit un précieux partage et respect de soi et des autres dans leurs différences. Les processus de fascination, notamment à tout ce qui a trait au corps, véhiculés par les multiples images auxquelles les enfants ont accès peuvent alors être remis en question (et notamment les images pornographiques). L'enfant devient capable dequestionner, de se questionner, de choisirce qu'il veut vraiment. Il devient acteur de son devenir. Répondre à ces dérives par des situations pédagogiques structurantes, c'est trouver une issue à un vrai problème de santé publique.

 «De plus en plus d’enfants et d’adolescents, issus de tous les milieux sociaux, sont confrontés à des images pornographiques, le plus souvent imposées par un copain ou une publicité, alors qu’ils n’ont pas eu le temps de développer leur propre imaginaire érotique ni leur curiosité sexuelle. Sur un esprit immature, avant l’âge de 16 ans, ces images agissent comme un viol de l’imaginaire. »Thérèse Hargot-Jacob, philosophe et sexologue  

10- L'acceptation de son corps et la prévention de l'obésité

Beaucoup d'enfants en surpoids ne peuvent participer pleinement aux activités de leur âge et se renferment petit à petit sur eux-même. En pratiquant la danse, ils réalisent le champ d'expérience qui leur est accessible et peuvent sentir les différences de tonus qui les habitent. Dans les stratégies pédagogiques du cours de danse, l'effort peut toucher à la jubilation et l'enfant comprend que son corps est un partenaire dont il faut prendre soin.La rigueur et la discipline peuvent devenir des éléments naturels, sans injonction extérieure amenant à une autorégulation alimentaire. Celle-ci peut reposer sur des programmes couplés avec des nutritionnistes, comme par exemple dans le cas des Breakfast classes.

« Le projet vise à sensibiliser chaque enfant à la danse (contemporaine et hip hop) et à la nutrition en éveillant sa curiosité, son imagination et ses émotions et en rendant, élèves et enseignants, responsables et acteurs du projet. Le tout pour découvrir les recettes d’une alimentation équilibrée. » Breakfast classes mises en place par la ville de Roubaix avec le Centre de Développement Chorégraphique National Le Gymnase

 

 

 



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