Petition update

QUE PENSENT NOS DÉPUTÉS D'UNE LOI SUR L'AIDE ACTIVE À MOURIR?

Marie GODARD
Livers-Cazelles, France

Oct 15, 2017 — Il y a de cela près d'un mois, j'ai envoyé 577 mails à nos députés -- eh oui! un mail à la fois pour être certaine que mon courriel ne se retrouverait pas dans la boîte des indésirables.

À ce mail, onze députés seulement ont répondu...

Je ne vous cache pas que j'étais très déçue et surtout en colère que tous les autres estiment que le sujet n'était pas suffisamment important pour mériter une réponse de leur part.

Alors, entre le 10 et le 12 octobre dernier, j'ai à nouveau écrit à tous les députés qui ne m'avaient pas répondu, cette fois encore, en envoyant les 566 mails un à la fois.

Je vous mets la lettre ci-après dans laquelle je les invite à me répondre avant dimanche, donc aujourd'hui, faute de quoi je mettrai en ligne la liste des députés qui ne semblent pas très préoccupés de ce que pensent près de 225.000 de leurs concitoyens à propos de la fin de vie en France.

Comme le site de change.org ne permet pas de créer des colonnes et de faire des listes, j'ai mis la liste de ceux et celles qui m'ont répondu sur le site de témoignages -- lien en bas de page -- J'ai reçu 90 réponses au moment où j'écris ces lignes. C'est encore bien peu...

J'en profite, ici, pour remercier ceux qui ont répondu d'avoir pris le temps de le faire et, pour l'immense majorité d'entre eux, de s'être déclarés en faveur de cette loi sur l'aide active à mourir que nous appelons tous de nos voeux. J'ajoute que dans cette liste apparaissent les noms de tous ceux qui ont co-signé la proposition de loi de Jean-Louis Touraine, ce pour quoi je les remercie beaucoup, bien évidemment.


LETTRE AUX DÉPUTÉS N'AYANT PAS RÉPONDU À LA PREMIÈRE:

Madame, Monsieur,

J’aime croire que le courrier que je vous ai envoyé le 21 septembre s’est égaré et que c’est la raison de votre silence.

Je vais donc en reprendre les éléments essentiels.

Le 2 août 2017, j’ai mis en ligne une pétition pour que soit votée une loi sur l’aide active à mourir, qui a recueilli, au moment où je vous écris, plus de 222.000 signatures. Les chiffres continuent de grimper chaque jour de façon très régulière et j’ai tout lieu de croire que nous arriverons à franchir la barre des 500.000 en prenant en compte toutes les pétitions qui circulent sur l’internet sur ce même sujet, ainsi que le CESE m’a dit vouloir le faire. J’ai également créé un site internet pour recueillir les témoignages de malades et de leurs proches, mais aussi des médecins, infirmières et aides soignantes qui travaillent avec des gens qui sont gravement malades ou en fin de vie.

Une proposition de loi a été présentée récemment par Monsieur Jean-Louis Touraine à ce sujet. Il semblerait qu’il y en ait une autre qui soit sur le point d’être présentée par Monsieur Olivier Falorni, dont je ne trouve pas trace, pour l’instant, sur le site de l’Assemblée Nationale.

Les Français, comme vous ne pouvez pas l’ignorer, réclament depuis très longtemps que soit votée une loi du type de la loi belge pour que l’on puisse enfin mourir sereinement en France sans avoir à passer par la case sédation profonde et continue, couplée à l'interruption de l’alimentation et de l’hydratation, méthode qui n’est rien d'autre qu’une façon hypocrite qu’ont certaines personnes, médecins ou politiques, de se donner bonne conscience aux seuls dépens du malade. La vérité, c’est que personne ne peut dire avec certitude que celui-ci ne souffre pas de la faim et de la soif. Et ce serait nier l’évidence que de prétendre que la douleur est systématiquement prise en charge. C’est faux, et nous sommes des millions de Français à avoir entendu les appels à l’aide de proches qui demandaient qu’on les soulage sans que rien ne puisse plus être fait pour eux. Tous les médecins qui ont travaillé avec des malades en fin de vie en conviendront: il arrive un moment où même les traitements les plus forts ne parviennent plus à apaiser la douleur.

En somme, la loi Claeys-Leonetti, qui autorise le « laisser mourir », donne exactement les mêmes résultats que l’injection létale — la mort du malade et la bonne conscience du médecin —, sauf que, dans le premier cas, le médecin a bonne conscience car il n’a pas euthanasié le malade puisque celui-ci est mort de faim et de soif, alors dans le second cas, le médecin a bonne conscience car il a respecté le souhait du patient et a eu le courage et l’empathie de mettre un terme à des souffrances devenues insupportables.

Si vous doutez encore de ce qu’il y a lieu de faire, réfléchissez un instant à ce que vous voudriez que l’on fasse si c’était à l’un de vos proches que cela arrivait. Voudriez-vous qu’on le laisse mourir de faim et de soif ou souhaiteriez-vous qu’avec son consentement éclairé, il soit mis fin à ses souffrances s’il n’a aucun espoir de retrouver une qualité de vie acceptable pour lui ?

Madame, Monsieur, vous ne pouvez plus rester indifférent à ce débat. Vous ne pouvez plus accepter que ceux qui ont les moyens de le faire partent en Suisse ou en Belgique, comme l’a fait mon amie Anne Bert récemment, et que tous les autres aient à subir une fin de vie difficile, et pas simplement parce qu’il y a encore d’énormes lacunes dans la qualité et la disponibilité des soins palliatifs dans notre pays, mais parce qu’il y a des cas, et ils sont nombreux, où ce qu'il reste de la vie du malade est tout simplement devenu insupportable.

Et j’ajoute que la France n’a plus le droit de continuer à se reposer sur un autre pays pour faire ce que vous considérez comme le « sale boulot ».

Je vous demande donc de répondre sans tarder à ce courrier pour que les Français sachent de quel côté vous vous situez dans cet interminable débat, et si vous êtes prêt à voter une loi d’ici la fin de l’année 2018 qui réponde à ce que demandent plus de 90% des Français. Si vous n’en êtes pas convaincu, il vous suffit de consulter les derniers sondages et notamment celui de l’IFOP tenu au printemps dernier.

Comme j’estime avoir des comptes à rendre aux signataires de la pétition et que cela se fait notamment par le biais d’une mise à jour régulière — la prochaine dimanche — je publierai cette lettre dans la mise à jour. Je la mettrai aussi sur le site internet dont je vous ai parlé, et également sur Facebook, Twitter et tous les autres réseaux sociaux sur lesquels je suis présente. Je n’oublierai pas, bien évidemment, de la transmettre à tous les journalistes qui s’intéressent beaucoup, en ce moment, à ce sujet central. Et, ce qui est tout aussi important, j’y joindrai la liste des députés qui n’ont pas jugé le sujet suffisamment important pour justifier une réponse de leur part.

Il n’en tient donc qu’à vous de me dire si vous allez prendre part a la mise en place rapide de cette loi, ou pas, et en cas de refus, pour quelle raison. Je vous en remercie par avance.

Meilleures salutations,

Marie Godard


Keep fighting for people power!

Politicians and rich CEOs shouldn't make all the decisions. Today we ask you to help keep Change.org free and independent. Our job as a public benefit company is to help petitions like this one fight back and get heard. If everyone who saw this chipped in monthly we'd secure Change.org's future today. Help us hold the powerful to account. Can you spare a minute to become a member today?

I'll power Change with $5 monthlyPayment method

Discussion

Please enter a comment.

We were unable to post your comment. Please try again.