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    Petitioning Décideurs publics

    Nous, auxiliaires ! 4 décisions à prendre tout de suite pour valoriser notre métier

    Nous, auxiliaires de vie, nous sommes en première ligne au contact des plus vulnérables, face au Covid. Pourtant, comme le montre notamment le sondage réalisé par Alenvi auprès de 1100 auxiliaires, plus de la moitié d’entre nous ne se sentent pas concernés par les applaudissements tous les soirs à 20h. Comment est-ce possible ? Les conditions dans lesquelles nous travaillons ne sont pas alignées avec la réalité de notre métier faite d’empathie et de responsabilité. Les rapports Libault et El Khomri avaient partagé ce constat en 2019. Nous avons donc pris la plume avec des encadrants et dirigeants du secteur afin de formuler 4 propositions pour changer les choses. Depuis 1 mois, le gouvernement a montré qu’il pouvait prendre des décisions rapidement : qu’il agisse dès maintenant pour notre profession, pour ne pas mettre en péril la cohésion sociale du pays ! 1. Soyons inscrits dans les répertoires nationaux des professions de santé “Quand on va à la pharmacie, on nous jette au visage : vous ne faites pas partie du personnel médical pour avoir un masque” “On parle des soignants de l'hôpital et des ehpad mais rien sur les auxiliaires de vie” Nous voulons être considérés de la même manière que les soignants, ce qui est le cas dans la majorité des pays européens. Concrètement, cela veut dire nous inclure sans attendre dans les répertoires nationaux des professions de santé et nous donner, entre autres, le même niveau de priorité pour le matériel de protection (masques, blouses…), la possibilité d’avoir une carte professionnelle, d’utiliser un macaron pour notre véhicule... Cela contribuerait à faire évoluer les mentalités, le “care” continue à nourrir le “cure” et l’inverse prend tout son sens : le monde de la santé s’inspire de la manière dont on crée du lien dans nos métiers. On fait converger le soin et le “prendre soin”. 2. Nous voulons être rémunérés à la hauteur de ce que nous apportons à la société “On risque notre vie pour un salaire de misère et des primes que l’on ne verra jamais.” “Un métier peu valorisé qui demande beaucoup d’investissement pour un maigre salaire.” Dans son discours du 13 avril 2020, le Président de la République a souhaité redonner ses lettres de noblesses aux métiers ayant une utilité sociale. La France est l’un des pays de l’OCDE qui rémunère le moins bien ces métiers*. Passons des paroles aux actes, il est donc urgent de valoriser aussi notre métier par la rémunération. Nous voulons gagner à temps plein 1500€ net par mois. Cette revalorisation salariale ne constituerait pas une dépense supplémentaire mais bien un investissement pour un meilleur système global d’accompagnement et de soin. 3. Notre métier doit être reconnu comme 1 seul métier à part entière “J'aimerais que mon métier soit reconnu au même titre que les infirmières. Et que nous ayons un vrai statut.” “Nous sommes invisibles, mais j'aime mon métier !” On ne peut pas dire qu’on fait le même métier si on n’a pas les mêmes droits. Dès lors, fusionnons les branches professionnelles liées à notre métier pour définir une convention collective commune, qui corresponde à un même métier, pour donner à chacun les mêmes conditions de travail, et un OPCO commun, pour que chacun ait les mêmes chances de se former en continu. Enfin, il existe beaucoup trop de diplômes, ce qui réduit leur visibilité. Harmonisons-les sur un seul métier et surtout, faisons davantage coïncider ces formations avec la réalité humaine du métier. 4. Rendons obligatoire la qualité de société à mission ou le statut ESUS pour tous les sociétés commerciales du secteur afin d'aligner l'ensemble des acteurs vers leur utilité sociale “Pas vraiment d’écoute de la direction. Le chiffre avant tout ! Faut travailler même chez les bénéficiaires qui n’ont pas besoin.” “Les bureaux continuent de ne pas prendre en compte nos avis, il n’y a que l’argent qui compte.” La nécessité de valoriser les métiers du grand âge et le besoin d’humaniser l’accompagnement des personnes en perte d’autonomie sont des sujets sociaux majeurs. Leur prise en considération, ou non, ne peut pas dépendre d’arbitrages d’entreprises structurellement organisées dans un but de maximisation de la valeur actionnariale. Notre droit a récemment créé des statuts pour mettre la gouvernance des entreprises au service de l’ensemble des parties prenantes (salariés, bénéficiaires….), utilisons-les, maintenant ! * Source : Le « panorama de la santé » 2017 de l'Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) pour les infirmières.

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