Camif

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Camif, société à mission engagée pour une consommation responsable et la production locale. Site e-commerce dédié à l'équipement durable de la maison, favorisant le Made in France et l'économie circulaire.

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Petitioning Margrethe Vestager, Isabelle de Silva, Autorité de la concurrence, Commission européenne

Démanteler Amazon pour sauver notre commerce !

Si l’on ne peut que se réjouir du succès d’une entreprise, surtout quand elle révolutionne l’expérience clients et qu’elle oblige tous les acteurs traditionnels à se remettre en question au bénéfice des consommateurs, aucun acteur européen de la distribution ne peut lutter aujourd’hui, parce qu’aucun ne se bat à armes égales. Et pour cause, car les armes qu’utilise Amazon sont illégales. C’est ce que cette tribune souhaite mettre en lumière, et en cela, encourager Margrethe Vestager, commissaire européenne à l’initiative de l’enquête contre Amazon pour distorsion de concurrence et abus de position dominante, à aller plus loin. Par son hyper-puissance (en juin 2020, sa capitalisation boursière dépasse le PIB du Mexique ou de la Suisse[1]) et la fulgurance de sa croissance, Amazon prend de court les régulateurs. Les Chinois ne sont pas tomber dans ce piège : en interdisant l’accès aux GAFA américains, ils ont fait émerger leurs propres champions. Avec 57% de part de marché du e-commerce en France[2], et une progression de +40% depuis le 2nd trimestre 2020, accélérée par la Covid-19, la seule croissance d’Amazon en 2020, de +100 milliards de dollars, dépasse le chiffre d’affaire mondial du groupe Carrefour ! Que dirait l’Autorité de la concurrence si demain Carrefour annonçait le rachat d’un concurrent de sa taille en Europe ? Il en serait empêché, pour abus de position dominante. Et il faudrait que pour la croissance organique d’Amazon, il n’en soit rien ? L’abus de position dominante d’Amazon est également fondé sur un « business model » dual, très profitable d’une part et déficitaire de l’autre, et d’une organisation bâtie pour échapper à l’impôt. Ces deux leviers confèrent à Amazon des moyens inégalés, conduisant à une grave distorsion de concurrence et des abus de position dominante. Le modèle d’Amazon repose sur sa très profitable filiale de stockage et de traitement de données Amazon Web Service (AWS), qui réalise environ 10% du chiffre d’affaire du groupe, mais 7,3 milliards de dollars de profit, l’essentiel des profits du groupe. Fort de ses profits sur AWS, Amazon applique une stratégie extrêmement agressive de gain de parts de marché, exerçant une pression considérable pour le petit commerce, les e-commerçants et la grande distribution : faillites dans le jouet avec Toys’R Us[3], la mode avec les groupes André, Orchestra-Prémaman, Camaïeu, Naf Naf, sans compter les difficultés de nombreux « pure-players » et les centres villes affectés par les fermetures de petits commerces… Amazon investit massivement dans sa qualité de service, induisant de nouvelles exigences de la part de consommateurs, qui trouvent « normal » d’être livré gratuitement, de tout et n’importe quoi, en 2h, en plein dimanche. Et pour 5,99 euros par mois, Amazon Prime vous offre la livraison en 1 jour ouvré, ainsi que l’accès au catalogue de séries et films d'Amazon Video, du streaming musical (Prime Music), un service de eBooks gratuits et en illimité (Prime Reading), Prime Gaming (anciennement Twitch) ainsi que des jeux et du stockage gratuit dans le Cloud... et demain ? Alexa à votre service, de l’assurance offerte, de l’eau et l’électricité gratuite, un compte en banque et de la monnaie virtuelle (Amazon Coins) offerte ? Aucun commerçant, dont le cœur de métier est de faire de l’achat-revente, ne peut lutter face à l’alignement de multiples services offerts (à perte) aux clients Amazon. Imaginez-vous chez votre libraire : « et avec le roman de Houellebecq, vous prendrez bien mon abonnement à Canal+ offert, mon abonnement Deezer gratuit à vie, une Playstation avec accès illimitée à tous les jeux… » et puis quoi encore ? Sans parler de la manière dont Amazon est organisé pour échapper à l’impôt : 98% des vendeurs étrangers sur Amazon.fr contrôlés par Bercy fraudaient la TVA en 2019[4] ! Facile dans ce contexte d’être moins cher, quand sur les deux tiers de son activité e-commerce, la TVA saute ! On n’imagine pas Bercy voir d’un bon œil une grève de la TVA des commerçants pour se remettre en situation équitable avec Amazon… Amazon clame payer 450M€ d'impôts en France, mais agglomère l'impôt sur les sociétés, les impôts locaux, les charges sur les salaires, et même la TVA sur ses ventes directes (pourtant payée par les consommateurs) ! Surprenant aussi d’apprendre qu’Amazon bénéficie même d’un crédit d’impôts de 240M€ du Luxembourg chaque année[5]. Et quand Bruno Lemaire tente courageusement d’imposer une taxe GAFA, c’est sans hésiter qu’Amazon la répercute sur les commissions prélevées sur les vendeurs de sa Marketplace[6] ! Il y a donc un scandale fiscal Amazon, dénoncé depuis de nombreuses années, mais qui ne fait même pas partie de l’enquête ouverte par Margrethe Vestager… Le vrai coût des ventes à perte (et hors taxe) d’Amazon, est un coût social, environnemental et économique que nous payons tous collectivement. La désertification du paysage français, des petits commerces, des centre commerciaux mais aussi des acteurs du e-commerce français est à l’œuvre. Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour nos emplois : selon Mounir Majoubi pour 1 emploi créé par Amazon, 2,2 sont détruits en France[7]. L’Europe va-t-elle perdre la bataille du commerce ? Trop gros, trop puissant, trop déloyal, trop vorace, trop tout et trop tout toute de suite : il faut démanteler Amazon. Si nous saluons l’initiative de la commissaire européenne Margrethe Vestager qui a ouvert une enquête contre Amazon pour abus de position dominante sur les petits vendeurs[8] et distorsion de concurrence (Amazon utilise les données de vendeurs tiers pour lancer des produits concurrents[9]), il faut aller plus loin : élargir l’enquête aux champs de la vente à perte de services additionnels, de l’abus de position dominante provoquée par l’hyper-croissance des derniers mois (supérieure à la totalité du groupe Carrefour) via l’Autorité de la concurrence, et à la fraude à la TVA au niveau européen. Et surtout, ne pas se cantonner à une lourde amende, indolore pour Jeff Bezos, homme le plus riche de la planète avec 183 milliards de dollars de fortune personnelle au 22/11/20[10], proche du PIB du Portugal et devant le PIB du Maroc… Il convient désormais de découper les activités, de A à Z, fracturer leur modèle économique en plusieurs entités distinctes et indépendantes. Pour que l’e-commerce d’Amazon soit à armes égales avec le reste du commerce. Qu’ils ne puissent plus offrir des services toujours plus étendus pour remporter la vente. Qu’ils soient obligés de trouver des investisseurs pour financer les tombereaux de pertes engendrés par leur stratégie « Winner takes all ». Sans prédire ni souhaiter, comme Jeff Bezos lui-même l’a annoncé, la faillite d’Amazon[11], il y a une action urgente à enclencher : démanteler Amazon, pour sauver notre commerce ! [1] D’après la banque mondiale et Bloomberg https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/finance-et-societe/nouvelles-economies/gafa-gafam-ou-natu-les-nouveaux-maitres-du-monde/[2] Réalisant un chiffre d’affaires de 7,7 milliards d’euros rien qu’en France, la Fédération de la vente en ligne estime sa part de marché à 57% : Fevad, Classement FEVAD 2020 des sites e-commerce en nombre de clients, septembre 2020[3] https://www.bfmtv.com/economie/consommation/comment-amazon-a-tue-toys-r-us-et-menace-tous-les-magasins-de-jouets_AN-201709200139.html[4] LSA, Bercy dénonce une fraude à la TVA sur Cdiscount et Amazon, 9 décembre 2019[5] The Guardian, Amazon given €294m in tax credits as European revenues jump to €32bn, 21 avril 2020[6] Le Point, Amazon répercute la taxe Gafa sur ses vendeurs en France, 1er août 2018[7] https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/chomage/pour-un-emploi-cree-chez-amazon-le-commerce-de-proximite-perd-2-2-emplois-selon-une-etude-de-mounir-mahjoubi_3713449.html[8] France info, Bruxelles accuse Amazon d'avoir enfreint les règles européennes de concurrence, 10 novembre 2020[9] Le Monde, Amazon aurait utilisé des données de vendeurs tiers pour lancer des produits concurrents, 23 avril 2020[10] https://www.bloomberg.com/billionaires/[11] https://www.atlantico.fr/decryptage/3575920/quand-jeff-bezos-affirme-a-ses-employes-qu-amazon-fera-faillite-car-amazon-n-est-pas-immortelle

Camif
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Petitioning Mesdames et Messieurs les députés

Pour une TVA réduite sur les produits durables

Aujourd'hui la Camif , en tant que distributeur, demande une TVA réduite sur les produits fabriqués localement dans le respect de la planète et de l’Homme. Nous voyons émerger de nombreuses initiatives très positives, des entrepreneurs qui expérimentent de nouveaux modèles (écoconception, circuits courts, démarches de certification, upcycling, recyclage, intégration de matériaux recyclés, réparabilité, insertion...) : ce sont les acteurs du changement dont le monde a besoin. Et ces pionniers ont besoin de vous ! Un soutien massif des consom’acteurs, en quête de sens et qui souhaitent contribuer à travers leur achat à un monde meilleur ! Les produits vertueux doivent être plus compétitifs par rapport à ceux fabriqués n’importe où et n’importe comment pourvu que cela soit moins cher. Nous croyons qu’il faut que les produits vertueux puissent bénéficier d’une TVA réduite. Pourquoi, lorsqu’un produit est quasiment entièrement issu de matériaux recyclés, que l’entreprise a consenti un réel effort pour son éco-conception, appliquer une TVA à 20% à un niveau comparable à un produit qui puise dans des ressources de plus en plus limitées ? Pourquoi, lorsqu’un produit est réparable 10 ans, que le consommateur se donne la peine de le faire réparer, appliquer une TVA à 20% aussi bien sur le produit que sur sa réparation ? Pourquoi, lorsqu’un produit est fabriqué par une entreprise qui réinsère par le travail des personnes handicapées ou longtemps éloignées de l’emploi, appliquer une TVA à 20% comme un produit qui épuise des travailleurs dans des conditions très moyennes à l’autre bout de la planète ? Oui ! Un produit fabriqué localement soit avec des composants gérés durablement, des matériaux recyclés, bénéficiant de labels écologiques, fabriqués par des travailleurs en insertion (par une entreprise de l’ESS, Association, ESAT…) devrait bénéficier d’un taux de TVA Responsable réduit à 10%. Oui ! Un produit exemplaire cumulant tous les attributs (environnementaux et sociaux) devrait bénéficier du taux de TVA Responsable réduit à 5,5%. Vous aussi, contribuez à faire changer les choses. Dites Oui ! à une TVA réduite sur les produits durables, exigez l’instauration d’une TVA Responsable !

Camif
14,009 supporters